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 Cafuné : the act of tenderly running one's fingers through someone's hair

Titre : La nouvelle Raiponce…

Genre : Humour, Parodie (Romance en cherchant bien peut-être…)

Rating : T

Mots : 1474

Note : Rendons à César ce qui est à César vu que l'idée de ce crossover me vient d'Eliandre qui, quand je lui ai raconté mon idée de base, a tout de suite proposé cette amélioration.


Il était une fois dans un lointain royaume, une haute tour de pierre qui n'avait pour seule entrée qu'une large fenêtre à son sommet. Comment y pénétrer ? La rumeur racontait qu'une princesse à la voix angélique y vivait et que, si on l'appelait par son nom, elle lâchait sa longue chevelure douce et soyeuse, permettant ainsi à quiconque le désirait de venir la rejoindre… à condition de ne pas craindre la sorcière qui la gardait férocement.

Cette dernière, à ce que l'on disait, était jalouse de la beauté de la belle et, alors que celle-ci n'avait qu'une douzaine d'années, l'avait kidnappée puis l'avait enfermée tout en haut de cette tour où elle cacherait de nombreux trésors. Elle lui aurait ensuite jeté un sort qui serait la cause de l'incroyable longueur de sa chevelure et qui les rendraient insensibles à n'importe quelle paire de ciseaux, faisant qu'il lui était impossible de les couper.

Voilà donc l'histoire qui l'avait amené jusqu'ici…

Sauf qu'actuellement, vu sa situation, il avait vite pu constater quelques incohérences dans les différentes versions du récit qu'il avait pu entendre, l'une d'elle étant de taille : ce n'était pas une princesse mais un prince qui était coincé là-haut ! Mine de rien, ça change pas mal de choses et ça explique qu'il soit toujours ici si tous ceux qui sont venus avant lui pensaient trouver une jolie demoiselle en détresse.

Ils ont dû être aussi bien reçus que lui en toute logique…

Dans les autres erreurs qu'il avait pu constater, l'une d'elle était la sorcière et le kidnapping car, apparemment, le prince était en fait dans cette tour pour se cacher car il n'arrivait pas à assumer ce qui lui était arrivé : une magicienne du palais avait apparemment fabriqué une lotion pour favoriser la pousse des cheveux qui était extrêmement efficace et elle ne l'avait pas très bien rangée, si bien qu'elle s'est mystérieusement retrouvée dans les affaires du prince et qu'un serviteur a cru que la fiole contenait une huile pour entretenir la chevelure de son maître…

Malheureusement, la partie sur l'impossibilité de couper cette incroyable longueur capillaire était vraie et le jeune noble commençait à désespérer de pouvoir sortir un jour d'ici…

Après, en toute honnêteté, Yuri Lowell, jeune voleur de la région, était peut-être le seul qui s'était pointé ici pour le trésor et non pour se taper la prétendue princesse qui vivait dans cette tour. D'ailleurs, il commençait à se demander si cette histoire n'avait pas pour origine les cheveux blonds du prince qui, au soleil, brillaient avec un éclat si intense que la confusion avec ce précieux métal était possible.

Par contre, il aurait dû tenir sa langue quand il a précisé la raison de sa venue car, manifestement, Flynn Scifo, prince malchanceux de cette histoire, n'appréciait pas beaucoup les criminels vu qu'après l'avoir assommé, il s'était servi de ses longs cheveux d'or pour le ligoter à une chaise…

Ça devait maintenant faire une heure qu'il essayait de libérer sa main gauche tout en écoutant d'une oreille les malheurs de son geôlier…

« Donc en définitive, mes chers parents espéraient qu'avec cette histoire de sorcière, quelqu'un viendrait ici avec une solution pour me débarrasser de ça. » fit Flynn en désignant l'incroyable longueur de cheveux blonds qu'il possédait. « Sauf que jusqu'à maintenant, tous ceux qui ont défilé ici espéraient passer du bon temps avec une princesse et éventuellement être entretenus jusqu'à la fin de leurs jours… »

« Ben en même temps, sauver une princesse du danger veut souvent dire qu'elle doit écarter les cuisses après… » répliqua Yuri du tac au tac. « Il aurait mieux valut raconter un récit plus proche de la vérité pour attirer les aventurières… ce qui n'aurait peut-être pas changé les motivations finales. »

« J'avais suggéré cette idée mais la magicienne responsable de ce désastre a menacé de faire exploser le château si on révélait qu'elle était fautive. Je peux attester qu'elle a toutes les capacités pour le faire.»

« C'est chiant ça… Et elle n'a pas essayé de résoudre le problème ? »

« Si les conseillers de mon père lui en avait laissé le temps avant de l'exiler loin du royaume, peut-être qu'elle aurait pu le faire… »

En sentant ses liens se resserrer puis le regard bleu méfiant sur lui, Yuri comprit qu'il n'était pas prêt de sortir d'ici. La poisse…

-§-

Quitte à être captif d'un prince qui avait eu un sacré coup de malchance, autant se rendre utile s'était-il dit… Surtout qu'il n'avait pas vraiment le choix vu qu'à chaque fois qu'il tentait de faire une sieste, il recevait un coup sur la tête.

Par contre, Yuri s'estima heureux de ne pas être dans le même cas que Flynn car déjà qu'il arrivait limite à entretenir ses long cheveux noirs, il imaginait aisément la galère que c'était quand il y avait facilement une vingtaine de mètres de longueur impossible à couper… Dans un sens, c'était dommage car ils étaient beaux et doux au toucher mais le côté totalement encombrant prenait vite le dessus sur les quelques qualités de cette chevelure d'or.

Au bout de deux mois de captivité, il eu le temps de mieux faire connaissance avec le prince… et de chasser cinq coureurs de jupons qui espéraient trouver un très bon parti à épouser – au départ, il les avaient laissé venir pour s'amuser un peu mais l'un d'eux l'ayant pris pour une servante, il n'avait pas pu résister à l'envie de les frapper.

« Bon, si je résume, on a essayé les ciseaux, la scie, la hache, le couteau, le rasoir, la faux, l'épée et pleins d'autres trucs coupants qu'on a réussi à trouver. » déclara Yuri sur un ton blasé. « Au final, aucune lame n'a survécu à ta tignasse Flynn… Et le pire, c'est qu'ils ont l'air plus épais qu'avant.»

« J'avais remarqué, merci… » grogna le concerné en chassant une mèche qui le gênait. « Il y a bien quelque chose que nous n'avons pas essayé, non ? »

« Ben… A part les brûler… »

« … On fait un essai juste sur une mèche dans ce cas… »

Honnêtement, aucun des deux n'était très confiant dans cette idée vu les résultats obtenus précédemment mais le prince reconnaissait que le voleur était le seul qui avait fait l'effort d'essayer de l'aider à se sortir de cette sale situation. Ils tentèrent donc l'expérience avec une flamme de bougie et un seau à proximité au cas où… pour constater que le feu ne faisait que les chauffer, rien d'autre.

C'est sur ce nouvel échec qu'ils s'en allèrent dormir… après avoir chassé un abruti qui chantait faux en bas de la tour tout en jouant très mal de son instrument – les souffrances de la guitare furent vite abrégées quand elle fut confisquée à son propriétaire une fois qu'il eut quelques dents en moins suite à une droite bien placée.

Le lendemain matin, Yuri se réveilla plus tôt qu'à son habitude, se demandant pourquoi il avait l'étrange impression d'avoir dormi sur de la paille… quand il s'aperçut que la longue chevelure d'or avait entièrement roussie ! Il en prit une mèche entre ses doigts et constata qu'en plus d'être devenue rêche au toucher, elle était aussi très fragile, se cassant net alors qu'il la frottait contre son index et son majeur.

Il entendit bouger puis vit Flynn se lever en sursaut, ayant visiblement lui-même remarqué ce phénomène. Ils échangèrent un bref regard puis, d'un coup, le voleur se rua sur le prince et l'aida à se frotter vigoureusement la tête, détachant ainsi toutes les longues mèches roussies qui, séparées des fils d'or, se désagrégèrent au point de devenir poussière.

Il passa une dernière fois ses longs doigts fins dans ces courts cheveux blonds en bataille, les ébouriffants encore plus au passage tout en savourant ce contact et la vision du jeune homme aux yeux azur avec une coiffure qui lui correspondait bien mieux.

« T'étais clairement pas fait pour les porter aussi longs. » fit Yuri avec ironie.

« J'avoue. » répliqua Flynn avec un sourire amusé avant d'attraper une mèche noire entre ses doigts. « Je te laisse volontiers ce privilège. »

Ils échangèrent un léger rire avant, par la suite, de se poser deux questions très importantes.

La première d'entre elle fut quelle était la cause exacte de la libération du prince de cette incroyable masse capillaire ? Etait-ce la flamme de la bougie ou bien les effets de la lotion avait-ils finalement prit fin ? C'était une réponse qu'ils ne sauraient peut-être jamais… et dont ils se fichaient un peu.

Par contre, concernant la deuxième question, ils voulaient VRAIMENT connaître sa solution actuellement…

Comment sortir de cette fichue tour quand la seule ouverture est une fenêtre à son sommet et l'unique moyen d'en descendre littéralement parti en poussière ?

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 Viraag (Hindi) : the emotional pain of being separated from a loved one

Titre : Alliance

Disclaimer : Tales of Vesperia et Pirates des Caraïbes ne sont pas à moi

Genre : AU, crossover

Rating : K+

Mots : 834


Et dire qu'il venait de sauver une pauvre jeune femme de l'infâme emprise de son corset… Alors qu'elle venait de tomber à l'eau, il n'avait pas hésité à plonger pour la repêcher avant qu'elle ne se noie et lui avait ensuite arraché cet horrible vêtement qui l'empêchait de respirer.

Des remerciements pour son geste héroïque totalement désintéressé ? Absolument aucun.

L'un des soldats a vu sa marque sur son bras indiquant qu'il était un pirate et n'a pas hésité une seule seconde à vouloir le jeter dans une cellule ! Quelle ingratitude ! Et le pire, c'est que la clé, il l'avait juste sous le nez mais… il semblerait que le chien borgne au pelage bleu et blanc n'était pas très disposé à la lui donner alors qu'il la désire ardemment ! C'était la seule chose qui lui permettrait de retrouver sa chère et douce liberté qui lui manquait tant… et ainsi de partir en quête de son cher navire qui lui avait été dérobé.

Tout à coup, l'animal s'en alla avec son passeport pour sortir d'ici, laissant sa place au forgeron qui l'avait combattu, un certain Flynn de ce qu'il avait pu entendre.

« Toujours ici à ce que je vois. » constata le jeune homme aux cheveux blonds en croisant les bras contre son torse.

« C'est pas passé loin pourtant mais semblerait que ce n'était pas mon jour de chance… »

En lançant cette réplique, Yuri Lowell désigna la cellule d'à côté dont le mur comportait un trou béant fait par l'un des canons de l'Atherum, au moment où le navire a attaqué le port en compagnie de son équipage maudit. Il avait d'ailleurs eu une petite visite de celui qui en était à présent le capitaine…

« J'ai cru comprendre que tu étais un pirate. » reprit Flynn en fronçant les sourcils.

« Bien observé ! » fit-i avec sarcasme. « Qu'est-ce qui t'as mit sur la voie ? Le tatouage sur le bras, les soldats qui me courraient après ou bien le fait que je sois coincé ici car la clé vient de s'en aller ? »

« J'ai besoin de ton aide… pour retrouver l'Atherum. »

Vu la grimace que faisait le jeune forgeron, cette demande ne lui plaisait pas et il n'avait probablement pas d'autres choix. Pourquoi donc ? Il venait de piquer sa curiosité… mais rien ne l'empêchait de le faire mariner un peu.

« Qu'est-ce que j'ai en échange ? » questionna nonchalamment Yuri, ses yeux gris observant attentivement le langage corporel de son interlocuteur. « Car à moins que tu ne veuilles te lancer dans la piraterie, je ne vois pas vraiment pourquoi tu voudrais trouver un navire maudit… »

« Ils ont enlevés Lady Estellise. » répondit gravement Flynn en détournant légèrement le regard.

Ah… La fille du gouverneur. Celle qui avait faillit se faire tuer par son corset. C'était donc pour ça qu'il était venu : il désirait la libérer et pour ça, il avait choisi de s'adresser à un pirate – pas illogique en même temps et aussi un sacré coup de chance vu qu'il était déjà allé à Zaude, ce qui facilitait pas mal de choses…

Mais risquer sa vie comme ça… En même temps, il trouvait curieux que son ex-second ait agit ainsi car ce n'était pas franchement son style. Il l'aurait plutôt jetée par-dessus bord ou laissée dans une chaloupe. Pas net ça…

« T'avais donc une copine Blondie ! » lança Yuri en se rallongeant au sol. « Si tu tiens tant à la sauver, vas-y donc jouer les preux chevaliers ! »

« Hey ! Je t'ai demandé de m'aider ! » répliqua Flynn, n'ayant visiblement pas apprécié son attitude. « Elle est en danger et personne ne sait où se trouve l'Atherum ! Si tu le sais, je te libère. »

« Et comment ? Je te rappelle que la clé s'est barrée en courant. »

« Je n'en ai pas besoin. »

Son intérêt fut de nouveau piqué et il se redressa pour voir que le jeune forgeron était en train de déplacer un banc de bois.

« Si j'utilise ceci comme levier, la grille devrait se soulever. » expliqua son interlocuteur en plaçant l'objet en question de la façon voulue.

« Rappelle-moi ton nom au juste… »

« Flynn Scifo. »

Oh oh ! Ca pour une surprise… Il lui semblait bien que ce type lui rappelait quelqu'un. Yuri sourit intérieurement tout en pensant que le vieux allait faire une attaque en voyant ce qu'il ramenait avec lui à Danhgrest.

« Alors dépêche-toi de me faire sortir d'ici qu'on se mettre au travail ! »

Finalement, il avait trouvé bien mieux que cette clé et, avec de la chance, il pourrait trouver la fille et ainsi satisfaire le désir de celui qui risquait d'être un sacré gros atout dans sa manche pour récupérer son cher navire…

L'Atherum allait bientôt retrouver son capitaine et ce dernier était très impatient d'en tenir de nouveau le gouvernail.

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Queesting (Dutch) : when you invite someone into your bed for some pillow talk

Genre : Crossover, Romance, AU

 

Disclaimer : Rien ne m'appartient …. Et je me demande encore comment j'ai pu avoir cette idée…

Note : J'en ai fais des choses douteuses mais là… Penser carrément à Crimson Spell…

Mots : 1034

Titre : Possessif

Rating : T


Après ce dur combat et cette expérience littéralement traumatisante qu'il avait vécu, le prince Flynn avait trouvé légitime de coller un coup de poing à Yuri – quand le sorcier et ami qui vous accompagne depuis le début de votre périple s'empale sur votre propre épée sous vos propres yeux et que, quand vous vous réveillez de ce cauchemar, celui-ci fasse comme si de rien n'était en ajoutant que vous aviez eu raison de le tuer alors que, intérieurement, vous étiez totalement fou de chagrin, il y avait de quoi être en colère. Certes, il était content de le revoir dans son état normal mais tout de même…

Il a aussi été face à un choc en voyant son reflet : des marques noires étaient présentes sur ses tempes, ses cheveux étaient plus longs qu'auparavant et ses mains étaient pourvues de griffes… Il comprit à cet instant que c'était ce à quoi il ressemblait quand le démon qui l'habitait prenait le dessus sur lui. Il ressentait aussi un fort désir de luxure… comme si la bête en lui voulait absolument satisfaire un fort appétit charnel et se plonger dans des délices érotiques.

A cet instant, Yuri vint pour s'excuser de son attitude… et ça a rapidement dérapé au point que cette discussion s'achève dans la chambre de ce dernier via des exercices physiques assez intenses et dont il a fait pour la première fois l'expérience – ce n'était pas tout à fait vrai vu que le démon qui l'habite était apparemment un grand amateur de la chose… mais ça ne changeait rien au fait que Flynn avait ressenti un certain embarras à un moment.

La nuit était bien avancée et le prince n'arrivait décidément pas à trouver le sommeil…

« Un problème ? » lui demanda le sorcier en se redressant sur un coude.

« Je me demandais juste si j'allais être libre un jour… » répondit-il en jetant un coup d'œil vers l'endroit où était posée Deim Nomos, l'épée qui l'avait maudit et qu'il était le seul à pouvoir manier.

« Ca prendra du temps… J'aurais eu assez de pouvoirs pour ça, je t'aurais déjà guéri. »

« Même avec ce que tu m'as prit quand je n'en étais pas conscient ? »

Yuri soupira d'agacement avant de se rallonger.

« J'ai profité de l'occasion et je sais que je n'aurais pas dû le faire sans ton consentement ! » s'exclama-t-il sur un ton irrité. « Mais je n'aurais pas fait ça, tu serais devenu hors de contrôle ! »

« C'est vrai… » admit le prince un peu difficilement. « Sauf que j'aurais préféré que tu sois franc avec moi au lieu de me cacher quelque chose comme ça. »

« Oh ? Donc tu aurais voulu que je te dises au p'tit déj' à quel point ton cher démon me suppliait de venir prendre soin de lui chaque nuit et que c'était parfois limite s'il ne tentait pas de m'arracher mes fringues parce qu'il avait des périodes de manque ? »

« … Je t'aurais probablement frappé, effectivement… »

« Et je ne mentais pas quand je te disais que je t'aimais tu sais… »

Là, il sentait parfaitement les battements de son cœur s'accélérer, comme cette fois où il avait regardé les lèvres du sorcier avec tant de désir durant son sommeil ou quand ce dernier lui avait volé un baiser juste après qu'ils aient combattus une horde de monstres attaquant un village.

A cet instant, Yuri vint se coller contre lui, passa un bras autour de sa taille pour approfondir ce contact.

« Flynn… » commença ce dernier en plongeant ses yeux gris dans son regard azur. « Je comprendrai parfaitement que tu ne m'aimes pas mais laisse-moi rester à tes côtés, au moins jusqu'à ce que je tienne la promesse que je t'ai faite. »

« Alors ne me force plus jamais à de telles extrémités. » déclara le prince avec fermeté. « Si je venais à revoir de nouveau ton corps sans vie, je crois bien que j'en mourrai… »

La surprise fut aisée à lire sur le visage de celui qui avait d'abord été son compagnon de voyage, puis son ami avant de devenir son amant. Il combla rapidement la distance qui séparait leurs lèvres, lui offrant ainsi un baiser emplit de toute la passion qu'il avait à son égard et auquel il répondit de la même façon.

« Plus de mensonges donc. » fit le sorcier avec un sourire en coin une fois qu'ils eurent rompu leur contact. « Donc si je dois te dire la vérité, faut-il que je te demande ce qu'il s'est réellement passé avec cette plante ? »

Flynn sentit immédiatement le rouge lui monter aux joues à ce souvenir des plus humiliants. En même temps, qui aurait qu'un végétal aussi tordu – et très certainement pervers – pouvait exister dans la nature ?

« J-je ne s-sais pas de q-quoi tu veux p-parler ! » bafouilla-t-il en repensant involontairement aux évènements.

« Ah ? » fit Yuri en haussant un sourcil. « Il m'a pourtant semblé qu'avait que tu ne casses cette statuette, elle allait parler du fait que tu as beaucoup apprécié ce que… »

« J'ai aimé ça, d'accord ! Sauf que je ne me souviens pas ce qu'il s'est passé ensuite… »

« Ton démon l'a très certainement tué… Ça me fait d'ailleurs penser que j'ai encore l'aphrodisiaque que j'ai fabriqué avec ce monstre… »

En prononçant cette dernière phrase, Flynn vit comme un mélange de sadisme et d'envie dans le regard de son amant. Ça ne présageait rien de bon… et il se demandait d'ailleurs si son compagnon n'avait justement pas utilisé cette plante comme ingrédient par vengeance ou jalousie car, pour avoir passé beaucoup de temps avec lui, c'était quelque chose dont il était parfaitement capable…

« De toute façon, je me suis assuré que plus rien ni personne ne poserait ses sales pattes sur toi. » poursuivit le magicien.

« Comment ça ? » demanda le prince, intrigué.

« J'ai mis un sceau pour m'assurer que personne d'autre ne passera après moi. »

… Jaloux et possessif donc… Dans le fond, ça ne l'étonnait pas tant que ça…

 
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 Gigil : the urge to pinch or squeeze something that is unbearably cute.

Titre : Il était une fois dans l'ouest

Mots : 1514

Genre : Romance, Humour, Western

Disclaimer : Les personnages de Tales of Vesperia ne sont pas à moi.

Rating : T

Note : Petit rappel à quelqu'un d'une discussion très intéressante qu'on a eue il y a quelques temps…


Il faisait chaud ce jour-là à Zaphias, ville qui avait bien prospéré grâce aux filons d'or découverts il y a une vingtaine d'années et dont la population était légèrement redescendue lors de ces trois dernières après la découverte de gisements plus importants du côté de Dhangrest. L'endroit restait un passage très fréquenté et ceux ayant fait fortune grâce au métal jaune s'y étaient définitivement établis. Il y faisait relativement bon vivre mais, comme beaucoup de villes de l'ouest lointain, elle n'était pas épargnée par les hors-la-loi. Il suffisait de passer devant le saloon ou le bureau du shérif pour voir les différents avis de recherche avec les visages des différents bandits, le montant de la récompense et s'ils étaient demandés mort ou vif.

Cependant, il y avait une des affiches qui avait tendance à revenir régulièrement et ce uniquement dans cette ville… Un voyou local qui était la cause de quelques cheveux blancs prématurés pour le shérif Leblanc, de nuits agitées pour deux de ses adjoints, Adeccor et Boccos… Ainsi que de la majorité des crises de colère du plus jeune représentant de la loi – c'était d'ailleurs lui qui avait accroché un panneau avec le nom de ce fameux criminel au dessus de la cellule de gauche car au final, il y dormait au moins une vingtaine de jours par mois.

Aujourd'hui, le dit-criminel était bien parti pour y retourner…

« Ralenti Flynn ! J'ai mal aux pieds ! »

« Tu n'avais qu'à y réfléchir avant de choisir ce déguisement Yuri. »

Flynn Scifo, jeune adjoint du shérif Leblanc, avait, encore une fois, réussi à attraper le criminel Yuri Lowell en un temps record. Ses cheveux blonds étaient en partie cachés sous le Stetson blanc qu'il portait sur la tête mais l'étoile en or épinglée sur sa chemise bleu ciel était parfaitement visible, signe qu'il était là pour faire appliquer la loi.

« Si j'avais su plus tôt que je gagnerai en une heure l'équivalent d'une journée de travail, j'aurais testé ça plus tôt. »

« Je m'assurerai personnellement à ce que tu ne mettes plus un pied au saloon vu qu'à chaque fois, tu provoques une bagarre… »

« Hey ! Mais c'est l'autre ivrogne qui a commencé en me pinçant les fesses ! »

Le jeune adjoint du shérif se stoppa brusquement à cette phrase et se tourna vers son captif qu'il tenait par le bras et dont il avait solidement ligoté les poignets avec une corde. Il admit intérieurement qu'il était tenté de faire la même chose au jeune homme aux longs cheveux noirs mais très certainement pas en public.

Yuri avait quand même fait fort en se faisant passer pour une des filles du saloon avec cette robe rouge – dont la jupe s'arrêtait au milieu des cuisses sur le devant et au niveau des chevilles sur l'arrière – ainsi que le corset noir et les bas en dentelle qu'il portait avec mais il regrettait visiblement d'avoir dû mettre des chaussures à talons et, surtout, d'avoir dansé avec pour donner le change face aux clients ainsi qu'à Adeccor et Boccos lorsqu'ils étaient venus prendre un verre – et dire que son ami d'enfance s'en était sorti avec un éventail pour cacher son visage et ses cheveux attachés en une haute queue de cheval…

« J'ajoute donc incitation à la débauche à la longue liste de tes méfaits. » fit le blond en tournant de nouveau son regard azur vers le bureau du shérif. « Chance pour toi que la propriétaire de ces vêtements ne veuille pas porter plainte pour vol. »

« Etant donné que je les aient payés, c'est plutôt logique. » répliqua le brun en faisant une grimace. « Et puis je n'ai tenté de séduire personne donc, techniquement, je suis innocent ! »

« Tu conteste les faits en plus alors qu'il y a eu des témoins ? Refus d'obtempérer donc… »

« Je me défends contre des accusations totalement injustifiées ! Et puis la moitié de tes « témoins » était ivre au moment des faits. »

« Et outrage à un représentant de la loi. Le châtiment sera donc exemplaire. »

Alors que Yuri s'apprêtait à répliquer, il fut subitement coupé dans son élan quand Flynn l'attrapa par la taille et se mit à le porter sur son épaule comme un vulgaire sac de patates. Passé les cinq secondes de choc, il commença à se débattre dans le but d'avoir à nouveau les deux pieds au sol mais fut brusquement stoppé quand une fessée claqua de façon sonore sur son postérieur, lui arrachant un petit gémissement de douleur et faisant rosir ses joues.

« Flynn… » grogna-t-il entre ses dents.

« Tu veux que je recommence ? » demanda l'adjoint du shérif, prêt à renouveler son geste.

« … Non, ça ira. »

Cette réponse fit sourire le jeune représentant de la loi qui reprit sa route vers le bureau du shérif avec sa prise du jour – qui était aussi sa proie régulière – tandis que celle-ci jetait un regard noir à tous ceux qui riait à ses dépens suite à l'agression – totalement injustifiée selon lui – qu'avait subie la partie postérieure de sa personne.

C'est une fois arrivé à destination que le délinquant put enfin avoir à nouveau ses deux pieds au sol avant d'être assis sur le bureau occupé par le jeune adjoint. Il tendit ses poignets liés en soupirant d'agacement mais, au lieu de voir ses liens être ôtés, ses jambes furent écartés de force et il se retrouva allongé sur le meuble de bois, celui aux cheveux blonds positionné entre ses cuisses en train de soulever la jupe de sa robe avec un intérêt non feint.

« Jusqu'aux sous-vêtements… » constata Flynn en passant sa main sur la partie des cuisses qui n'était pas couverte par les bas. « Et tu t'étonnes que certains aient voulu profiter des charmes la mignonne petite nouvelle du saloon ? »

« Alors comme ça je suis « mignonne » ainsi ? » demanda Yuri avec ironie. « Dommage mais seul un client très… privilégié a le droit de jouir pleinement de mes services et il a eu un peu de retard je dois dire. »

« Il a probablement été victime d'un contretemps fâcheux. Je suis persuadé qu'il est plus que frustré de ne pas avoir été à l'heure à son rendez-vous… »

« Viens-là mon mignon ! »

L'adjoint ôta rapidement son chapeau de sa main libre, ce qui permit à son compagnon, s'étant remis en position assise, de passer ses bras plus facilement autour de sa nuque puis d'écraser violemment ses lèvres contre les siennes dans un baiser fougueux tout en nouant ses jambes autour de sa taille pour le serrer encore plus contre lui. Une main passa dans ses longs cheveux noirs, les libérant du ruban rouge qui les maintenaient jusqu'ici, puis se perdit avec ardeur entre les mèches sombres. Le contact fut rompu à peine une seconde avant de reprendre de plus belle, leurs corps se pressant mutuellement l'un contre l'autre.

Quand ils se séparèrent, Flynn passa une main sous les cuisses de Yuri et le souleva du bureau pour le poser au sol une fois qu'il l'eut lâché. Ce dernier tendit à nouveau ses poignets liés vers lui avec un sourire coquin aux lèvres… qui se mua en grimace quand il vit la lueur sadique au fond des yeux bleus de son compagnon.

« Pour avoir déclenché une bagarre au saloon, tu resteras en cellule jusqu'à ce soir. » déclara l'adjoint du shérif avec un sourire satisfait aux lèvres. « Bien entendu, tu garderas ces vêtements jusqu'à ta libération. »

« … Espèce de salaud… » grogna le criminel en jetant un regard noir à son compagnon. « Les charmes de la mignonne te sont définitivement refusés… »

« Ton séjour sera prolongé pour outrage à un représentant de l'ordre si tu persistes dans cette voie. »

« Leblanc va forcément me faire sortir demain matin… »

« Ça dépend… Une clé est relativement facile à égarer tu sais… »

Pendant un très court instant, Yuri se dit que Flynn n'oserait pas aller jusque-là mais il repensa au coup de la fessée ainsi qu'aux précédentes fois où son compagnon l'avait capturé et se dit qu'en fait, il en était parfaitement capable et qu'il n'en éprouverait probablement aucun remord.

« La mignonne est de nouveau disposée à satisfaire son client privilégié… » capitula celui aux cheveux longs en faisant la moue, peu satisfait d'avoir perdu.

« Parfait ! » fit le représentant de la loi en déposant un rapide baiser sur les lèvres de son amant avant de se pencher vers l'oreille de celui-ci. « J'ai plus que hâte de te serrer toute la nuit entre mes bras et d'entendre ta délicieuse voix résonner dans la pièce, mignonette… »

Après un dernier baiser, Yuri consentit à rejoindre sa cellule, se préparant mentalement à subir les moqueries de Leblanc et des deux nigauds en attendant patiemment que le soleil se couche et que Flynn vienne le transférer dans une prison bien plus douce et chaleureuse…


Conclusion : Faites gaffe quand vous me parlez car on ne sait jamais si certaines de vos idioties vont réapparaitre ou non dans mes textes...

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Saudade (Portuguese) : the feeling of longing for something or someone that you love and which is lost

Titre : Liberté

 

Genre : Crossover, UA

Crossover : White Collar/Fbi duo très spécial

Mots : 838

Disclaimer : Encore une fois, rien n'est à moi.

Rating : K+


Yuri grognait intérieurement depuis sa sortie de prison mais il savait que s'il voulait sortir de là, le prix à payer était sa liberté… et ce fichu bracelet à sa cheville qui sonnait dès qu'il sortait de son périmètre – bon, il était correct et puis Raven lui avait raconté le cas d'un de leurs collègues qui n'avait pas eu tant de chance et qui devait jouer les équilibristes pour prendre une douche. Devenir consultant était sa meilleure option s'il voulait mettre la main sur celui qui avait probablement enlevé Judith… Même si c'était une grande fille, il avait su dès sa dernière visite que quelque chose clochait et sa disparition subite était suspecte.

Qui aurait cru qu'il serait à présent consultant pour le FBI et qu'il ferait équipe avec celui qui l'avait arrêté ?

« Je suis en train de me demander ce qui est pire : ta voiture ou le fourgon pour les planques ? » lança-t-il à l'agent assit à la place du conducteur qui, en même temps qu'il surveillait l'entrée de la maison de leur suspect dans une affaire d'escroquerie immobilière, mangeait un sandwich à l'odeur suspecte.

« Si tu n'es pas content, je peux toujours demander à te raccourcir un peu ta laisse. »

Bon, en même temps, Yuri savait qu'il aurait pu tomber sur pire. Flynn Scifo était loin d'être un sale type, bien au contraire. Ils s'entendaient relativement bien si on exceptait leurs différences de goûts culinaires et de loisirs – il en avait strictement rien à cirer du baseball donc il fut plus qu'heureux d'entendre la fin du match dans l'autoradio.

« Elle me tire déjà assez comme ça à mon goût… » marmonna le criminel en fronçant le nez face au parfum que cet en-cas dégageait. « Rappelle-moi combien de temps je dois bosser au bureau déjà ? »

« Trois ans, sept mois et dix jours approximativement. » répondit Flynn dont les yeux bleus restaient fixés sur cette porte. « A condition bien entendu que tu respectes la loi jusqu'à ce jour. »

Bon ben il n'était pas près de la revoir sa chère liberté…

« Je te rappelle juste que si tu t'enfuies, je me ferais un plaisir de revenir te chercher. » poursuivit l'agent du FBI en désignant la paire de menottes dans la poche de sa veste. « Ça ne ferait que la troisième fois… »

« Deuxième. » rectifia immédiatement Yuri. « Je t'ai laissé volontairement m'avoir la dernière fois. »

« Ça ne change rien au résultat : je t'ai passé les menottes deux fois et je suis prêt à recommencer encore s'il le faut. »

« Désolé chéri mais je ne suis pas persuadé que ta femme apprécierait que tu scelles à nouveau ton union avec moi. »

Un rire amusé s'échappa des lèvres de Flynn, ce dernier ayant visiblement saisi le sarcasme.

« Estellise ne m'en tiendra pas rigueur je pense. »

Cette fois, l'agent s'était tourné vers lui pour lui répondre, leur permettant d'échanger un sourire.

« Promets-moi que le jour où vous irez en vacances tous les deux, ce ne sera pas Sodia qui devra s'occuper de moi. » lança-t-il avant de faire une grimace. « Elle n'a aucun sens de l'humour. »

« C'est la meilleur de mon équipe et je lui fais entièrement confiance. » répliqua Flynn avec sérieux en regardant de nouveau la porte de la maison de leur suspect. « Et pour le moment, je n'ai pas le temps de prendre des vacances. »

« Vu comme tu te tues à la tâche, ça ne m'étonnes pas ! »

Ils échangèrent un rire avant de se concentrer sur leur objectif : résoudre cette affaire en coinçant le pourri de l'histoire – dans le cas présent, Yuri était d'accord vu que le type aimait voler des personnes déjà dans le besoin mais dans d'autres enquêtes, il trouvait un peu dommage de voir de tels talents de faussaires sous les verrous… jusqu'à ce qu'il comprenne que ça lui faisait moins de concurrence pour lui et le vieux.

Ses pensées dérivèrent à nouveau sur sa liberté perdue et il songea à ces voyages qu'il ne pourrait plus faire… Il aurait bien fait un tour à Paris cet été…

« Il sort enfin. »

Le voleur sortit de sa torpeur pour constater que leur suspect quittait effectivement son domicile avec une mallette qui lui était étrangement familière…

« Ce ne serait pas celle d'un type qu'on a interrogé ce matin ? » demanda-t-il en désignant ce que leur cible avait en main.

« Elle y ressemble fortement. » approuva Flynn en mettant le contact quand il vit leur homme monter en voiture. « On va le suivre et voir où il nous mène. »

« On pourrait aussi rentrer chez lui et… »

« Quand on aura un mandat, ce qui n'est pas le cas. »

Plus libre d'aller où il veut quand il le veut… Pareil pour ses actes. Ô chère et regrettée liberté, comme elle lui manquait en cet instant…


L'idée m'est venue la veille où il fallait le poster... Un moment que j'avais pas écrit un texte (certes court) aussi vite...

 
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Vedriti (Slovene) : to take shelter from the rain and wait for it to finish so you can go on your way

Disclaimer : Tales of Vesperia ne m'appartient pas tout comme Ranma ½ (bien que je n'utilise que peu de choses dans ce dernier)

Titre : Jour et nuit

Rating : K +

Mots : 1353

Genre : UA et croosover (humour bien caché tant qu'on y est)

Note : Suite d'un petit texte débile publié sur tumblr il y a un moment. Participait au Fluri week 2015.


Au départ, l'idée d'aller s'entraîner dans les montagnes était excellente. Personne pour les déranger, pas de téléphone qui sonne, pas de stress… Ils étaient totalement coupés du monde et n'avaient aucun élément qui risquait de perturber leur entraînement.

Par contre, le choix de ces sources… sur le papier, le lieu était parfait ! Mais dans les faits, un petit détail non négligeable sur la particularité de cet endroit… dont il avait vite fait les frais en tombant tous les deux dans les eaux magiques de l'une d'elles.

« La pluie n'a pas l'air de vouloir se stopper. » constata Flynn en jetant un coup d'œil par la fenêtre de la cabane où ils s'étaient abrités.

S'il avait eu le temps de rentrer à l'intérieur avant que la douche froide ne se mette subitement à tomber, Yuri n'avait pas eu autant de chance et, en plus de s'être fait trempé de la tête aux pieds – ses longs cheveux noirs étaient encore gorgés d'eau –, la malédiction dont il était victime s'était activée et le jeune homme s'était donc changé en une jeune femme… qui était actuellement entièrement nue le temps que ses vêtements soient secs tandis qu'elle essorait soigneusement sa chevelure sombre.

« C'est dommage que nous n'ayons pas de quoi faire un feu ici. » fit Yuri en se recoiffant à l'arrache. « Je rêve d'un bain chaud ou d'une grosse couverture… »

« Il faudra attendre que ça se calme. » répliqua le jeune homme aux cheveux blonds en gardant obstinément ses yeux tournés vers l'extérieur. « Je doute qu'on retrouve le chemin vers le village avec toute cette pluie. »

Sans avertissement, Flynn vit son ami le rejoindre d'un coup, fixant la météo humide en faisant une moue tout se penchant légèrement en avant, mettant en valeur une partie de son anatomie actuelle que celui au regard azur aurait souhaité ne pas voir d'aussi prêt… Ce dernier quitta immédiatement la place qu'il occupait pour échapper à cette vue qui le gênait fortement.

« Va falloir que tu t'y fasses tu sais. » lui lança son meilleur ami avec un sourire en coin. « Y a pas de remède connu à cette malédiction. »

« Il y a surement une source qui en annule les effets ! » s'exclama-t-il en gardant ses yeux tournés vers le mur. « En cherchant bien… »

« Nos vacances se terminent dans deux jours donc sauf miracle ou coup de génie, c'est mal barré. Faut que tu vives avec ! »

« Moi je ne suis pas comme toi à… à… »

« Un problème Flinnie ? »

Flynn sursauta en sentant le souffle de Yuri contre son oreille, réalisant qu'il avait baissé sa garde et laissé « l'ennemi » entrer sur son territoire. Il s'écarta donc vite du danger mais fut immédiatement suivi – ce qui n'était pas difficile vu la taille de la cabane – et à nouveau nez à nez avec ce qu'il ne voulait absolument pas voir.

« Yuri, laisse-moi tranquille ! » s'exclama-t-il avec force, ce qui ne sembla pas émouvoir son interlocuteur.

« Je m'ennuie et tu es ma seule distraction. »

Sur cette phrase, il recula d'un dernier pas… et eut le malheur de trébucher, ouvrant la porte de la cabane. Il tomba à l'extérieur, dans le sol boueux et sous la pluie glacée, déclenchant ainsi une transformation dont il se serait volontiers passé.

Deux bonnes heures plus tard, la météo ne se décidait toujours pas à se calmer et ils commençaient tous les deux à avoir froid : l'un grelotait car il n'avait plus rien pour le couvrir et l'autre car il avait, pendant tout ce temps, conservé des vêtements mouillés sur le dos.

« Tu vas attraper la mort. » dit Yuri en frottant énergiquement ses mains contre ses bras.

« La faute à qui au juste ? » répliqua Flynn sur un ton acide.

« Tu es tombé tout seul. »

« Parce que tu n'as rien trouvé de mieux à faire que ton intéressant. »

« C'est surtout que tu as clairement un problème avec la nudité. »

« Absolument pas ! »

« Donc tu ne verras aucun inconvénient à aller dans un camp de nudistes un jour ? »

Il marqua un temps avant de répondre, se souvenant que Yuri était tout à fait capable de s'exécuter. Il décida finalement de ne rien dire et l'ignora superbement… jusqu'au moment où ce dernier se colla fortement à lui. Il s'apprêtait à lui lancer une réplique acide quand il le vit trembler puis, se souvenant tout à coup qu'il n'avait pas très chaud lui aussi, laissa passer la chose sans un mot et tous deux attendirent ainsi, dans le silence, que la météo soit plus clémente.

C'est après plus de deux bonnes heures de patience que le ciel se dégagea enfin, les nuages emmenant la pluie avec eux. Yuri s'était rhabillé – Flynn ne s'en était pas plaint, bien au contraire – et ils avaient rapidement reprit la route du retour, le crépuscule étant très proche…

« Tu comptes faire comment donc ? » demanda subitement celui aux longs cheveux sombres, rompant le long mutisme qu'ils avaient entretenu jusqu'à cet instant.

« Déménager peut-être. » répondit-il, ayant eu largement le temps d'y réfléchir durant tout le temps où ils étaient dans la cabane. « Si on ne veut pas finir en bêtes de foires, il va bien falloir en arriver là le temps de trouver un remède. »

« J'ai bien entendu un « on » dans ta phrase ? Qui te dit que ça ne me conviendrait pas de rester ainsi ? »

« Je t'imagine surtout mal enfermé dans une cage et à recevoir de l'eau à différentes températures sans prévenir pour amuser les curieux. Je n'ai jamais douté du fait que tu parviendrais très bien à te faire à cette situation et à en tirer profit de manière plus ou bien louable… »

A cette remarque, Yuri fit une moue boudeuse.

« J'ai passé l'âge d'aller épier le vestiaire des filles tu sais Flinnie… » marmonna-t-il tandis que le village était en vue.

« Ce n'est pas à cela que je pensais… » répliqua Flynn en jetant un regard d'avertissement à son meilleur ami.

De retour au village, ils allèrent vite à l'auberge où ils séjournaient et furent surpris de voir une jeune femme à la chevelure bleutée qui avait une pancarte entre les mains portant leurs noms.

« Vous devez être les nouveaux. » dit-elle avec un sourire mystérieux. « Je m'appelle Judith et je suis votre nouveau guide à partir de maintenant. »

Ils échangèrent un regard intrigué, tous deux se souvenant très bien que leurs vacances se terminaient dans deux jours et qu'ils avaient déjà eu quelqu'un pour les escorter jusqu'aux fameuses sources qui étaient l'origine de leurs malheurs.

« Je m'occupe de ceux qui ont été maudits comme vous. » expliqua-t-elle en voyant leurs airs perplexes. « Il y a un village qui a été construit et où vous pouvez venir vous installer en toute discrétion. Une maison vous est déjà réservée. »

« Plutôt rapide par ici… » lâcha Yuri, impressionné.

« C'est un peu soudain… » compléta Flynn. « Il nous faut du temps pour organiser nos départs… »

« Pas de problème ! » s'exclama Judith en lui tendant une carte de visite. « Dès que vous aurez prit votre décision et réglé vos affaires en cours, passez-moi un coup de fil. »

… Puis elle s'en alla sans un mot, les laissant littéralement en plan et avec une solution potentielle à leur souci majeur…

« On fait quoi ? » demanda celui aux cheveux longs avec un air interrogateur.

« Honnêtement… Je n'en ai aucune idée. » répondit-il, son cerveau encore en train d'étudier cette proposition assez intéressante.

« Bon ben en attendant, moi je vais prendre un bon bain chaud ! »

C'est sur cette phrase qu'ils retrouvèrent leur chambre… et que Flynn dû rappeler à Yuri que lui aussi avait besoin de l'eau chaude car il n'avait aucune envie de rester une fille toute la nuit.


Avais-je bien joué le jeu selon vous ? Je reconnais avoir écrit mieux mais je m'y suis mise un peu tard sur ce texte...

 
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 Note de Kal : Les bizarreries continues avec ce chapitre.

Chapitre 2 : Feu et glace

C'était agaçant d'être coincée ici sans avoir rien d'autre à faire que de chercher des infos sur le climat de ce monde et de récupérer le moindre petit objet qui n'avait rien à y faire.

Zaphias n'était pas différente des autres villes qu'elle avait déjà visité : grande, divers quartiers bien spécifiques à chaque classe sociale et dirigée par un monarque. S'y adapter n'avait donc pas été très difficile et il ne lui avait pas fallu longtemps pour repérer un bon pigeon à plumer parmi la noblesse, lui permettant ainsi d'avoir de quoi se payer une chambre à l'auberge et de quoi manger pour un petit moment. Elle en avait aussi profité pour voir ce qu'était la mode du moment et elle fut enchantée de constater que, là encore, elle était proche de ce qu'elle avait déjà pu voir dans le passé.

Après avoir troqué sa tenue d'assassin contre une robe pourpre partant en évasé en bas ainsi qu'aux épaules dénudées correspondant à la tendance actuelle puis rassemblé ses trois tresses en une seule, elle s'était mise à fureter un peu partout, cherchant quoique ce soit pouvant l'aider à comprendre ce qu'il s'était passé dans cette grotte et, surtout, qui était ce dénommé Flynn Scifo qui n'avait rien à faire sur cette liste.

De plus, elle avait un autre problème et de taille : son chasseur d'aurores était à plat et elle avait perdu son seul moyen de pouvoir contacter quelqu'un de son monde. Elle était donc coincée à Terca Lumireis pour un petit moment…

L'interrogatoire de ce garçon aux cheveux rouges lui avait permis d'apprendre pas mal de choses comme le fait que ce Flynn était le Commandant des Chevaliers Impériaux et que, visiblement, quelqu'un avait profité de sa disparition pour occuper la place qu'il avait laissée, ce qui n'était pas du goût de tous. Comme ce jeune poil de carotte lui avait été utile, elle s'était sentie d'humeur généreuse et s'était contentée de le laisser partir.

De toute façon, personne ne connaissait son nom et quelque chose lui disait que ceux qui l'avait piégée ignoraient qu'elle était une femme vu qu'excepté ce qu'il s'est passé à cette grotte, elle avait plutôt eu une paix royale – sauf peut-être un ou deux malchanceux qui l'avait confondue avec une prostituée et qui n'auront plus aucune possibilité d'avoir une descendance légitime. Mais bien qu'elle était certaine d'avoir perdu cet objet là-bas, elle n'avait pas pu remettre la main dessus.

Où avait bien pu passer cette fichue clé ?

-§-

A Yurzorea, Flynn avait parlé de son intention de partir pour Dahngrest dès le lendemain. Thomas lui avait expliqué qu'il avait environ une journée de marche à prévoir pour rejoindre un embarcadère où il y avait un bateau faisant le trajet régulièrement pour réapprovisionner le village et qui prenait quelques passagers en échange de quelques Galds. S'il avait de la chance, le voyage durerait à peu près trois jours.

« Ce ne serait pas mieux que vous restiez ici encore un peu ? » lui avait demandé Sasha avant qu'il n'aille dormir.

« Non. Il faut que je retourne au plus vite à Zaphias. » répondit-il directement puis, en voyant l'air un peu triste du visage de la jeune femme, il poursuivit. « Mais je promets de revenir très vite une fois les affaires les plus urgentes réglées. »

« Il a raison Sasha. » ajouta Thomas après avoir vérifier que sa lance était à sa place. « Et puis tu sais aussi bien que moi que ce ne serait pas possible qu'il reste actuellement. »

Oui. D'une part, Flynn ne souhaitait pas s'imposer et d'autre part, il craignait de les déranger plus longtemps. Cependant, en apercevant cet air abattu qu'avait celle aux yeux perle, il eut un pincement au cœur.

« Si vous le dites… Bonne nuit. » fit Sasha en montant l'escalier sans leur accorder un regard.

Il voulut lui emboîter le pas mais une main vint se poser sur son épaule, l'empêchant d'avancer. Il se tourna vers le jeune homme aux yeux acier qui lui fit comprendre d'un mouvement de tête de ne pas la suivre.

« Elle ira mieux demain. » lui dit Thomas en le lâchant. « C'est juste qu'elle a du mal avec les promesses depuis la mort de son frère. »

Flynn n'eut pas besoin d'en demander davantage pour savoir que Sasha avait dû aussi mal encaisser que lui le décès de Yuri. Surtout qu'en plus, elle n'avait pas pu profiter de la personne aussi longtemps que lui.

« Pensez juste à me prévenir avant votre départ. » poursuivit le jeune homme aux yeux acier. « Je vous laisserai un bouclier et une épée à ce moment là. »

« Je m'arrangerai pour vous dédommager pour tout ce que vous avez… » commença celui aux yeux azur avant que son interlocuteur ne lui coupe la parole.

« Ça ira. Ce qui m'importe est que vous rentriez chez vous en un seul morceau. »

Il aurait pu insister un peu plus mais Flynn savait que s'il voulait partir au plus tôt, il devait aller dormir. De plus, rien ne l'empêchait de tout de même donner une compensation financière à Thomas une fois qu'il serait revenu à Zaphias.

Après avoir souhaité une bonne nuit à son hôte, il monta dans la chambre qu'il occupait, non sans jeter un coup d'œil du côté de celle de Sasha et constater, grâce à la faible lumière en bas de sa porte, qu'elle devait être encore éveillée. Il se dit qu'il lui parlerait demain et il ferma derrière lui. Une fois sa lampe posée sur la table de chevet, il observa de nouveau cette étrange clé, se demandant quel était son rôle exact. Se disant qu'il aurait peut-être sa réponse à Zaphias, Flynn se coucha puis éteignit sa lampe avant de commencer à laisser venir le sommeil, les yeux toujours fixés sur l'endroit où se trouvait ce curieux objet.

Soudain, il vit une lumière bleutée luire. Il se releva et s'aperçut qu'elle venait de la clé et, plus précisément, du lapis-lazuli qui émettait une lueur bleu roi ainsi que quelques points argentés. Les deux améthystes brillèrent ensuite chacune d'une lueur violette qui s'éteignit quelques secondes après, laissant derrière elles deux papillons d'un violet éclatant.

« Qu'est-ce que… » commença Flynn avant de s'interrompre.

Les deux insectes s'étaient mis à battre des ailes, s'élevant gracieusement en faisant tomber une poussière argentée dans son sillage. L'un d'eux se dirigea vers un des murs de la pièce et, à la surprise du jeune homme, passa au travers. L'autre, quant à lui, vint se poser sur la main du chevalier, laissant ce dernier admirer les élégantes arabesques sur ses ailes de lumière violette avant d'émettre une lueur argentée qui le fit sombrer dans le sommeil.

Les mondes oniriques vous sont à présent ouverts…

-§-

Une odeur de bois brûlé et d'encens le prit aux narines puis vint s'y ajouter le son de flammes qui crépitaient avec allégresse ainsi qu'une chaleur frappant sa peau avec de plus en plus d'intensité…

« Que fait un étranger ici ? » demanda la voix d'un jeune garçon.

« Il va peut-être servir d'offrande pour le rituel… » ajouta un autre, probablement plus âgé de par le fait que sa voix semblait être en train de muer.

Le son d'un violent coup suivi d'un « aïe » fut ce que Flynn entendit juste avant d'ouvrir les yeux et de découvrir deux garçons, visiblement de la même famille de par les quelques ressemblances physiques qu'ils partageaient – à savoir des cheveux d'un noir de jais, des yeux sombres et légèrement bridés, un teint un peu mat -, et une femme, qui lui semblait de petite taille, ayant certainement passé la cinquantaine et dont les cheveux noirs étaient parsemés de quelques fils blancs.

« James Liang Hooks. » fit-elle sur un ton sévère. « Tu es prié de te tenir à carreau dans la demeure de celui qui deviendra notre seigneur et maître. »

« Et pourquoi je dois être son gardien ? » répliqua le dénommé James avec une certaine insolence. « Moi je veux entrer dans l'armée ! Jason serait bien meilleur que moi en nounou ! »

« Les règles sont les règles ! Tu es l'aîné et c'est à toi d'endosser cette lourde responsabilité. »

Alors que le plus âgé des deux garçons poursuivit sa querelle avec la cinquantenaire, Flynn se leva, observant l'endroit où il se trouvait avec curiosité : un sol noir dans un matériau qu'il ne reconnut point, des murs en bois sur lesquelles étaient peintes diverses fresques en rapport avec le feu, une structure en bois soutenant le toit lui rappelant quelque peu celle de Yumanju, diverses vasques d'une dizaine de centimètres de diamètres dans lesquelles brûlaient de vives flammes et, plus loin, une bien plus large au sein de laquelle se trouvait un véritable brasier.

Le plus jeune des enfants, Jason, s'inclina respectueusement devant lui.

« Bienvenue dans l'autel du feu monsieur. » dit-il sur un ton neutre. « Mon nom est Jason Lu-Pan Hooks et voici grand-mère Wong ainsi que mon grand frère James. »

« Enchanté. » répliqua Flynn avant d'imiter le salut de son jeune homologue. « Je m'appelle Flynn Scifo et... je me demandais au juste où je me trouvais exactement. »

« Vous êtes dans les mondes oniriques jeune homme. » lui répondit madame Wong. « D'ailleurs, vous tombez au bon moment car j'étais face à un dilemme suite au manque de sérieux de l'un de ces jeunes gens. »

A cette phrase, elle jeta un regard noir à James qui croisa les bras sur sa poitrine, visiblement de mauvaise humeur.

« Normalement, le rituel doit être accompli par un de nos meilleurs moines mais le concerné a négligé ses devoirs et se voit privé de cet honneur. » poursuivit-elle avant de tourner son regard sombre sur Jason. « Quand à l'autre candidat possible, il n'a pas encore accompli son rite de passage et, n'ayant pas le droit de l'accomplir moi-même pour l'avoir déjà fait il y a quelques décennies, je me voyais contrainte de faire un choix. »

« Mais je peux faire ce combat grand-mère ! » s'exclama l'aîné des garçons avec force. « Et tu verras que ce sera la dernière fois qu'il aura lieu ! »

« Attendez… » les interrompit le chevalier. « Combattre qui au juste ? »

« L'incarnation du feu. » précisa le plus jeune avant de désigner la vasque la plus grande. « Le duel se fait à mains nues et, pour permettre à son esprit de renaître, il faut lui redonner son humanité ainsi qu'un nouveau nom pour cette vie présente. »

« Et je crois bien que l'heure est venue. » constata la femme âgée en fixant le sol.

Tous l'imitèrent et, luisant d'une lumière dorée, un immense cercle apparut à l'intérieur duquel se dessina progressivement une image qui s'avéra être celle d'un immense oiseau aux ailes de flammes. Au moment où Flynn s'apprêtait à se retourner, il reçut un violent coup de bâton dans le dos qui le déséquilibra, le forçant à avancer de deux pas pour retrouver sa stabilité, ce qui l'amena à l'intérieur de cette immense illustration. Juste après, des flammes d'or surgirent du bord du cercle, le retenant prisonnier tandis que le brasier de la plus grande des vasques s'intensifia brusquement.

« Qu'est-ce que… » commença-t-il en constatant qu'il était pris au piège.

« Ce rituel est un combat entre deux adversaires pleins d'ardeur. » le coupa madame Wong. « Montre-nous donc ta valeur jeune Flynn Scifo. »

« Et souvenez-vous que le but n'est pas de gagner ! » s'exclama Jason.

Alors qu'il allait demander où se trouvait son adversaire, l'immense brasier prit la forme d'un oiseau de feu et celui-ci prit son envol. Une fois au-dessus du cercle enflammé, il se posa au sol et ses flammes s'éteignirent, laissant place à une personne portant un masque noir dépourvu d'expression faciale et dont les rares détails étaient soulignés de teintes rouges et or. La tenue de son opposant était dans les mêmes tons et du même style que celles des deux enfants : une sorte de tunique rouge à manches longues possédant trois fermetures noires en tissu au niveau du col, un pantalon noir et des chaussures en cuir souple. Les seules différences, si l'on exceptait le masque, étaient les gants en cuir noir et une sorte de bonnet en soie rouge et noire avec une fine tresse noire qui s'en échappait. Autrement, de par sa taille devant avoisiner le mètre soixante-cinq et de ce lui semblait être une faible carrure, le jeune homme supposa qu'il avait affaire à un adolescent ou peut-être à une femme d'un physique proche de celui d'Estellise.

Lorsque son adversaire s'inclina respectueusement devant lui, Flynn imita le geste puis quand celui-ci se mit dans une posture offensive, il mima de nouveau la chose.

Celui en rouge lança l'assaut avec une série de coups de poings rapides qu'il eut du mal à contrer sans autre moyen de défense que ceux que lui offrait son propre corps, surtout face à une technique de combat qui lui était inconnue. Il fut pris de court quand son opposant lui sauta par-dessus avec une étonnante facilité pour, avec rapidité, atterrir dans son dos puis se retourner tout en lui assénant un violent coup de pied dans le ventre pile au moment où il était en train de se tourner pour se remettre face à lui, ce qui le mit à terre en un clin d'œil.

Le jeune homme, bien que fortement gêné par la douleur qu'il ressentait au niveau de l'abdomen, se releva rapidement et lança sa contre-attaque. Cependant, son poing fut bloqué par la fine main de son adversaire et la deuxième vint attraper le col de sa chemise puis, utilisant l'élan qu'il avait pris pour porter son coup, le projeta au sol en retournant sa propre force contre lui.

« Pff ! C'est qu'un amateur ce type ! » fit James avec ennui. « Faut vraiment être un incapable pour ne pas penser qu'un moine ne saurait pas parer ce genre d'attaq- Aïe ! »

« Laisse-le s'échauffer un peu. » dit sèchement madame Wong. « Ce n'est pas parce qu'il ne se bat pas comme nous qu'il ne sait pas combattre. »

Ça, Flynn espérait bien le leur prouver, surtout après toutes les bagarres auxquelles il avait participé avec Yuri. Tout ce qu'il devait faire était de s'adapter à celui qui lui faisait face, ce qui promettait d'être assez difficile.

Un léger déclic se fit dans son esprit : si le coup de pied qu'il avait reçu avait beaucoup de force, les coups de poings manquaient de puissance et, manifestement, son opposant ne devait pas avoir une grande force physique. Par contre, il était rapide, agile et savait comment retourner la puissance de son adversaire contre lui. En conclusion, il avait affaire à une personne bien entraînée pour le combat au corps-à-corps.

« L'objectif n'est pas la victoire qui plus est mais lui rendre son humanité… » fit Jason sur un ton pensif. « Le but est donc de résoudre cette énigme en plein combat. »

Lui rendre son humanité ? Qu'est-ce que cela pouvait signifier ?

Après s'être relevé et remit en position offensive, Flynn trouva la réponse à cette question : il devait lui ôter son masque dénué d'expression et, ainsi, dévoiler son visage. Cela pourrait même s'avérer plus facile à faire que de gagner s'il calculait bien son coup…

Il tenta d'abord une feinte en faisant croire à une attaque sur la gauche mais son adversaire se baissa rapidement puis effectua un balayage avec sa jambe. Il parvint cette fois-ci à éviter de se retrouver de nouveau allongé au sol en faisant une pirouette tout en s'appuyant par terre sur une main. L'ennemi répliqua rapidement en reproduisant le premier coup qui l'avait mis au tapis mais, sachant à présent où était le danger, il le para en attrapant sa cheville et le tira vers lui. Cependant, il ne s'était pas attendu à ce qu'il lui attrape violemment le bras droit, appuyant fortement avec ses doigts, et le relâche quelques secondes après en lui laissant son membre complètement engourdi…

Flynn dut lâcher sa cheville et il releva la manche de sa chemise pour essayer de comprendre ce qui clochait. Tout ce qu'il put voir, c'était les marques de certains des doigts qui, à ce qu'il lui paraissait, avaient appuyé des points bien précis…

« Ça va passer assez vite. » lui précisa madame Wong. « Il n'aurait pas eu de gants, ça aurait été différent. »

Bon à savoir mais ça n'arrangeait pas ses affaires. Il devait trouver une stratégie pour prendre le dessus ne serait-ce qu'un court instant et, le temps de réfléchir, il se mit en position défensive, laissant son bras engourdi le long de son corps.

Dans ces moments-là, il enviait Yuri et ses aptitudes à assimiler rapidement les techniques de combat qu'il voyait…

Son opposant passa à l'attaque en prenant de l'élan pour lui donner un coup de pied quand Flynn eut une idée.

Au lieu de se préparer à esquiver ou parer le coup, il fonça droit sur son adversaire et, tandis qu'il sentait le pied de celui-ci lui frapper le flanc, il lui donna un violent coup de tête au niveau du front, ses yeux bleus croisant fugitivement le regard embrasé et surpris de celui lui faisant face, ne s'étant visiblement pas attendu à cela.

Après être de nouveau tombé au sol et avoir entendu le son de quelque chose qui se brisait, le jeune chevalier, la tête douloureuse, se releva sous les applaudissements de madame Wong et de Jason. Il se tourna vers son adversaire qui était à terre, son masque noir s'étant brisé en plusieurs morceaux et son bonnet de soie ayant quitté son crâne, révélant sa longue chevelure d'un noir de jais ainsi que ses traits féminins et sa bouche charnue. A vue de nez, il ne lui donnait pas plus de seize ans.

Soudain, la tunique rouge ainsi que les gants prirent feu et, quand les flammes s'éteignirent au bout de quelques secondes en même temps que celles du cercle, la jeune fille portait à présent un haut en soie sans manches de couleur rouge et or ainsi que des mitaines en cuir marron.

« Ce rituel est une réussite ! » s'exclama madame Wong avec une certaine fierté. « Très bien joué jeune homme. »

« J'admets qu'il s'en est bien sorti… » fit James, encore surpris par ce qu'il venait de se passer.

« Ne reste plus qu'à la baptiser pour sa nouvelle vie. »

A cette phrase, la jeune femme se mit à froncer le nez avant d'ouvrir les yeux, son regard sombre aux reflets orangés croisant ses orbes azur quand il s'approcha près d'elle. Elle s'assit au sol, l'air un peu sonnée, avant de secouer vivement sa tête.

« Ouille… » dit-elle en posant sa main contre son front. « J'ai l'impression d'avoir une cloche dans mon crâne… »

« Il se peut que j'y sois allé un peu fort. » déclara-t-il d'un ton désolé.

« Elle a vu bien pire, croyez-moi. » fit madame Wong. « Et bien que la tradition veut que cela soit son gardien qui lui choisisse son nouveau nom pour sa vie actuelle, je propose de faire une petite exception en vous laissant le choix du prénom. »

Devant son air interrogatif, Jason s'empressa de l'éclairer sur le sujet.

« En fait, vous avez accompli le rituel de renaissance qui lui permet de se réincarner après sa mort. A chaque fois qu'elle revient à la vie, il faut lui donner une nouvelle identité pour la protéger de ses ennemis éventuels le temps qu'elle soit prête pour l'éveil final. »

« Encore faut-il que je me fasse pas tuer avant comme à chaque fois… » précisa la jeune femme avec un ton amer avant de se tourner vers lui. « Propose un prénom qui t'inspire de préférence et pas un truc au hasard ou cherché dans un horoscope. »

Plus facile à dire qu'à faire. Un prénom féminin qui l'inspirait… Maintenant qu'il y réfléchissait, il en voyait peut-être un…

« Mélissa… » dit Flynn, d'abord à voix basse puis en reprenant à voix haute. « Pourquoi pas Mélissa ? »

« Il a quoi de particulier ce prénom à part qu'il n'est pas franchement de chez nous ? » demanda James qui s'étirait paresseusement avant de recevoir un coup de bâton sur la tête.

« C'était celui de ma mère. »

« Ah… Je vois » fit madame Wong avec empathie avant de se tourner vers la jeune fille. « Qu'en dites-vous votre Altesse ? »

Le nez froncé, la jeune femme semblait réfléchir intensément. Puis, tout à coup, elle se tourna vers lui, une légère lueur de curiosité dans les yeux.

« Est-ce que tu aimais sincèrement ta mère ? »

« Pardon ? » répliqua Flynn face à cette question plus qu'inattendue avant de se reprendre face au regard insistant que lui lançait sa cadette. « Oui, comme beaucoup de petits garçons. Elle était douce, aimante et… très à cheval sur ses principes. Elle n'a jamais voulu accepter la générosité des autres quand elle savait qu'ils avaient volé pour l'aider. »

Il avait eu du mal à se remettre de la mort de son dernier parent encore en vie. Sans Yuri et les habitants des bas-quartiers, qui sait ce qu'il aurait pu devenir ?

« Alors dans ce cas, j'adore ce prénom ! » s'exclama avec un grand sourire celle qui venait de recevoir son prénom.

« Bien votre Altesse. » fit madame Wong en tapant trois fois le sol de son bâton. « Votre nouveau nom est à présent Mélissa Ando Langlay. Qu'il vous apporte toute sa force et vous offre une longue vie parmi nous. »

Mélissa se leva d'un bond puis étira ses bras vers le haut.

« C'est parti pour attendre le moment de la renaissance et le jour du rituel de l'éveil ! » s'exclama-t-elle tout en se laissant aller en arrière afin de faire une pirouette et de se rétablir adroitement sur ses deux pieds puis elle reprit la parole en regardant les deux jeunes garçons. « C'est lequel qui va me servir de gardien ? »

« Moi ! » fit James en levant la main avec peu d'enthousiasme. « Ce serait pas plus simple que vous reveniez directement sous votre forme actuelle plutôt que de renaître en bébé ? »

« D'accord… Et lui c'est qui du coup ? » demanda Mélissa en pointant Jason du doigt. « Je le trouve vachement plus sérieux à côté. »

« Jason est le cadet et n'a pas encore fini son initiation. » répondit madame Wong avec une pointe de déception dans la voix. « D'ailleurs, il serait temps pour nous d'y aller. »

A cette phrase, Flynn fut assez surpris de voir se dissiper petit à petit les deux garçons ainsi que leur grand-mère. Celle-ci ainsi que le plus jeune des enfants inclinèrent leur tête en signe d'au revoir tandis que l'aîné se contenta d'un geste de la main… qui lui valut un dernier coup de bâton sur le crâne. Quelques secondes plus tard, il ne restait plus que lui et la jeune femme.

« Bon, tu fiches quoi au juste dans les mondes oniriques ? » lui demanda Mélissa de but en blanc en se tournant vers lui.

« Euh… » fit Flynn, pris de cours. « Je ne sais pas moi-même comment j'ai atterri ici… »

« Forte affinité avec le feu je dirais et t'as dû toucher une clé de ce monde, c'est tout. »

Le déclic se fit dans l'esprit du jeune commandant : la clé en argent que Sasha avait trouvé servait en fait à accéder à cet endroit, d'où cette phrase qu'il avait entendu en perdant connaissance. C'était très certainement lors de l'apparition de ce papillon qu'il… Non, il y avait eu deux papillons et le second était allé…

« Attendez… » dit-il en réalisant ce que cette information impliquait. « On a été deux à toucher cet objet et je suis persuadé que cette personne devrait être ici elle aussi. »

« Sauf que je suis certaine que tu es le seul humain à l'autel du feu. » répliqua Mélissa avant de reprendre. « Si ton ami a une affinité avec un autre élément, alors il est à l'autel qui lui est dédié dans les mondes oniriques. »

Le souci, c'était que Flynn ignorait comment cette affinité était déterminée, ce qui signifiait que Sasha pouvait être n'importe où. Surtout qu'en plus, ils ne se connaissaient qu'à peine tous les deux…

« Y a plus qu'à faire le tour donc ! » s'exclama la jeune femme en se dirigeant à l'opposé du plus grand des brasiers, vers ce qui devait mener à la sortie. « Avec du pot, en allant à l'autel de la lumière, la grande prêtresse nous aiguillera ! »

« Ça va prendre combien de temps au juste ? » demanda-t-il en lui emboîtant le pas.

« Ça dépend. Les routes des mondes oniriques changent sans arrêts et la dernière fois que je suis sortie d'ici doit remonter à ma dernière altercation avec Saphir qui s'est encore soldée par ma mort… Tu te bats comment d'habitude ? »

« Avec une épée et un bouclier ? Pourquoi donc ? »

A cette question, Mélissa frappa deux fois dans ses mains et une gerbe de flammes jaillit d'un des brasiers pour atterrir à une dizaine de mètres devant eux, s'éteignant pour laisser place à une épée au pommeau d'or sertie d'un rubis et d'opales de feu ainsi qu'un bouclier circulaire composé de ce qui ressemblait à des écailles rouges.

« Un truc qui cessera de prendre la poussière au moins… » fit la jeune femme en lui désignant les deux objets qui venaient d'apparaître. « Ça t'ira s'il faut se battre ? »

Flynn, une fois remis de sa surprise, examina d'abord le bouclier qui lui semblait particulièrement résistant puis l'épée où il remarqua des mots gravés sur la lame :

Beaucoup de combats se font par l'épée

Mais par ce biais, tous ne peuvent être gagnés

La violence n'est pas toujours une bonne solution

Il y a parfois d'autres options

« Cette épée est la réplique exacte de celle du fondateur du pays du feu. » expliqua la jeune femme avec une pointe de tristesse dans la voix. « Il a fait graver ses mots pour rappeler à ses successeurs sur le trône que faire couler le sang n'est pas la meilleure idée en soi. Malheureusement, je n'ai pas souvenir qu'ils aient tous bien suivi ses conseils dans la branche principale… »

Ils continuèrent leur route jusqu'à parvenir à un mur de flammes qui leur bloquait le passage. Mélissa frappa de nouveau dans ses mains, libérant le chemin… pour révéler une sorte d'énorme serpent aux yeux rouges dont le corps était fait de brume noire et qui enserrait un dragon rouge sombre qui battait vainement l'air de son aile libre pour tenter de se libérer.

« Mais qu'est-ce qu'un cauchemar fiche ici ? » fit la jeune femme avec colère, prenant une posture offensive.

« Il craint les épées ? » demanda Flynn, prêt pour se battre.

« Celle-là oui. Je vais le forcer à lâcher sa proie… »

A ces mots, les deux brasiers les plus proches se mirent à émettre des flammes de plus en plus grandes. Mélissa prit une forte inspiration puis, tandis que le jeune homme se déplaçait pour se préparer à porter ses coups, elle lança ses deux bras en avant en hurlant « CREVE ! », deux puissants tourbillons de feu venant frapper de plein fouet le dragon et le cauchemar qui poussa un cri de douleur avant de relâcher sa prise, sa victime se laissant tomber au sol avant de se relever difficilement en toussant.

Quand la créature brumeuse fut à sa portée, Flynn fonça droit sur elle et planta sa lame dans le corps de celle-ci, ce qui lui arracha un cri perçant. Après avoir ôté sa lame, il lui porta un second coup fatal qui fit se dissiper le nuage sombre enveloppant ce mystérieux monstre, révélant ce qui ressemblait plus à une sangsue et dont le corps sombre était parsemé de veines de couleurs vives. La chose finit par s'écrouler au sol et se désagréger en un tas de poussière sombre qui se dissipa par la suite.

« Je ne sais pas ce qu'il se passe dans les mondes oniriques mais ce n'est pas un très bon présage. » déclara Mélissa en le rejoignant avant de regarder de loin le dragon. « En tout cas, on est arrivé juste à temps. Il devrait s'en tirer sans blessures spirituelles. »

« Des blessures spirituelles ? » demanda-t-il, intrigué.

« Un individu vivant est composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit qui fait la liaison entre les deux. Quand ce dernier est endommagé, celui-ci ne peut pas guérir de lui-même et ça peut laisser des séquelles voire entrainer la mort si cela traîne trop longtemps. Dans les mondes oniriques, c'est les cauchemars qui ont tendance à provoquer ce genre de blessures mais d'habitude, ils ne sont pas téméraires au point de pénétrer ici… »

Durant cette explication, Flynn avait pu constater que le dragon s'était relevé et, tels les deux jeunes garçons ainsi que leur grand-mère, il se dissipa, signe qu'il s'était probablement réveillé. Il regarda ensuite autour de lui, admirant le chemin en dalles de pierres grises qui menait jusqu'à l'autel du feu, une bâtisse dont la toiture rouge en pagode lui donnait un côté majestueux et exotique à la fois. Par contre, il avait du mal à se faire à ce ciel mauve parsemé de quelques fines zébrures couleur sang…

« C'est normal que… » commença-t-il en baissant les yeux vers Mélissa.

« Pas vraiment. » coupa-t-elle abruptement. « Mauve oui mais pas comme ça. Et ça à l'air d'être plus prononcé par là. »

Elle désigna du doigt un endroit de la voûte céleste dont les teintes étaient plutôt dans le pourpre voire le carmin. Sans prévenir, elle se remit en marche d'un pas rapide, lui sur ses talons, et s'engagea sur une route de pierres jaunes qui était souillée de quelques tâches bordeaux. A un moment, ils arrivèrent devant ce qui semblait être les restes en partie calcinés d'un arbre à l'écorce de bronze ainsi que d'un panneau indicateur se trouvant au croisement entre quatre chemins et dont seule une direction semblait avoir résisté aux flammes.

« Mais c'est pas vrai ! » s'exclama la jeune femme avec colère en désignant la planche de bois sur laquelle se trouvait un épais cercle noir. « Et il faut que le seul truc qui ait survécu soit celui qui indique la route vers l'autel des ténèbres ! »

« Il suffit tout simplement de choisir un chemin et de revenir sur nos pas si ce n'était pas le bon. » déclara Flynn avec pragmatisme.

« Pas dans les mondes oniriques… A peine on sera arrivé à un endroit que les routes mèneront autre part et ces panneaux sont les seuls qui peuvent nous éviter de nous perdre… »

Ça, c'était un coup dur. S'ils ne pouvaient pas se diriger de façon classique dans ce monde et que leur seul moyen de se repérer n'existait plus, ils ne retrouveraient jamais Sasha…

« Par contre… » fit Mélissa en tournant ses yeux sombres vers le coin où le ciel était pourpre. « Il y a deux lieux où je peux me rendre sans avoir besoin de ces trucs : l'autel du feu et son opposé, l'autel de l'eau. Le hic, c'est que j'ai l'impression que c'est lui qui est sous ce ciel bizarre… »

Ça ne coûtait rien d'aller voir et d'aider quiconque en avait besoin. De plus, peut-être que quelqu'un là-bas saurait où était Sasha.

-§-

Qu'est-ce qu'elle faisait là, occupée à résister à des créatures étranges derrière cette sorte de fort de glace ?

Quand Sasha s'était réveillée, la première chose qui l'avait frappée était la température glaciale du sol puis les sons étranges qu'elle entendait. C'est en se levant qu'elle réalisa ce qu'il se passait : des choses composées de brume sombre et aux yeux luisants étaient en train d'attaquer un groupe de personnes qui ne parvenait visiblement pas à lutter. Avec elle, elle vit, assis avec les genoux maintenus contre lui et vêtu d'habits mêlant turquoise ainsi que quelques pointes de blanc, un garçon aux cheveux blond vénitien qui, si elle se fiait au vide dans son regard vert émeraude, ne semblait pas conscient de ce qu'il se passait.

La situation empira quand elle vit que ceux qui se battaient avaient perdu le combat et que l'une de ces choses, sa forme évoquant celle d'un requin, fonça droit sur elle, le bras de sa dernière proie dans ce qui semblait être sa gueule et tenant encore une dague à la lame argentée en main. Alors qu'elle était paralysée par la peur, elle fut sauvée in extremis par une fillette aux cheveux blancs, visiblement d'une dizaine d'années, qui avait frappé la créature dans le flanc droit avec l'aide d'une énorme hache en métal sombre qu'elle maniait avec une aisance étonnante. La chose brumeuse devint ensuite un être au corps noir parcouru de veines colorées qui, après un dernier sursaut, se changea en un tas de poussière, laissant tomber sa prise au sol.

« La dague, vite ! »

La jeune femme, sortant subitement de son état de stupéfaction, remarqua que l'arme blanche à la lame argentée était à présent juste devant ses pieds. Elle s'empressa de la ramasser, se demandant un instant comment avait pu se former ces petits stalagmites de glace qui faisait un arc de cercle devant elle, et y jeta un coup d'œil rapide. Elle nota que le manche était dans un métal blanc, une grosse émeraude sertie à son extrémité et une série de petites aigues-marines le décorant. Le fait le plus curieux était cette phrase gravée sur la lame :

Quoi de mieux qu'un outil de destruction pour y cacher un pouvoir de création ?

« Arrête de rêvasser et agis bordel ! »

L'une de ces choses était passée à l'attaque, fonçant droit sur elles sous son apparence de squale brumeux. Pendant un instant, Sasha ne sut que faire puis, sur l'impulsion du moment, elle brandit la dague comme on le ferait avec une épée et, à son plus grand étonnement, une douce lumière s'échappa de l'arme avant qu'une lame de glace ne vienne transpercer la créature, lui arrachant un cri de douleur avant que celle-ci ne meure.

Le sens de cette phrase fut limpide à partir de cet instant : la dague cachait une magie créant de la glace suivant ce qu'elle lui dictait via son imagination.

En constatant que les autres monstres avaient été alertés par le cri de leur congénère, elle chercha tout de suite une idée et, face au nombre énorme qui faisait à présent marche vers eux, elle choisit la toute première qui lui vint à l'esprit : une forteresse. La douce lumière s'échappa de nouveau de l'arme puis suivit l'apparition d'une brume blanche qui les entoura tous les trois, se transformant progressivement en un épais dôme de glace qui les protégea de l'assaut de ces étranges créatures.

Depuis maintenant une bonne minute, elles se heurtaient contre la paroi, n'ayant visiblement pas d'autre idée fixe que de passer au travers afin de leur faire subir le même sort qu'aux autres. S'ils restaient aussi têtus, ils finiraient par bel et bien briser la glace…

« Qu'est-ce que c'est que ces choses ? » demanda Sasha, essayant de retrouver son calme.

« Des cauchemars. » lui répondit la fillette aux cheveux blancs en sautillant légèrement sur place pour se réchauffer, ayant très certainement froid avec son short noir et son haut sans manches beige. « Ils pénètrent jamais dans les territoires des autels habituellement mais là… »

Elle tourna son regard sombre vers celui aux cheveux blond vénitien qui n'avait toujours pas réagit.

« Je crois qu'il les attirent. » supposa-t-elle avant de s'agenouiller près de lui, agitant une main devant ses yeux. « Sheen… Hey ! Sheen ! »

« Et ces… cauchemars… » commença Sasha pour essayer d'en savoir plus. « Pourquoi ils seraient attirés par lui ? »

« Vu les rumeurs qui sont parvenues dans mon pays, son frère a été assassiné et il est resté enfermé dans sa chambre depuis ce jour. Ces monstres adorent dévorer les esprits et les âmes fragiles et les repèrent de loin. »

Elles fixèrent brièvement la paroi avec inquiétude, espérant qu'elle tiendrait le temps qu'elles trouvent une idée pour les combattre.

« … ne peux… roi… »

Leur attention se reporta immédiatement sur le garçon, Sheen, quand elles réalisèrent qu'il s'était mis à parler à voix basse.

« Sheen ! C'est moi, Orieul ! » s'exclama celle aux cheveux couleur de neige en secouant l'épaule de celui aux yeux émeraude. « Réponds-moi ! »

« Je ne peux pas devenir roi… » murmura-t-il, le regard toujours vide et semblant toujours déconnecté de la réalité. « Je ne peux pas… »

« C'est pas le moment de ressasser ça ! T'es le fils d'une maîtresse, et alors ? Mais écoute-moi… »

« On dirait qu'il est ailleurs. » fit Sasha qui ne comprenait pas tout ce qu'il se passait mais qui faisait de son mieux pour cela. « On ne pourra jamais se sortir de là s'il reste comme ça. »

La jeune femme, bien que n'ayant jamais combattu de sa vie, n'était pas stupide. Entre ce que lui racontait Thomas et les récits de Yuri, elle savait qu'il était plus difficile de se battre quand l'on devait protéger quelque chose en même temps. De plus, vu le nombre de ces créatures dehors, elles ne tiendraient probablement pas longtemps si elles n'étaient que deux à lutter.

« Même si les lamias viennent à mon secours, elles ne peuvent pas se déplacer sur de la glace, même dans les mondes oniriques. » fit Orieul en se mordant la lèvre inférieure.

« Quoi ? » demanda la jeune femme, ne comprenant pas ce dont parlait sa compagne d'infortune mais y voyant une possible explication sur l'endroit où elle se trouvait, elle enchaina rapidement. « Qu'est-ce que les lamias et ces mondes oniriques ? »

A cette question, son interlocutrice s'apprêtait à lui répondre quand elle se figea, ses yeux sombres la détaillant du regard.

« Une minute… » dit-elle en penchant légèrement la tête sur le côté. « J'ai l'impression qu'on s'est déjà vu… »

« Je pense que je m'en souviendrai si c'était le cas. » la coupa Sasha, jugeant qu'il était difficile d'oublier une enfant à la peau mate et aux cheveux blancs.

« Pourtant ce visage… Ah ça y est ! C'était le mec que Sheen avait amené avec lui deux ans plus tôt et qui cherchait un moyen de quitter ce monde mais comme il ne savait même pas comment il était entré… »

« C'était Yuri ? »

La jeune artiste le savait bien : il n'y avait pas grand monde à sa connaissance qui pouvait lui ressembler et avoir été aperçu à cette période. Ça ne pouvait être que son frère et, s'il était venu ici, c'est qu'il n'était peut-être pas mort en réalité…

« Heu… Je crois que c'était effectivement comme ça qu'il s'appelait. » lui répondit la cadette en fouillant dans sa mémoire. « Mais je ne l'ai plus revu après donc soit il s'est réveillé, soit… »

Elle ne poursuivit pas sa phrase, fixant les cauchemars qui tentaient toujours d'entrer dans leur refuge glacé.

« Ce qui était bizarre par contre, c'était qu'il ne venait pas de notre monde… » poursuivit-elle en reportant son attention sur la jeune femme. « J'ai lu pas mal de bouquins entretemps dont un rédigé par un exorciste et normalement, sans la clé, il n'aurait pas dû atterrir chez nous, ce qui veut dire que les mondes oniriques pourraient souffrir d'une anomalie… D'après le livre en tout cas. C'était surtout des hypothèses et le type doit être mort depuis un bail vu que l'ouvrage était à la cité Mirage… »

« Concernant la clé… » commença Sasha, ayant tiqué sur ce point en particulier. « Elle ne serait pas des fois en argent avec deux améthystes et un lapis dessus ? »

« Donc vous êtes venue normalement vous ! Ça me rassure car là, je me voyais mal tenter de partir à l'aventure vu le bordel actuel… »

Un léger craquement retentit, ce qui était mauvais signe. Elles tournèrent immédiatement leurs têtes vers son origine et virent avec horreur la fissure qui était en train de se créer dans la glace. Elles étaient bientôt fichues.

Orieul se remit tout de suite à la tache de sortir Sheen de sa torpeur, le secouant vivement et lui donnant même des coups de poings mais tout cela resta sans effet. Face à ce constat et à celui que les cauchemars allaient les avoir d'ici quelques secondes, elle finit par serrer son ami dans ses bras, lui répétant incessamment de revenir. De son côté, Sasha avait tenté de réparer les dégâts avec la dague enchantée mais un violent mal de tête la prit, comme si elle tentait d'en faire de trop, et la magie n'opéra pas cette fois-ci. Résignée, elle s'assit aux côtés des deux enfants et, d'instinct, se plaça de sorte à être entre eux et la fissure.

Alors que, en entendant le craquement derrière elle avait fermé les yeux, appréhendant la mort qui venait la chercher, ce fut le cri de souffrance d'une de ces créatures qui parvint à ses oreilles. En se retournant, elle constata que la chose avait à peine pu passer ce qui lui servait de bras que des flammes étaient venues l'attaquer, la dévorant sur place. Ses semblables s'étaient éloignés de la paroi qui se brisa en partie, laissant à leur groupe la possibilité de voir qui était intervenu…

« Putain de glace ! Ça glisse, ça fond et y a que ça ! » vociféra une fille vêtue d'un haut rouge et d'un pantalon noir, une de ses mains gantées tenant une torche dont la flamme avait une forme plutôt étrange. « Je sens que je vais exiger de la part de la grande prêtresse que l'on foute un volcan près d'ici parce qu'il n'y a rien de plus galère que d'être coincée sur ce bout de colonne tout ça car je ne peux pas produire mes propres flammes ! RHA ! »

Les cauchemars s'étaient éloignés d'eux puis, tout à coup, la paroi fut brisée par un coup d'épée et, en voyant que c'était Flynn, Sasha se sentit à la fois soulagée et emplit d'une joie intense que le jeune homme semblait visiblement partager.

Cependant, une des créatures tenta de l'attaquer par derrière mais Orieul, l'ayant visiblement vue venir, lui envoya sa hache de toutes ses forces, l'arme frappant sa cible de plein fouet et la projetant quelques mètres plus loin où elle succomba à ses blessures. Puis voyant qu'ils avaient une chance de s'enfuir, ils quittèrent vite leur refuge, les filles forçant Sheen à les suivre et le jeune chevalier couvrant leurs arrières tandis que celle maniant les flammes attirait l'attention de leurs ennemis au maximum avant de les détruire par le feu.

Une fois tous réunis et leurs opposants les plus proches éliminés, ils firent de rapides présentations.

« Est-ce que quelqu'un ici peut m'expliquer le bordel qu'il y a dans les mondes oniriques ? » demanda Mélissa qui ne voulait pas quitter sa place sur le morceau de colonne qui dépassait de la glace. « Depuis quand ces saloperies s'attaquent aux autels ? »

« Tout ce que je sais c'est qu'il y a eu divers conflits isolés dans notre monde et que l'héritier du royaume de l'eau s'est fait assassiner… » répondit Orieul en jetant un regard inquiet à son ami. « Si Sheen pouvait se réveiller… »

En observant les alentours, Sasha réalisa que quelque chose clochait : les cauchemars restaient à distance et ne cherchaient plus à les attaquer. Pourquoi ?

La réponse ne tarda pas à venir quand l'épaisse couche de glace sur laquelle ils se trouvaient se fissura à quelques mètres d'eux et qu'un gigantesque cauchemar en forme de serpent sortit de l'eau noire. Alors qu'il allait attraper Sheen, Orieul le poussa brusquement sur le côté et fut capturée à sa place, poussant des cris et hurlant à la créature de vite la lâcher tandis que Mélissa pesta sur le fait qu'elle ne pouvait rien faire dans cette situation. Cependant, le jeune garçon sortit enfin de sa torpeur…

« ORIEUL ! » cria-t-il avec effroi avant de froncer les sourcils avec colère en voyant l'état des lieux.

« Enfin l'incarnation de l'eau se réveille ! » s'exclama celle maniant le feu. « Pas trop tôt ! »

Sheen se mit à chanter dans une langue inconnue et, sous les yeux ébahis de Sasha et de Flynn, l'eau noire se mit à enserrer le cauchemar qui commença à pousser des gémissements de douleur. Profitant que la créature ait relâchée sa prise, Orieul s'échappa et vint vite les rejoindre.

« Ils ont pollué l'eau. » constata le jeune garçon avec un ton amer. « Je ne vais pas pouvoir le retenir très lon… »

Il ne put terminer sa phrase car soudain, le son d'une lame sortie de son fourreau retentit suivi du cri d'agonie de la créature qui se désagrégea rapidement, permettant ainsi de voir que derrière elle se trouvait un individu dos à eux, tenant un long sabre dans sa main gauche et portant une peau de loup sur la tête et les épaules, recouvrant en partie ce qui ressemblait à une veste bleu marine à manches amples qui était accompagnée d'un pantalon blanc du même style. Ce qui intrigua le plus Sasha fut le fait qu'il portait des sandales en bois aux pieds.

« Restez tranquilles. » leur déclara l'inconnu – qui était manifestement un homme - d'une voix ferme.

Il se déplaça en un clin d'œil vers les cauchemars qui se tenaient à distance et, en d'habiles mouvements, il les trancha un à un de son sabre sous les yeux admiratifs de presque tous, Mélissa ayant poussé un soupir de frustration.

« C'est de la triche la téléportation… » fit-elle en prenant une moue boudeuse.

« Contrairement à certaines personnes, j'ai pas mal de choses à faire donc c'est plus qu'utile par moments. »

A la surprise générale, l'inconnu était réapparu près d'eux, le sabre rangé dans le fourreau se trouvant contre son flanc droit. De ses yeux cuivrés luisait une étincelle d'amusement qui perçait à travers son visage sévère auquel il était étrangement difficile de donner un âge. Le détail étrange était cet épais trait noir qui barrait son œil droit.

Mélissa s'apprêtait à répliquer mais l'homme vêtu de la peau de loup avait déjà disparu, ce qui lui fit pousser un cri de rage.

« Saleté de roi des démons ! » s'exclama-t-elle avec colère avant de lever son poing vers le ciel. « Reviens ici Baran ! »

« Je suis peut-être plus vieux que vous tous réunis mais j'entends encore très bien. » fit le dénommé Baran en réapparaissant à quelques pas de Flynn, sa main gauche sur son oreille. « Et je te signale que ça doit faire trois jours que je sillonne ces mondes à éliminer des cauchemars que je n'avais pas du tout prévu de combattre dans une telle quantité. »

Mélissa finit par croiser les bras contre sa poitrine, grommelant diverses choses tout en jetant un regard noir à l'épéiste. Ce dernier s'était, de toute façon, totalement désintéressé d'elle, son regard cuivré fixant avec attention Sheen.

« Quant à toi jeune ondin… » commença-t-il d'une voix où transparaissait une certaine empathie. « Même si ton angoisse est légitime, souviens-toi que tu n'es pas tout seul. »

Le jeune garçon échangea un regard avec Orieul – celle-ci lui faisait un grand sourire qui, au plus grand amusement de Sasha, le fit légèrement rougir – avant de se tourner vers Baran et d'hocher la tête pour montrer qu'il avait compris.

« Bien. » fit l'homme vêtu d'une peau de loup avant de s'intéresser à elle et Flynn. « Cela vaut aussi pour vous autres bien que vous le saviez déjà. »

« A ce sujet grand chef… » coupa la fillette aux cheveux couleur neige en levant la main. « Pourquoi depuis deux ans des gens d'un autre monde que le notre viennent ici ? C'est normal ça ? »

La question intrigua fortement Mélissa ainsi que le jeune chevalier et le garçon aux yeux émeraude. Cependant, elle ne sembla pas surprendre leur nouvel interlocuteur… ce qui rappela à la jeune femme un détail non négligeable.

« Ce qu'on désirerait savoir en réalité, c'est si vous connaissez quelqu'un qui… » commença Sasha avant de se faire interrompre d'un signe de la main.

« Je n'ai personnellement pas rencontré ton frère jeune fille mais de par ce que j'ai pu entendre, il est très certainement encore dans les mondes oniriques actuellement. » déclara Baran sur un ton neutre avant de fixer Flynn – celui-ci avait les yeux grands ouverts sous l'étonnement d'apprendre que Yuri n'était pas mort. « Cependant, je peux tenter de le pister en échange d'un message à transmettre à une compatriote… »

« Quel est-il ? » demanda brusquement le chevalier, intriguant la jeune artiste.

« Le prisme s'est fissuré de l'intérieur. »

-§-

Flynn n'eut pas le temps de répondre à ce mystérieux Baran que tout autour de lui était devenu brusquement noir. Puis il perçut le gazouillement des oiseaux à l'extérieur et ouvrit les yeux, réalisant qu'il était dans la chambre qu'il occupait dans ce village à Yurzorea. Encore un peu secoué par tout cela, il se mit en position assise sur son lit, se demandant un instant ce qu'était ce rêve étrange qu'il avait fait durant la nuit avant que ses yeux ne se posent sur cette mystérieuse clé…

Avait-il vraiment imaginé tout ça ?

De légers coups se firent entendre à sa porte puis cette dernière s'ouvrit sur une Sasha qui venait visiblement de se réveiller, sa longue chevelure sombre n'étant pas coiffée et étant simplement vêtue d'une nuisette blanche qui s'arrêtait au milieu de ses cuisses – le jeune homme détourna vite la tête, les joues légèrement rosies, en remarquant la tenue de son hôtesse.

« Désolée d'entrer comme ça… » chuchota-t-elle en refermant soigneusement la porte derrière elle.

« Vous êtes chez vous donc… » commença-t-il avant que la jeune femme ne viennent s'asseoir sur le lit.

Un malaise régna durant quelques secondes puis Sasha fixa la clé en argent de ses yeux perle.

« On a bien rêvé de la même chose n'est-ce pas ? » demanda-t-elle en s'installant en tailleur sur le matelas. « C'était bien réel ? »

« Cela en avait tout l'air… » répondit Flynn, repensant aux combats menés dans ce monde étrange. « Et si c'est le cas… »

« Yuri est là-bas et il faut qu'on le retrouve. »

Au ton employé par la jeune femme, le chevalier eut comme un mauvais pressentiment et, quand il leva ses yeux azur pour rencontrer son regard déterminé, il sut d'instinct ce qu'elle allait lui demander et qu'un refus n'était pas envisageable si elle était aussi têtue que pouvait l'être son frère.

« Je viens avec toi. »


Auteur vs Persos :

Belphégor : Hé ben… Orieul enfant ou comment elle arrivait à perdre son arme en s'en servant comme projectile sans réfléchir…

Asahi : La façon dont tu le dis sent le vécu.

Kaleiya : Je soupçonne qu'il a dû l'aider à en récupérer pas mal vu la force de la bête…

Belphégor : Je préfèrerai une autre partenaire des fois…

Asahi : Je te filerai bien Mélissa mais tu sais aussi bien que moi qu'elle part au quart de tour…

Belphégor : Je n'ai pas ton talent pour la mettre en rogne donc je te la laisse volontiers.

Kaleiya : Pendant que vous parlez « échanges », moi je vais voir si Sheen a fini de faire le dîner.

kaleiyahitsumei: (Default)
 Note : Comme je coince un peu pour Rita, je passe à Karol.

Karol Capel était un jeune adolescent de douze ans qui se fondait facilement dans la masse avec ses cheveux châtain en bataille et ses yeux marron. Cependant, il était très reconnaissable à son gros sac qu'il trimballait en permanence avec lui et qui semblait peser lourd, faisant que beaucoup s'étonnaient de voir un garçon de cette taille arriver à soulever avec facilité un objet qui avait l'air de faire la moitié de son poids. Sa camarade de classe, Patty Fleur, était plus originale avec son chapeau de pirate, la jeune adolescente aux nattes blondes adorant se faire passer pour l'un d'eux quand ils jouaient ensemble.

Quand on y réfléchissait, c'était plutôt étonnant que deux jeunes gens comme eux viennent d'eux-mêmes dans un salon de thé dont la clientèle était généralement des adultes. Mais le hasard faisant parfois bien les choses, c'est Repede, le chien du gérant et leur compagnon de jeu régulier, qui les avaient amenés à cet endroit. Yuri leur avait ainsi fait découvrir le thé sous toutes ses couleurs, à la fois à leur plus grand plaisir et leur regret…

Oui car si Patty n'avait aucune préférence particulière et laissait le jeune homme choisir pour elle le plus souvent, le palais de Karol lui avait vite révélé que le thé vert n'était pas du tout de son goût, faisant qu'il ne demandait quasiment que des thés noirs aromatisés, le plus souvent quand ils avaient des saveurs caramélisées.

Le salon de thé était ainsi devenu leur lieu de rendez-vous favori où ils avaient rencontré beaucoup de personnes intéressantes. Régulièrement, ils venaient faire leurs devoirs là-bas, trouvant cela bien plus agréable que de rester chez eux.

« Vous faites un exposé sur quel sujet au juste ? » leur demanda Yuri après avoir déposé une théière en fonte noire contenant du thé au caramel et une autre rouge qui dégageait une légère odeur de châtaigne.

« On nous a imposé Louis XIV. » soupira Patty avec dépit. « J'aurais voulu Barbe Noire nanoja… »

« Je ne crois pas qu'il était au programme tu sais… » fit remarquer Karol en se souvenant de la tête de leur professeur quand celle aux nattes blondes avait suggéré de faire la biographie de ce célèbre pirate. « Et puis il y a beaucoup de choses à dire sur le roi soleil donc on a de quoi faire. »

« Va falloir bien trier dans ce cas car si ma mémoire est bonne, il a vécu longtemps. » déclara le gérant en jetant un coup d'œil aux livres que les plus jeunes avaient empruntés à la bibliothèque.

« C'est un peu pour ça qu'on est venu le commencer ici car on s'est dit qu'on aurait de bonnes chances de trouver un expert en buvant du thé chez toi. »

Yuri avait parfaitement compris de quel expert ils parlaient mais, ce dernier étant plutôt imprévisible concernant ses visites au salon de thé, il pouvait très bien ne jamais venir ce jour… C'était la raison pour laquelle ils avaient joué la sécurité en faisant un détour par la bibliothèque.

« C'est un scandale que vous ne serviez pas de café monsieur ! »

Les deux adolescents levèrent le nez pour voir que leur aîné et ami était derrière son comptoir, visiblement exaspéré par une cliente un peu bourgeoise.

« J'ai du café mais pas de l'alcool. Nuance. » rectifia Yuri d'un ton glacial.

« Comment pouvez-vous ne pas servir ma boisson préférée ? » s'emporta la femme sans écouter son interlocuteur. « Mais après tout, un établissement bas de gamme comme celui-ci ne peut pas connaître des breuvages qui les dépassent ! »

« Mais quelle cruche celle-là ! » murmura Patty à l'oreille de Karol. « Elle n'a rien de mieux à faire que d'ennuyer les autres ? »

« Je plains Yuri… » dit-il à voix basse à sa camarade. « Il a l'air de se retenir de lui sauter à la gorge. »

Puis la porte d'entrée s'ouvrit sur une femme à la peau bien mate et dont les courts cheveux blancs créaient un fort contraste, accentué avec le pull beige dénudé aux épaules et le jean noir qu'elle portait. Ses yeux sombres s'étaient à peine posés sur la bourgeoise que cette dernière fit demi-tour vers la porte et… semblait attendre quelque chose.

« Eh bien ! » s'exclama celle qui avait fait un scandale. « Ouvrez-moi donc la porte ! »

La nouvelle venue échangea un regard interloqué avec le gérant avant que ses lèvres peintes de noir n'esquissent un sourire moqueur.

« Mais bien sûr madame… »

Elle s'exécuta dans un geste théâtral et, tandis que celle qui l'avait traitée comme une domestique passait près d'elle, sa longue main aux doigts fins se glissa rapidement dans son sac à main pour en ressortir avec un portefeuille de cuir blanc qu'elle fourra ensuite sous son pull. Une fois la voie libre, elle partit dans un grand éclat de rire et reprit en main l'objet du délit.

« Ça lui apprendra à oublier que l'esclavage a été aboli depuis un moment. » déclara-t-elle en posant sur le comptoir un billet venant du portefeuille qu'elle avait dérobé à l'instant. « Et la même chose que d'habitude s'il te plait. »

« Thé à la figue donc. » confirma Yuri avec un sourire complice. « Oh et Orieul, tes services sont demandés dans un autre domaine. »

L'intéressée haussa un sourcil avant que le gérant ne lui désigne leur table. Karol leva la main pour lui dire de venir, ce qu'elle fit avec un plaisir non dissimulé – c'était plutôt logique dans le sens où Orieul Ryo, en plus d'avoir des talents de pickpocket largement reconnus par les habitués du salon de thé et les services de police, était une passionnée d'histoire et n'hésitait pas à partager ses connaissances quand on savait comment le lui demander ou qu'elle était de très bonne humeur.

« Ça sent les devoirs d'histoire ça… » fit-elle en s'installant à leur table avec un grand sourire aux lèvres. « Et aussi la châtaigne caramélisée donc j'imagine que quelqu'un a un thé à la châtaigne par ici. »

« Bien vu nanoja ! » fit Patty en désignant la théière de fonte rouge où se trouvait la boisson que Yuri lui avait choisie.

« On a un exposé sur Louis XIV à faire. » précisa Karol en montrant au passage les livres qu'ils avaient empruntés. « J'imagine qu'il faut forcément parler du château de Versailles… »

« Si tu parles de Versailles, tu dois d'abord mentionner qu'il est inspiré du château de Vaux-le-Vicomte ou bien tu vas passer à côté d'un détail important. » le coupa Orieul tandis que son thé à la figue lui était servi. « Louis XIV l'avait visité et en a été jaloux. C'est ce qui l'a amené à faire construire celui de Versailles. »

Comme espéré, elle connaissait bien le sujet. Elle allait bien les aider donc.

« L'exposé doit durer combien de temps en présentation ? » demanda la voleuse en sirotant son thé.

« Une demi-heure environ. » répondit le jeune adolescent en vérifiant ce qui était noté sur son agenda.

« Le sujet nous a été imposé malheureusement… » s'attrista de nouveau celle aux nattes blondes. « J'aurais voulu faire Barbe Noire… »

« Ah ! L'histoire de la piraterie ! » s'enthousiasma Orieul. « Edward Teach est un des plus connus , c'est vrai, mais il y a eu de sacrés personnages comme Olivier Levasseur dit « La buse », Anne Bonnie, Mary Read, John Rackam, Avery … »

« On pourrait peut-être travailler sur le plan de l'exposé non ? »

Dès qu'on parlait de piraterie, Karol savait que ces deux-là étaient immédiatement à fond dans le sujet donc s'il ne les coupait pas vite, ils en avaient encore pour un bon moment.

« Exact. » admit la voleuse avant de se mettre à réfléchir. « Louis XIV a eu plusieurs maîtresses donc on va juste survoler le sujet en ne citant que les plus connues comme Louise de Lavallière, Françoise de Montespan ou encore Madame Scarron alias Madame de Maintenon… »

« Et n'oublie pas que c'est un exposé présenté devant des gosses de treize ans ! » rappela Yuri alors qu'il passait à côté d'eux pour nettoyer une table.

« Je ne vois pas ce que tu peux sous-entendre mon cher… »

« Que de ce que j'ai pu apprendre via quelques ragots, toi et ton fiancé êtes très portés sur les histoires réservées aux adultes. Et vous ne faites pas qu'en raconter parait-il… »

Karol et Patty échangèrent un regard intrigué à cette phrase, se demandant de quoi leur ami pouvait bien parler tandis qu'Orieul s'était mise à pester au sujet de celui qu'elle appelait communément « le frangin » et qu'il ferait bien, selon elle, de se mêler de ses affaires s'il ne voulait pas voir sortir certains de ses petits secrets un jour.

« Je n'ai pas encore été arrêtée pour exhibitionnisme mon cher donc tut tut ! » fit-elle en lui mimant de fermer sa bouche.

« Vol à l'étalage par contre… » contra Yuri d'un air blasé avant de regarder en direction de la boulangerie. « Le pire est qu'il ne t'empêche pas… »

« Je n'aborderai plus ce sujet en dehors de la présence de mon avocat… »

« Sauf si ton avocate décide de ne plus payer ta caution un jour… »

En entendant cette voix glaciale, Orieul se mit à pâlir d'un coup et découvrit ainsi que, pendant qu'ils discutaient, Salomé était entrée dans le salon de thé. Karol, à cet instant, se demanda pourquoi tant de gens avait peur de cette femme qui était pourtant si gentille avec lui et Patty…

« Patron… » commença la voleuse en tremblant de peur. « Je suis juste en train de donner un petit cours d'histoire à ces deux jeunes gens pleins d'avenir… »

« Cesse ton baratin. » coupa fermement la propriétaire des lieux avant de plisser les yeux avec méfiance. « D'ailleurs, je me demande à présent quel objet a bien pu tomber entre tes mains et dont la disparition ne t'a pas encore été imputée… »

« Je jure que j'ai été sage comme une image ! »

Même Karol n'était pas dupe, lui-même ayant pu voir que leur passionnée d'histoire avait des mains baladeuses qui étaient capables de s'emparer de tout et de n'importe quoi – il se rappelait notamment la fois où son stylo avait mystérieusement disparu de sa trousse alors qu'il venait de l'y ranger et qu'il avait récupéré ce dernier après que Yuri ait forcé celle aux cheveux blancs à le lui rendre si elle ne voulait pas qu'il ordonne à Repede de la chasser dès qu'elle était à moins de deux mètres de la porte d'entrée. Déjà que le chien était très méfiant vis-à-vis d'elle au point de refuser tout ce qu'elle avait tenté de lui donner pour l'amadouer… Quoique le jeune adolescent avait déjà reçu comme conseil de Sheen de ne pas accepter tout plat que la voleuse aurait pu cuisiné.

« Nous règlerons ça plus tard… » déclara Salomé avant de s'installer à leur table et d'arborer un sourire quelque peu… sadique. « J'attendrai que tu ais fini pour ça. »

C'est avec une grimace d'effroi qu'Orieul se remit à les aider pour leur exposé, leur indiquant les points essentiels et ceux dont ils pouvaient amplement se passer – ils avaient ouverts des yeux ronds quand elle leur expliqua que Louis XIV n'avait absolument aucune intimité, y compris quand il s'agissait de satisfaire ses besoins les plus primaires. Elle tenta une ou deux fois de gagner du temps pour retarder l'arrivée de sa « sentence » mais la propriétaire des lieux, voyant venir la chose, émettait un claquement de langue sonore qui la coupa net à chaque fois.

Une fois tout ce dont ils avaient besoin obtenu, ils rangèrent leurs affaires et quittèrent le salon de thé après avoir dit au revoir à tout le monde… en tentant d'ignorer les appels au secours silencieux de la voleuse.


NB : J'ai fais Karol et Patty ensemble vu qu'ils y vont souvent tous les deux et que j'avais moins de choses à caser les concernant.

Auteur vs persos :

Asahi : Je suis le seul à avoir remarqué que jamais la profession d'Orieul n'est mentionnée ?

Salomé : Il vaut mieux qu'elle ne le soit pas, crois-moi…

Kaleiya : En même temps, vu ses compétences, peut-elle vraiment faire un travail honnête et en toute légalité ?

Asahi : … Certainement pas.

Kaleiya : Donc officiellement, de bonnes chances qu'elle soit au chômage.

Asahi : Et officieusement… (regard suspect vers Salomé)

Salomé : Si tu as des preuves, montre-les-moi et on en discutera.

Asahi & Kaleiya : On sait déjà que ça va finir en non-lieu de toute façon…

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 Disclaimer : Tales of Vesperia ne m'appartient pas

Titre : Qui aime bien châtie bien

Auteur/Cerveau diabolique : Kaleiya Hitsumei

Beta/Complice/Partenaire de crime : Eliandre

Rating : K+

Genre : Humour, Friendship, Romance

Résumé: Judith observe, amusée, Yuri et Sodia qui se disputent et suggère à Flynn un stratagème pour améliorer leur relation.


« Pour la dernière fois Lowell, cesse de te servir dans les cuisines à chaque fois que tu viens ici ! »

« D'une, je ne vois pas pourquoi je suis le seul à m'en prendre plein la tronche et de deux, tu penses vraiment qu'un misérable petit pain au lait va manquer à quelqu'un ? »

Flynn se massa les tempes face à cette énième dispute entre Yuri et Sodia. Aujourd'hui, c'était elle qui l'avait attaqué, ayant pris sur le fait l'épéiste sortir des cuisines avec son butin dont il venait juste d'avaler une bouchée. Il n'était pas le seul à le faire – et honnêtement, par rapport à Raven qui ciblait quasiment toujours les bouteilles de spiritueux, il était plutôt raisonnable – mais à chaque fois, c'était lui qui se faisait crier dessus par la rouquine… ce que le Commandant n'avait plus trop tenté d'arrêter depuis qu'il avait réalisé que ces deux-là se cherchaient toujours mutuellement.

A côté de lui, Judith semblait plutôt amusée par cette scène.

« C'est drôle de voir comment ils communiquent ensemble. » fit-elle avec un sourire. « Un peu dommage qu'ils n'arrivent qu'à exposer le pire de l'autre. »

« J'avoue que je ne sais pas quoi faire pour qu'ils se parlent sans chercher en permanence le conflit. » soupira le Commandant avec dépit. « Je peux toujours user de mon autorité sur Sodia mais pour Yuri… »

« On ne peut pas les contraindre à passer du temps ensemble… Quoique… »

La krytienne réfléchit quelque secondes avant de se tourner vers lui, l'air très satisfaite.

« S'ils doivent travailler ensemble, il leur faudra bien coopérer. » lui exposa-t-elle avec un sourire espiègle. « Un travail conjoint avec l'Empire ne serait pas anormal après tout vu que l'Empereur Ioder veut améliorer les relations avec les Guildes. »

« Ce serait leur forcer la main et je ne suis pas persuadé que son Altesse approuve que l'on se serve de son nom juste pour que deux personnes fassent des efforts entre elles. » déclara Flynn, n'approuvant pas vraiment l'idée de faire cela à deux personnes dont il était proche.

« Oh ? Je serais curieuse de connaître son avis réel mais sache que si tu acceptes… »

Elle se rapprocha de lui et se pencha vers son oreille.

« … Je ne dirai pas à une certaine personne où elle peut trouver la vingtaine de lettres que tu lui as écrite sans les lui envoyer. »

A cette phrase, le chevalier sentit le rouge lui monter aux joues avec violence et se dit qu'il ferait bien de ranger sa correspondance personnelle dans un endroit bien plus sûr – c'est-à-dire loin de son bureau et sous clé.

« D'accord, je marche. »

« Je savais que tu serais de mon avis ! »

Oui… Il ferait surtout n'importe quoi pour que ces lettres ne soient pas connues du public et, encore moins, de Lady Estellise envers qui il n'était pas encore prêt à avouer ses sentiments. Le voilà à présent contraint d'obéir à un odieux chantage…


NB : Pauvre Flynn… Il est mal barré là.

Auteur vs Persos :

Orieul : Mais… Elle a été promue ta beta ?

Kaleiya : Elle l'avait très bien remarqué oui.

Orieul : Attends, mais ça fait des années que je bosse avec toi et j'ai même pas eue d'augmentation !

Kaleiya : Honnêtement, tu augmenterais une personne qui se sert très souvent dans la caisse et dont il faut sans arrêt réparer les conneries parce qu'elle détruit des choses dans des bagarres et vole tout et n'importe quoi ?

Orieul : … J'avoue que…

Kaleiya : Et je suis persuadée qu'à ma place, Salomé t'aurait réduis ton salaire et rétrogradée au plus bas rang possible… J'aurais dû sortir cette menace plus tôt d'ailleurs car t'es bizarrement plus efficace quand tu bosses pour elle…

Belphégor : Globalement oui. Mais quand on regarde le détail, sa performance devient subitement excellente quand la boss la punit en lui donnant des boulots stupides…

Orieul (grogne) : Je vous emmerde tous les deux…

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 Note : Premier chapitre assez déroutant et qui est lié au chapitre 2 d'Aquarelle.

Chapitre 1 : Un monde curieux…

Des rires, le son d'une harpe et une odeur marine…

En ouvrant les yeux, Yuri vit trois visages féminins qui le regardaient avec beaucoup d'amusement.

« On dirait qu'il se réveille. » fit la première d'une voix un peu trop aigüe à son goût.

« Rho… Mais on avait à peine commencé ! » répliqua la seconde en tournant la tête vers sa camarade, faisant tournoyer les boucles blondes qui encadraient son visage.

« Ce n'est pas grave, regardez ! Le jeune prince est arrivé ! » lança la dernière en tournant ses yeux verts sur le côté, un sourire joyeux sur les lèvres.

Il les vit s'éloigner rapidement, pouvant ainsi constater qu'elles portaient toutes trois des tenues légères et colorées… et qu'elles avaient des écailles de poisson sur les jambes ? Qu'est-ce que c'était que ça ? Une nouvelle mode ? C'est à ce moment qu'il prêta plus d'attention à l'environnement dans lequel il se trouvait, ne reconnaissant absolument rien autour de lui.

Entre le sol en marbre blanc, les colonnes intégralement recouvertes de coquillages, le plafond qui donnait l'étrange impression d'être uniquement fait d'eau, le gigantesque bassin au milieu duquel trônait une statue en pierre blanche représentant une femme jouant de la harpe, trois énormes coquillages ouverts à l'intérieur desquels il pouvait voir plusieurs personnes qui se coiffaient entre elles… Mais il avait atterri où au juste ?

En passant une main dans ses cheveux, Yuri y trouva une résistance anormale et réalisa vite ce que ces trois filles faisaient : elles s'étaient très certainement amusées avec sa chevelure et, en regardant une de ses mèches de plus près, il découvrit qu'il avait eu droit à des tresses, ce qui n'était pas du tout de son goût. Il s'empressa de commencer à les défaire tout en observant les personnes qui se trouvaient dans ce lieu et qui… hein ?

Il dut cligner plusieurs fois des yeux pour s'assurer qu'il avait bien vu et, quand il vit cette queue de poisson de couleur mauve sortir de l'eau puis y replonger aussitôt, il comprit que ce n'était pas son imagination : les jambes de cette fille, une fois qu'elle eut plongé dans l'eau, étaient devenues cette queue de poisson et, de par l'absence de réaction ainsi que le fait que d'autres devenaient ainsi, il semblait que, pour les gens d'ici, ce phénomène était tout à fait normal.

En entendant que la mélodie à la harpe avait changé et qu'elle était accompagnée de sons qu'ils ne parvenait pas à identifier, il tourna la tête dans la direction en question et vit, « assis » sur ce qui ressemblait à divers récifs, quelques hommes et femmes poissons, l'un d'eux jouant de la harpe, d'autres soufflant dans d'énormes coquillages et les derniers semblant attendre, battant leur nageoire en rythme avec la musique. Puis le moment venu, ils entamèrent leur chanson…

Vive notre prince ! Longue vie à son altesse !

Sa simple présence nous emplit d'allégresse.

Vive notre prince ! Bonheur à son altesse !

Honorons le prince ondin et sa grande gentillesse !

Partageons notre joie en chantant !

Montrons notre bonheur en dansant !

La chanson n'était pas riche en paroles mais Yuri devait admettre que le spectacle était beau à voir et à entendre. Même ceux qui ne faisaient pas partis du groupe s'étaient mis à chanter et, étonnamment, ils formaient un chœur harmonieux, sans personne qui ne faisait de fausse note.

Alors qu'il écoutait pour la troisième fois ces même vers, le jeune homme eut la mauvaise surprise de sentir quelque chose le cogner brutalement dans le dos puis le pousser jusqu'à ce que son nez soit à presque moins de cinq centimètres du sol et qu'il se retrouve dans le noir total. A cet instant, il comprit qu'il devait se trouver dans un de ces énormes coquillages et que, trop occupé à regarder les alentours, il n'avait pas fait attention à l'endroit où il était installé, si bien qu'il était fort probable que quelqu'un ait trouvé très drôle de l'enfermer là-dedans.

« Hi hi hi ! Il a rien vu du tout ! » s'exclama une voix qui devait être celle d'un enfant.

« Rien du tout du tout ! » en rajoutant une autre au ton tout aussi juvénile.

« Ha ha ha… Maintenant que vous avez bien rit, vous pourriez me sortir de là peut-être ? » demanda Yuri qui n'avait pas trop envie de rester comme ça dans le noir et dans une position assez inconfortable.

« Hi hi hi ! Non ! »

« Non non non, tu ne sortiras pas ! »

Sales gosses… Puisque c'était comme ça il allait…

« Laissez-le sortir s'il vous plait. » fit une troisième voix d'enfant, celle d'un garçon.

« Mais prince… » répliqua le premier avec un ton suppliant.

« Il serait triste que deux jeunes sirènes me contraignent à les envoyer par le fond, non ? »

Suite à cette phrase, le coquillage s'ouvrit et Yuri revit enfin la lumière. En levant les yeux, il découvrit à quoi ressemblait ce « prince » qui l'avait aidé : des cheveux blonds vénitiens ébouriffés, un regard émeraude, une peau légèrement bronzée, les épaules recouvertes d'une cape en soie vert émeraude et des vêtements aux tons verts… A vue d'œil il devait avoir une dizaine d'années.

« Vous n'êtes pas des nôtres vous… » constata l'enfant aux yeux verts en fronçant le nez. « Je ne me souviens pas avoir vu un mercenaire vous ressemblant dans le royaume de l'eau. »

« Le royaume de l'eau ? » demanda-t-il, sans vraiment comprendre de quoi lui parlait ce gosse.

Le garçon aux cheveux blond vénitien le regarda d'abord avec étonnement puis avec curiosité, le détaillant de bas en haut.

« Se pourrait-il que vous ne veniez pas du même monde que nous ? » fit-il, pensif. « Ce serait bien la première fois que je vois ça dans les mondes oniriques. »

Yuri devait reconnaître que là, il était largué. Entre ces personnes avec une queue de poisson, cet étrange endroit et ce dont lui parlait celui que tous désignait comme étant leur prince ici, il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il se passait ici.

« Ecoutez, je ne pige rien du tout donc je vais sortir d'ici pour essayer d'en savoir plus par moi-même. » dit-il en se levant puis en se dirigeant vers ce qui lui semblait être la sortie.

« Hein ? Mais… » commença le jeune garçon avant de venir immédiatement lui emboîter le pas. « Vous n'avez même pas d'arme pour vous défendre face aux cauchemars ! »

Il allait répliquer en lui démontrant le contraire mais, à cet instant, le jeune homme réalisa que, effectivement, il n'avait pas son épée avec lui. Qu'est ce que ça signifiait au juste ?

« Attendez-moi un instant et je vous promets d'essayer de vous aider. » lui déclara le garçon d'un ton presque suppliant.

Hésitant quelques secondes, Yuri finit par acquiescer et, le sourire aux lèvres, le plus jeune se dirigea vers une statue de marbre blanc représentant une jeune femme jouant de la flute. Il prit un peu d'eau dans une petite fontaine située juste à côté et en jeta sur la statue. Au contact du liquide, l'apparence de la figure de pierre changea : sa chevelure prit une teinte vert clair et ses yeux devinrent vert émeraude. Puis, après cet étrange phénomène, elle pivota sur elle-même, révélant un compartiment secret dans lequel se trouvait une épée dont la lame légèrement bleutée avait des reflets verts.

Le jeune garçon prit l'arme puis revint vers lui.

« Tenez. » fit-il en lui offrant l'épée. « On est plutôt pacifiste ici donc on se sert assez peu de ce genre de choses, surtout à l'autel de l'eau. »

« Merci. » dit-il en prenant la lame en main, admirant les reflets singuliers qu'elle possédait.

« Oh et je ne me suis pas présenté. Prince Sheen mais vous pouvez juste m'appeler Sheen si vous préférez. »

« Yuri. »

Ils échangèrent une franche poignée de main après ces présentations.

« Donc, votre aide se résume en une simple épée ou bien il y avait plus de prévu ? » demanda Yuri avec un sourire en coin.

« Ha ha ! Disons que je comptais moi-même sortir d'ici et que vous risquez d'apprécier ma présence. » lui répondit Sheen tout en se remettant à marcher vers la sortie, le brun le suivant de près. « J'ai un rendez-vous avec une connaissance et il est possible qu'elle ait quelques idées. »

« Du genre ? »

« Disons que je la pense plus apte que moi à savoir vers où vous diriger. De plus, il y a toujours la possibilité de poser la question à ceux de l'autel de la terre en dernier recours… »

Pendant un instant, Yuri vit un léger tremblement saisir le jeune garçon. Quelque chose devait lui faire peur et il était possible qu'il découvre ce que c'était une fois arrivé à destination.

A un moment donné, ils stoppèrent leur avancée, se retrouvant nez à nez avec un mur d'eau qui, pour une raison obscure, restait en place. Derrière, le sol en marbre blanc laissait place à un escalier du même matériau qui montait… vers la surface ?

A sa grande surprise, Sheen fit deux pas en avant, passant de l'autre côté du mur liquide, et son apparence se modifia : ses cheveux prirent une teinte verte et de fines écailles vert clair étaient présentes au niveau de ses mains et de ses pieds. Qu'est-ce que c'était que ça encore ?

Le jeune garçon lui fit signe d'avancer et, après une courte hésitation, Yuri s'exécuta. Etonnamment, l'eau semblait reculer au fur et à mesure qu'il progressait, son guide nageant devant lui. En regardant autour de lui, il réalisa que le liquide reprenait sa place derrière lui, comme s'il avait attendu qu'il se soit suffisamment éloigné pour cela. C'était comme s'il était dans une bulle d'air.

A un moment donné, l'eau se trouvant au dessus de sa tête disparue, lui faisant ainsi comprendre qu'ils étaient proches de la surface. Il n'eut qu'a monter les dernières marches de marbre blanc pour découvrir qu'il était arrivé sur une sorte de plage de sable fin comme il en avait déjà vues à Terca Lumireis… ou presque si l'on prenait en compte les palmiers aux feuilles turquoise qu'il pouvait voir ainsi que la route pavée de pierres jaunes qui traversait une prairie aux teintes roses. En levant la tête, il s'aperçut que le ciel était mauve et que les quelques rares nuages présents évoquaient énormément de la barbe à papa à ses yeux.

« Qu'est-ce que c'est que cet endroit ? On se croirait dans un… » commença Yuri sans cacher son incompréhension.

« Dans un rêve. » termina Sheen à sa place tandis qu'il reprenait son apparence humaine. « C'est exactement ça. Vous êtes dans les mondes oniriques. »

« Je suis… en train de rêver ? C'est une blague ? »

« Oui et non en réalité. C'est par le biais de vos songes que vous êtes entré dans ce monde, très certainement en utilisant une des clés qui en déverrouille l'accès. »

« Une clé ? Quelle clé ? »

A cette question, le jeune prince eut l'air stupéfait. Qu'avait-il dit d'étrange ?

« Vous ne vous souvenez pas d'en avoir touché une ? » fit-il, ses yeux verts ronds comme des soucoupes. « Une clé en argent avec un anneau en forme de papillon, ça ne vous dit rien ? »

« Absolument pas. »

Yuri état certain qu'il se serait souvenu d'avoir vu un objet aussi insolite, surtout que la dernière chose dont il se rappelait était que Flynn avait tenté de l'empêcher de tomber…

« Bizarre ça… » dit Sheen en croisant les bras, visiblement en train de réfléchir. « Je ne connais que cette méthode pour avoir accès à ce monde mais il se peut que vous en ayez utilisé une autre qui m'est inconnue. Je me demande si elle en sait plus que moi sur le sujet… »

A cet instant, le jeune garçon se dirigea vers la route, son aîné suivant ses pas, et regarda de tous les côtés. Ses yeux verts se fixèrent sur un petit panneau indiquant deux directions opposées qui était caché par un énorme buisson aux feuilles bleues et aux fleurs blanches. En l'observant, Yuri vit que seuls des symboles servaient d'indications : le chemin partant à gauche était désigné par un serpent et celui allant à droite par une tête de mort.

« Chouette ! » s'exclama Sheen avant de partir à gauche. « Cette fois-ci, on est pas loin. »

« Et on va où au juste ? » demanda l'épéiste, souhaitant être éclairé sur la signification de ces symboles.

« A l'autel de la terre. Les routes changent très souvent dans ce monde donc quand on ne connait pas le signe associé à chaque endroit, c'est facile de se perdre. »

« J'en conclus donc que le serpent correspond à là où l'on va. »

« Exact. Pour l'autel de l'eau, c'est un poisson et, concernant la tête de mort, c'est le cimetière de la lune rouge qui est accolé à ce qui équivaut à l'autel du temps. »

« Il y a un cimetière ici ? Etonnant. »

« Quand on sait qui le fréquente, ce n'est pas si surprenant en fait… »

A cette phrase, Yuri crut voir un frisson parcourir l'échine de son guide. Quoiqu'il pouvait y avoir à cet endroit, cela ne lui plaisait visiblement pas.

A un moment donné, la prairie aux teintes roses laissa place à une étendue de sable ainsi qu'à une odeur alcoolisée. La végétation se résumait à d'immenses arbres aux feuilles cuivrées qui ressemblaient fortement à des figuiers. Dans les branches de ceux-ci, en plus des fruits aux teintes argent, il y avait de nombreux serpents de toutes sortes qui semblaient y dormir. Plus loin, il y avait deux petits obélisques de granit encadrant ce qui ressemblait fortement à l'entrée d'un tombeau. A leurs pieds se trouvaient deux statues représentant des vipères. Enfin, devant l'une d'elle, il y avait une fille à la peau mate et aux cheveux d'une incroyable blancheur qui était occupée à compter une série de bouteilles en céramique.

« Orieul ! » appela Sheen.

La dénommée Orieul leva ses yeux sombres vers eux puis, après avoir épousseté son short en lin beige et son haut kaki, vint vite les rejoindre, courant pieds nus sur le sable.

« T'es en avance Sheen ! » s'étonna-t-elle en regardant tour à tour son ami et Yuri. « Et c'est qui lui ? »

« Yuri. Il était à l'autel de l'eau quand je suis arrivé. » le présenta celui aux yeux émeraude en le désignant d'un geste de la main.

« Yo. » fit le jeune homme en saluant celle à la peau mate qu'il estimait être du même âge que son guide bien qu'un peu plus grande en taille.

« Il ne se souvient pas avoir eu une clé pour entrer ici. Tu ne saurais pas des fois s'il n'y aurait pas un autre moyen pour ouvrir les mondes oniriques ? »

« Moi non. » répondit-elle avant de regarder l'entrée de ce qui ressemblait à un tombeau. « Mais elles, ça se pourrait. Par contre, elles ne lui répondront pas gratuitement. »

Après cette remarque, Orieul vint se planter devant lui, les bras croisés sur sa poitrine et ses yeux sombres fixés dans les siens. Puis elle lui fit un sourire qu'il reconnut aisément : celui des petites pestes qui aimaient bien jouer avec les nerfs des adultes.

« Elles aiment les figues donc je pense que si tu en cueilles une toi-même, elles apprécieront le geste et se montreront généreuses. Mais si tu as peur des serpents… » fit-elle sur un ton de défi.

« Aucun problème. » répliqua-t-il en lui rendant son sourire.

Façon de parler… Il avait déjà grimpé à plusieurs arbres dans sa jeunesse mais jamais dans des qui étaient infestés de reptiles ! Il risquait d'avoir des difficultés à ne pas en blesser un accidentellement ou à ne pas se faire mordre…

Repérant un arbre à proximité et un peu moins haut que les autres, Yuri commença son ascension, veillant soigneusement à ne pas poser ses mains ou ses pieds sur quoique ce soit possédant des écailles. Il se hissa sur une branche, attirant sur lui l'attention des serpents les plus proches, et chercha du regard le fruit le plus près de lui… avant de s'apercevoir que celui-ci était farouchement gardé par une vipère aux écailles sombres qui n'avait visiblement aucune envie de le lui céder. Il jeta donc son dévolu sur une autre figue, se penchant le plus possible pour l'attraper.

Une fois en main, il eut à peine le temps de se réjouir de sa réussite qu'il glissa et atterrit brusquement sur le sol, son dos heurtant le sol et ses cheveux s'éparpillant dans le sable. Un rire enjoué parvint à ses oreilles suivi d'un autre, plus discret.

« HA HA HA ! » rit Orieul à gorge déployée. « C'était une belle chute ça ! »

Il se releva en grommelant, secouant sa longue chevelure brune en constatant qu'elle était pleine de sable. Par contre, il était plutôt satisfait d'avoir attrapé ce fruit argent… que cette petite peste aux cheveux blancs s'empressa de lui dérober.

« Merci ! » lui fit-elle avec un sourire narquois qui s'atténua rapidement. « Je vais leur donner cette offrande en ton nom. »

Sur cette phrase, elle se dirigea vers ce qui ressemblait à un tombeau et y entra, descendant les marches puis disparaissant dans les ténèbres. Tandis qu'il se relevait, Sheen vint le rejoindre, ses yeux verts fixés sur l'endroit où son amie avait disparue.

« Les lamias sont probablement de bonne humeur actuellement donc elles devraient nous aider un peu… » murmura le jeune garçon.

« Lamias ? » demanda le jeune homme, entendant encore un mot qui lui était inconnu. « Qu'est-ce que c'est au juste ? »

« Elles ne vivent pas dans mon pays donc je ne sais pas grand-chose sur elles exceptés que ceux de l'empire de la terre leur font régulièrement des offrandes et que les membres de la famille impériale seraient liés à elles par le sang. Je ne sais pas du tout à quoi elles ressemblent. »

Une série de sifflements se firent entendre au bout de quelques secondes. Yuri regarda les serpents situés dans les arbres mais il s'aperçut bien vite que ceux qui s'étaient réveillés durant son ascension s'étaient rendormis et qu'ils étaient parfaitement silencieux. Il reporta ensuite son attention sur le tombeau et fit deux pas dans sa direction avant que Sheen ne l'arrête en le retenant par le bras.

A cet instant, le jeune homme comprit que ces sons venaient de là-bas et, en tendant l'oreille il réalisa que c'était en réalité des voix particulièrement sifflantes.

« Notre chère enfant… » fit l'une d'elle. « Quelle est donc ta demande ? »

Il ne perçut pas clairement ce qu'était en train de leur dire la petite fille, le son de ses paroles étant masqué par les sifflements de ses interlocuteurs… ou plutôt interlocutrices car il avait l'impression que c'était des femmes.

« Intéressant… » répondit de nouveau l'une de ces voix sifflantes. « Laisse-nous donc l'éclairer chère enfant… »

Le silence se fit après cette phrase. Yuri garda ses yeux fixés sur l'entrée du tombeau et, à un moment, il vit une silhouette qui semblait recroquevillée sur elle-même, cachée sous une cape sombre élimée et qui aurait pu être celle d'une personne âgée au dos voûté si elle avait été un peu moins haute. Elle se stoppa en haut des marches puis, à peine une seconde plus tard, elle fut rejointe par Orieul, cette dernière tenant une fiole en céramique entre ses mains.

« Un jeune loup égaré et un petit poisson… » fit la silhouette dont la voix sifflante paraissait être celle d'une femme. « Approchez un peu… »

Les garçons s'exécutèrent puis s'arrêtèrent une fois qu'ils ne furent plus qu'à un mètre de leurs interlocutrices. A ce moment, le jeune homme s'aperçut que non seulement cette étrange femme, bien que se tenant le dos voûté, devait être en réalité plus grande que lui mais, qu'en plus, il ne voyait absolument pas ses pieds ou ses mains, cette cape les masquant entièrement. D'ailleurs, il trouvait anormal qu'elle n'ait pas marché sur le bas de ce vêtement vu sa longueur.

« Les mondes oniriques ne sont pas comme les autres… » poursuivit la femme. « Ceux qui n'en ont pas ouvert la porte via l'une des clés sont souvent de ceux qui ont plongé dans un profond sommeil… Est-ce ton cas jeune loup ? »

« Je me rappelle avoir perdu connaissance après avoir été blessé. » répondit Yuri, cherchant à se remémorer ce qu'il avait vécu dans la grotte.

« Il serait donc dans le coma ? » demanda Sheen, curieux.

« Ou mort… »

Vu quelles étaient les dernières choses dont il se souvenait et si l'endroit où il était tombé était bien celui auquel il pensait, la possibilité qu'il ait perdu la vie était élevée.

« Les morts ne peuvent plus rêver… » coupa fermement celle à la voix sifflante. « Par contre, es-tu seulement de notre monde jeune loup… Car si ce n'est pas le cas, nos réponses risquent fort d'être erronées…. »

Là, Yuri fut légèrement surpris. Il se souvenait avoir vaguement montré à Sheen son incompréhension sur ce qui l'entourait mais pas à son amie aux cheveux couleur de neige. Cette dernière semblait même agréablement surprise.

« Alors ces histoires de chasse au trésor à travers l'univers seraient vraies ? » se demanda-t-elle, une étincelle s'allumant soudainement dans son regard. « Ça me donne encore plus envie d'accompagner cette madame Kingdom dans ses voyages ! Mon père m'avait raconté la fois où ils… »

« Ne me dis pas que tu admires cette folle furieuse qui t'avait servi de garde du corps une fois ? » l'interrompit son ami, l'air estomaqué par ce qu'il venait d'entendre. « Tu réalises quand même qu'elle aurait pu tuer ce type qui a essayé de te toucher si elle l'avait vraiment voulu ? »

Une chasse au trésor à travers l'univers ? S'il avait bien compris, cette personne dont la fillette parlait voyageait de monde en monde…

« Cette femme serait capable de me dire exactement comment j'ai atterri ici à tout hasard ? » demanda Yuri, se disant qu'il avait peut-être une nouvelle piste.

« Tu ne la verras pas dans les mondes oniriques… » répondit sèchement la femme à la voix sifflante. « Par contre, il nous semble qu'elle a quelques accointances avec ces créatures aux cris stridents… »

« Les harpies ! » s'exclamèrent avec surprise les deux plus jeunes.

« Tout le monde raconte des histoires horribles sur elles ! » fit Orieul avec une grimace. « Certains disent même qu'elles mangeraient les entrailles des hommes avec qui elles se sont accouplées ! »

« Ça c'est un mensonge. » démentit immédiatement Sheen. « Par contre, elles et les sirènes se détestent et quand elles se croisent, tu le sais tout de suite. Après, j'avoue n'avoir jamais tenté d'en approcher une mais il me semble qu'elles aiment les hauteurs…»

« En résumé, si je trouve une harpie, je pourrais peut-être avoir la réponse que j'attends. » synthétisa Yuri tout en se posant une question : à quoi ces créatures pouvaient bien ressembler ?

« Possible… » fit celle à la voix sifflante. « Mais rien n'est sûr… Il faudrait te rendre à l'autel de l'air pour le savoir… »

Nouvelle promenade en perspective donc. Il ne lui restait donc plus qu'à savoir quel était le symbole correspondant mais s'il suivait la logique de cet endroit, le signe était en rapport avec le lieu où il souhaitait se rendre.

« Si c'est comme chez nous, il est surement abandonné de tous dans un coin paumé… » déclara Orieul avec un soupir de dépit. « Il n'existe même plus du tout si ça se trouve. »

« Non, je ne crois pas. » contredit Sheen, l'air pensif. « Je me souviens avoir vu un oiseau une fois sur les panneaux donc ça doit probablement lui correspondre. »

« Probablement ? » demanda Yuri en haussant un sourcil face à cette déclaration qui en disait assez long à elle toute seule.

« Ce qu'il veut dire c'est qu'on ne connaît que certains symboles. » expliqua la fillette aux cheveux immaculés. « Quand on ne sait pas à quel lieu un panneau correspond, nous n'y allons pas, surtout si cet endroit est potentiellement lié à un pays ou à un peuple qui peut s'en prendre à nous. »

« Par exemple, le pays d'Orieul a de très mauvaises relations avec celui lié à l'autel du feu. » compléta le jeune garçon aux cheveux blonds vénitiens. « Mais on peut vous aider à trouver les harpies si vous le désirez. »

« Non, ça ira. » fit le jeune homme à la longue chevelure sombre.

Maintenant qu'il comprenait un peu la logique de ces mondes oniriques, il devrait pouvoir se débrouiller seul…

*§*

Avant qu'il ne quitte l'autel de la terre, cette femme – une lamia de ce qu'il avait compris – lui avait remis la fiole en céramique en lui précisant que c'était un puissant contrepoison qui pourrait éventuellement lui être utile. Il sut ensuite par Sheen que les harpies étaient des êtres capables de voler et de rester prudents avec elles car ce n'étaient pas des créatures réputées pour être amicales au premier abord.

Une fois qu'il eut repris la route, il trouva assez facilement un panneau indiquant deux directions différentes mais, en voyant les symboles, il constata que les chemins avaient dû changer : à gauche était indiqué ce que le jeune garçon avait désigné comme un cimetière et le signe correspondant à ce qui se trouvait au bout de la route devant lui ressemblait en tous points à un chat.

Il avait donc le choix entre un endroit qui était manifestement à éviter et un autre dont il ne savait strictement rien. Il opta donc pour ce dernier, prêt à changer de route à la première occasion.

Pendant sa marche, il vit le paysage autour de lui changer, le sable laissant sa place à la prairie aux teintes rosées puis à de multiples fleurs colorées. Il passa au dessus d'une petite rivière aux tons turquoise avant d'entrer dans ce qui ressemblait fortement à un rideau de brume orangé dont il ressortit au bout de quelques secondes… pour découvrir, à une trentaine de mètres plus loin, une haute tour cylindrique qui semblait avoir été taillée dans du cristal. Entre lui et elle, il y avait un portail ainsi qu'une clôture en or massif puis, juste en face, un croisement entre différents chemins des mondes oniriques.

En se rapprochant, il trouva le panneau à côté d'un arbre aux feuilles d'or et à l'écorce de bronze mais celui-ci semblait avait été cassé, une des directions ayant l'air d'avoir été arrachée. C'est en tournant la tête vers un buisson de couleur argent qu'il trouva le morceau manquant… en partie coincé sous le corps d'une jeune femme dont la longue robe bleu pastel avait une grosse tache rouge sombre sur le flanc...

Sans réfléchir plus longtemps, Yuri se précipita à se côtés puis dégagea les longues mèches châtains qui cachaient en partie son visage, posant ensuite sa main au niveau de sa nuque.

« Vous m'entendez ? » tenta-t-il en constatant qu'elle avait un pouls.

Aucune réponse. Il reporta son attention sur la tache rouge au niveau de son flanc droit et, en s'excusant par avance, déchira le tissu pour s'apercevoir qu'elle était effectivement blessée mais que la plaie était assez… étrange. Elle ne saignait pas abondamment et semblait même avoir cicatrisé par endroits mais, ce qui l'interpella, c'était les vaisseaux sanguins autour de sa blessure qui prenaient progressivement une teinte sombre, lui rappelant l'effet de certains poisons des monstres qu'il avait pu affronter.

N'ayant rien à perdre, il prit la fiole en céramique qu'il avait reçue un peu plus tôt et la déboucha, son nez étant immédiatement agressé par la forte odeur d'alcool qui s'échappa du petit récipient. Il en versa quelques gouttes sur la plaie puis, avec un certain soulagement, observa attentivement les veines gorgées de poison reprendre peu à peu une couleur normale.

Par contre, la jeune femme était toujours inconsciente et, fait curieux qu'il n'avait pas noté au départ, son bras gauche était entièrement bandé, ne laissant point entrevoir le moindre centimètre de peau.

« Il me semblait bien avoir entendu un beau vacarme un peu plus tôt. »

Au son de cette voix de femme, il tourna la tête pour s'apercevoir que le portail doré était à présent grand ouvert mais, étrangement, il ne vit personne. Yuri crut l'avoir imaginée quand une silhouette blanche et éclatante fit brusquement son apparition, l'aveuglant au point qu'il dut protéger ses yeux de son bras.

« Tu devrais l'emmener dans ma tour. Elle y sera à l'abri des cauchemars le temps qu'elle récupère. »

Cette voix était aussi douce que celle d'Estelle mais pouvait-il vraiment lui faire confiance ? Il devait cependant reconnaître qu'il ne pouvait pas laisser cette fille ici…

« Qu'est-ce qui me garantit qu'elle y sera en sécurité ? » demanda-t-il de but en blanc, toujours en partie aveuglé par cette forte lumière.

« Oh mais je ne te faisais pas une suggestion. »

A cette simple phrase, un puissant flash lumineux se fit avant qu'il ne sombre dans le noir total…


NB : Les habitués de mes délires de fin et ceux lisant Salon de thé ont dû reconnaître des noms… Pas forcément une bonne nouvelle pour Yuri vous me direz vu les personnages.

Auteur vs Persos :

Asahi : … Il est pas arrivé là où je pense des fois ?

Kaleiya : Possible.

Asahi : … J'ignore quoi penser vu que ça peut vite se retourner contre moi…

Kaleiya : Tu sais, je ne suis pas mieux…

kaleiyahitsumei: (Default)
 Disclaimer : Tales of Vesperia ne m'appartient pas. Par contre, le reste m'appartient.

Auteur : Kaleiya Hitsumei

Beta : Eliandre

Titre : Songes éternels

Rating : T (par précaution)

Genre : Mystery

Note : En parallèle d'Aquarelle. Elle raconte ce qu'il est arrivé à Yuri après sa chute dans l'aer krene. De plus, les personnages y apparaissant évoluent dans leur propre univers en quelque sorte donc on peut dire que c'est une sorte de crossover.


Prélude

« Promets-moi que tu reviendras bientôt ! »

Il n'aimait pas vraiment ne pas tenir ses promesses mais là, vu comment le combat tournait, quelque chose lui disait qu'il ne reverrait plus Sasha ou, du moins, pas avant que son heure n'ait sonnée. Ils étaient tombés dans une embuscade et, s'il ne faisait rien, Flynn allait se faire tuer par un de ces types.

Merde.

« Si tu oses me dire que ce mariage te convient, je te jure que je vais te tuer cette fois ! »

Rita l'avait bien cerné à la longue. Autant l'un que l'autre, ils s'étaient répétés que les fiançailles de Flynn et d'Estelle étaient une bonne chose mais aucun d'eux n'avait vraiment accepté cette union à venir, aussi bénéfique qu'elle pouvait l'être pour l'Empire. Rien ne pourrait plus être pareil et leurs illusions seraient perdues…

A tout jamais.

« Tu devrais être fier de tes origines tu sais. »

Thomas Foehn… Bien qu'il soit un ami de sa sœur et qu'il s'occupait d'elle avec une grande attention, quelque chose chez lui ne lui avait pas plu. Pourtant, rien dans son attitude ou son langage ne lui indiquait que cet homme était un ennemi potentiel. Mais malgré tout, son instinct s'acharnait à lui dire qu'il devait s'en méfier. Il s'était demandé un instant si ce n'était pas le fait qu'il lui parle si souvent de cet homme qui lui disait d'être sur ses gardes. Cependant, d'autres que le jeune homme aux yeux acier vantaient les exploits de cet individu à un point qu'il en avait mal au cœur. Seule Sacha évitait le sujet car elle ne souhaitait pas le contrarier et lui ne voulait pas lui faire du mal en tachant certains de ses souvenirs les plus précieux.

Mais peu importe, jamais il ne pourrait accepter que cet homme et lui étaient du même sang.

« Il y a encore du travail mais bientôt, notre rêve deviendra réalité. »

Oui Flynn. Même si beaucoup de personnes leur mettaient des bâtons dans les roues, petit à petit, les lois injustes étaient remplacées par des plus équitables et les moins privilégiés pouvaient faire entendre leurs voix aux oreilles de l'empereur.

Mais Yuri avait vite compris que, à partir de maintenant, son meilleur ami allait devoir se passer de lui…

Quand il s'était interposé entre Flynn et cette épée, recevant de plein fouet le coup qui était destiné au jeune Commandant, la douleur avait été intense au point qu'il eut du mal à rester conscient. Pendant un instant, au moment où il se sentit tomber, il crut que ses jambes n'étaient plus capables de le porter mais, en réalité, c'était le sol qui s'était dérobé sous ses pieds.

Avant de sombrer, la dernière chose qu'il vit était cette main qui avait tenté d'attraper la sienne…


NB : Très court, je sais. A l'origine, je pensais le faire plus long mais l'idée a changé quand j'ai rallongé ce que j'avais prévu de mettre avec.

Auteur vs persos :

Asahi : … Où sont passés les autres ?

Kaleiya : Ils sont occupés pour un bon moment.

Asahi : On est seuls donc ?

Kaleiya : Jusqu'à ce que ceux qui ont du temps libre viennent le passer ici. Pourquoi ?

Asahi : Parce que j'aimerais beaucoup faire une partie d'Uno et je sais que tu en as un.

kaleiyahitsumei: (Default)
 Note : Bien bien bien… Il est temps à présent de découvrir ce qu'il est advenu de notre chevalier préféré. Bonne lecture !

Chapitre 1 : L'arbre qui cache la forêt…

Quand il ouvrit les yeux, la première chose que réalisa Flynn était, en voyant le plafond de bois, qu'il n'était très certainement pas dans sa chambre. La seconde fut le mal de tête carabiné qui le fit grogner à l'instant où ses iris azur rencontrèrent la lumière du soleil. Il referma ses paupières puis se mit à réfléchir, cherchant à rassembler ses souvenirs pour comprendre où il était et pourquoi il avait une telle migraine.

Les dernières images de sa mémoire étaient la tombe de Yuri à l'aer krene au sud de Zaphias, ce mystérieux assassin avec ses deux épées courtes qui l'avait attaqué, leurs assaillants invisibles et cette lumière…

Il eut beau chercher plus loin, c'était le trou noir. Cette femme étrange l'avait-elle emmené quelque part ? Cela n'expliquait pas son mal de tête…

Il retenta d'ouvrir les yeux, constatant avec soulagement que la lumière le faisait moins souffrir, puis s'attela à se mettre dans une position assise, ce qui s'avéra un peu moins facile que prévu en réalisant qu'il avait mal un peu partout. Une fois parvenu à son but, il balaya la pièce du regard.

A première vue, il n'y avait rien d'extraordinaire : un lit confortable assez grand pour deux personnes et aux draps blancs recouverts d'une couverture épaisse en laine composée de carreaux colorés, une table de nuit en bois basique sur laquelle se trouvait une lampe à huile, une énorme malle recouverte de cuir sombre et contenant très certainement des vêtements, un grand miroir et une chaise sur laquelle étaient posés des vêtements qui étaient très certainement les siens – en s'observant rapidement, il s'aperçut vite qu'on avait dû le déshabiller puis le rhabiller avec un pyjama bleu pastel. Par contre, il ne voyait pas son épée et son bouclier.

Ce qui sortait de l'ordinaire, c'était ce chevalet sur lequel se trouvait une toile dont il ne pouvait voir ce qui se trouvait dessus, les deux objets n'étant pas placés de façon à ce qu'il puisse savoir cela dans sa position actuelle et le premier étant recouvert d'un tissu beige. Le tabouret qui se trouvait en face lui suggérait que quelqu'un s'était installé ici un petit moment.

Flynn se leva avec précaution, grimaçant légèrement en sortant ses jambes de sous les draps, et se dirigea vers la porte en se tenant contre le mur. Il l'ouvrit, découvrant ainsi qu'il devait être à l'étage d'une maison puis commença à s'avancer vers l'escalier.

Lorsqu'il passa près de la porte entrouverte de ce qui devait être une deuxième chambre, il jeta d'abord un premier coup d'œil rapidement mais, alors qu'il entamait un pas pour poursuivre sa route, il revint en arrière et, cette fois-ci, observa plus attentivement l'intérieur de cette pièce afin d'être certain de ce qu'il avait cru voir.

Oui, il n'avait pas rêvé. Sur le pan de mur qu'il pouvait voir par l'entrebâillement était accroché un portrait, probablement fait au pastel, d'une personne qu'il n'aurait jamais pensé voir ainsi, la dernière fois qu'il avait été dessiné – même Ted aurait fait mieux – étant pour un avis de recherche vieux de cinq ans.

Qui avait réalisé ce portrait si réaliste de Yuri ?

Son intérêt fortement piqué, Flynn entra dans la pièce qui, contrairement à la chambre dans laquelle il s'était réveillé, était un peu plus meublée – il y avait une belle armoire en bois clair et une coiffeuse qui étaient difficiles à manquer – et décorée de différents dessins. Parmi les œuvres les plus frappantes, excepté le portrait de feu son meilleur ami, il y avait une peinture de Repede qui semblait hurler à la lune, une autre d'un jeune homme aux cheveux châtains qui était manifestement en train de faire des exercices de musculation et un dessin à l'encre représentant à nouveau Yuri mais dans une position plutôt… sensuelle vu la façon dont il était allongé sur ce qui devait être des draps.

En observant un peu plus l'endroit, le jeune homme s'aperçut que le lit en dessous de la fenêtre était occupé mais impossible de voir qui était en train d'y dormir, cette mystérieuse personne s'étant cachée sous la couverture de laine mauve. Cependant, s'il se fiait à la robe bleu canard qui était posée sur la chaise, cette chambre appartenait à une femme.

Devait-il la réveiller pour en savoir plus ? Il hésitait, surtout en ignorant ce qu'elle portait actuellement – les convenances voulaient d'ailleurs qu'un homme ne voit pas la chambre d'une femme s'ils n'étaient pas de la même famille ou mariés – mais s'il voulait connaître sa situation réelle, c'était peut-être la meilleure solution.

Le son d'une porte qui s'ouvrait à l'étage du dessous attira son attention, signifiant probablement qu'une deuxième personne y vivait et qu'elle venait soit de rentrer, soit de sortir. Il quitta donc la pièce dans laquelle il était et se dirigea vers l'escalier, percevant le bruit de la porte ayant été fermée suivi de pas, signalant donc que la personne était entrée dans la maison. Il descendit donc les marches pour se retrouver dans ce qui était une pièce commune composée d'une table en bois clair et de quatre chaises du même style, d'un autre chevalet où il lui était possible de voir qu'une toile représentant un paysage avait été commencée, de divers dessins décorant les murs, d'une lance posée sur le dessus de ce qui devait être un large buffet et de deux doubles portes, très certainement battantes, qui possédaient un large espace ouvert en haut et un plus petit vers le bas, lui permettant ainsi de voir que derrière devait se trouver la cuisine et que quelqu'un était à l'intérieur.

Flynn se rapprocha et heurta accidentellement une des chaises, attirant sur lui l'attention du jeune homme aux cheveux châtains. Celui-ci sortit de la partie cuisine, lui permettant ainsi de constater que ce dernier était plus grand que lui, et le fixait de ses yeux acier avec intensité.

« Bien dormi ? » demanda-t-il de but en blanc.

« Heu… oui. » répondit le blond, un peu déstabilisé. « Où je suis au juste et qui êtes-vous ? »

« Vous êtes sur le continent de Yurzorea et vous pouvez m'appeler Thomas… Commandant Scifo. »

… Il était où ?

Comment avait-il pu atterrir aussi loin de Zaphias ? Combien de temps s'était-il écoulé ? Et pourquoi avait-il l'étrange impression que ce Thomas ne l'aimait pas beaucoup ?

Son interlocuteur avait visiblement perçu son étonnement d'apprendre le lieu où il se trouvait, le fixant à présent avec surprise.

« Vous ne vous en doutiez pas ? » demanda-t-il, intrigué. « Vous avez surement dû passer par-dessus bord… »

« Impossible. » coupa Flynn, le teint devenu livide. « La dernière chose dont je me souviens est que j'étais sur le continent d'Illycia. »

Se sentant soudainement fébrile, il fut contraint de s'asseoir sur l'une des chaises de la pièce, se repassant dans sa tête tout ce dont il se souvenait avant son réveil.

Il voyait de nouveau Seconde Etoile enfoncée dans le sol, cette femme combattant avec deux lames courtes, leurs assaillants invisibles et… cette lumière. Après elle, il ne se rappelait plus de rien. C'était le vide total. C'était comme s'il s'était instantanément déplacé d'un point A à un point B sauf qu'il ignorait totalement combien de temps s'était écoulé.

Le cours de ses interrogations fut interrompu lorsque Thomas posa un verre d'eau en face de lui ainsi qu'une pomme bien rouge.

« Je vais expliquer aux autres que vous n'êtes pas un danger pendant que Sasha répondra à vos questions. » déclara celui aux cheveux châtains avant de regarder l'escalier et de hausser un peu la voix. « Et je sais que tu es debout donc pas la peine de te cacher ! »

Sasha ? La supposée jeune femme qui dormait dans la chambre où il avait vu ce portrait de Yuri ?

« T'es agaçant Thomas ! » s'exclama une voix féminine d'en haut.

Sur ces mots, des pas se firent entendre à l'étage du dessus puis, descendant les marches de bois, vint une jeune femme dont il ne vit d'abord que les chaussures en cuir marron ainsi que des collants en laine noire. Apparurent ensuite une jupe évasée s'arrêtant en haut du genou de couleur bleu roi un peu froissée puis un chemisier noir dans un état similaire. Enfin, quand il aperçut ce visage aux traits fins et si familiers encadré d'une longue chevelure sombre nouée en une queue de cheval sur le côté, Flynn crut pendant un instant qu'il voyait un fantôme.

Cette fille ressemblait énormément à Yuri ! Certes, ses yeux étaient plus clairs et sa carrure un peu plus fine mais côte à côte, il était certain que cette jeune femme aurait facilement pu passer pour la sœur de son meilleur ami tellement ils avaient de points communs au niveau physique.

« T'étais vraiment beaucoup plus agréable avant… » se plaignit la dénommée Sasha dont la moue contrariée rappelait étrangement à Flynn celle que faisait feu son meilleur ami dans son enfance quand quelque chose ne lui plaisait pas ou qu'il perdait à un de leurs jeux.

« Et avant tu ne passais pas ton temps à filer en douce et à risquer de te faire bouffer par un monstre tout ça parce que tu cherches un nouveau sujet de dessin. » répliqua Thomas avec fermeté avant de pointer ses cheveux de son index droit. « Ça va bientôt faire deux ans que j'ai des cheveux blancs à cause de toi et de ton attitude. »

« Je prends toujours un répulsif pour les éloigner et ça a toujours fonctionné ! Et puis tu crois que ça m'amuse de rester sagement ici à faire la potiche ? »

« Je te signale que je suis le seul à faire le ménage ici et vu le bazar que tu es capable de laisser derrière toi… »

Alors qu'il suivait cette dispute entre ses deux hôtes avec attention, Flynn se sentit soudainement mal et, juste après qu'un sifflement se fasse entendre dans ses oreilles et que sa vue se brouille, il perdit connaissance.

-§-

Quand ils avaient entendu ce grand bruit à côté d'eux, Sasha et Thomas avait vite stoppé leur querelle, s'apercevant ainsi que leur invité était écroulé au sol, inconscient. Ils l'avaient ramené dans la chambre et le jeune homme aux yeux acier était ensuite sorti, ayant pas mal de travail en perspective.

Pendant son absence, la jeune femme avait repris la place qu'elle occupait : assise sur son tabouret, face à son chevalet mais de sorte à pouvoir observer à loisir le blond. Ainsi, en plus de veiller sur lui, elle pouvait profiter de cette occasion d'avoir un nouveau sujet de dessin… surtout que celui-ci était très certainement celui qui lui avait fait le plus envie depuis environ quatre ans.

Flynn Scifo… Physiquement parlant, Yuri ne lui avait pas menti en le décrivant. Il était vraiment très beau à regarder, ce qui était surement dû à cette mâchoire si bien dessinée et qui rendait son visage très attrayant. Elle aurait eu une autre forme, cela n'aurait certainement pas été pareil.

En l'observant de plus près, Sasha avait pu constater qu'il était aussi très bien proportionné – elle n'avait pas pu vérifier si c'était le cas partout bien entendu, Thomas ne lui en ayant pas laissé l'occasion bien qu'elle ne l'aurait probablement pas saisie – avec un corps ni trop ni pas assez musclé, des épaules un peu carrées et, sur son torse, la présence de quelques poils blonds assez difficiles à distinguer au premier coup d'œil – à contrario, elle avait pu constater que Yuri était complètement imberbe, faisant qu'il aurait pu passer pour un peu plus jeune qu'il ne l'était en réalité s'il l'avait vraiment voulu.

Pour ce qui était du caractère, elle n'avait pas encore pu juger mais si ce que l'épéiste lui avait raconté de son vivant était vrai, tous deux pouvaient très bien s'entendre. Et puis la jeune femme adorerait entendre quelques anecdotes croustillantes sur le brun concernant son enfance…

Cela faisait plus de quatre ans que Sasha avait rencontré Yuri Lowell pour la première fois…

Yurzorea – environ quatre ans auparavant

Quand Thomas lui avait dit qu'il lui avait ramené une surprise de Dahngrest, la jeune femme s'était attendue à des pastels, des fusains, des craies ou tout autre outil permettant de dessiner que le jeune homme aux yeux acier lui ramenait souvent quand il allait à Yumanju ou jusqu'à la ville des guildes. Elle ne s'était absolument pas attendue à ce qu'un jeune homme qu'elle n'avait jamais rencontré entre dans sa chambre accompagné d'un chien borgne au pelage bleu et blanc. De par l'expression qu'elle avait pu lire sur son visage, il avait été aussi étonné qu'elle. Elle se serait volontiers levée de son lit pour aller le toucher pour ainsi savoir si elle ne rêvait pas mais ce jour-là, ses jambes ne la portaient pas, comme bien souvent d'ailleurs…

« Qu'est-ce que… » commença-t-il, son regard onyx la détaillant attentivement. « Non… Il a certainement pas menti… »

Elle aurait volontiers répliqué après ça mais une légère quinte de toux l'en empêcha. Qu'est-ce que c'était agaçant que cela arrive maintenant…

Quand elle cessa de tousser, elle constata que le jeune homme s'était approché d'elle et qu'il lui tendait le verre d'eau qui était présent sur sa table de chevet.

« Merci » lui dit-elle avant de boire une gorgée puis de le fixer intensément de ses yeux perle. « C'est un peu bizarre non ? »

« J'en ai vu d'autres mais je dois admettre que c'est étrange comme rencontre. » fit-il avec un sourire en coin tout en s'asseyant sur le bord du lit. Il tendit ensuite amicalement la mais vers elle « Yuri. »

« Sasha. » dit-elle avant de lui serrer chaleureusement la main. « Ravie de te connaître. »

« De même p'tite sœur. »

Yurzorea – Présent

Un soupir échappa à la jeune femme. Bien que cela fasse deux ans, elle n'arrivait toujours pas à se faire à l'idée que son frère, seul membre restant de sa famille, était décédé. Elle trouvait cela injuste qu'il soit mort alors qu'il avait encore la possibilité d'accomplir bien des choses…

En entendant bouger, Sasha quitta des yeux son dessin au pastel pour se tourner vers le lit. Elle constata ainsi que leur invité s'était réveillé et était en train de se mettre en position assise… ou du moins essayait vu les difficultés qu'il semblait avoir. Elle vint vite l'aider à conserver sa position assise en plaçant derrière son dos des coussins qu'elle avait pris dans sa chambre.

« Merci… » dit-il avant de s'appuyer sur les oreillers.

Il avait vraiment l'air épuisé. Elle se demandait ce qui avait pu lui arriver avant qu'elle ne le trouve sur la plage.

A cet instant, Sasha réalisa qu'il la fixait intensément de ses yeux azur au fond desquels elle pouvait lire de l'étonnement et une certaine incompréhension.

« Comment est-ce… » commença-t-il avant de s'interrompre, tournant la tête sur le côté. « Non, je dois me tromper. »

« Je ressemble à quelqu'un en particulier ? » demanda-t-elle avec un peu d'ironie, se doutant bien de ce qui pouvait perturber le jeune homme.

« Je dois dire que ou… Une minute. Comment est-ce que vous le savez ? »

Elle eut un léger rire en entendant cette question avant de le regarder avec un sourire en coin.

« Disons qu'il se peut que j'ai connu cette personne et que celle-ci m'ait longuement parlé d'un certain ami d'enfance. » déclara-t-elle avec une pointe de malice en se rappelant quelques anecdotes qu'elle avait pu entendre.

-§-

Depuis son réveil, Flynn avait beaucoup de questions en tête et elles étaient de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que le temps passait. Pendant un instant, la plus grande interrogation qu'il avait était comment il avait atterri à Yurzorea mais, après avoir vu Sasha, elle fut balayée par la forte ressemblance que la jeune femme avait avec Yuri.

Il ne tarda pas à obtenir quelques réponses sur ce dernier point ainsi que concernant ces dessins qu'il avait pu voir dans cette chambre.

Yuri et Sasha étaient frère et sœur, très certainement des jumeaux étant donné qu'elle avait le même âge que lui. Ils avaient fait connaissance huit mois après la destruction de l'Adephagos. Le dénommé Thomas avait vu le jeune homme aux longs cheveux bruns à une taverne de Dahngrest et, sous couvert d'un travail pour Brave Vesperia, lui avait demandé de l'escorter. Ce n'est qu'arrivé à ce fameux village qu'il lui avait révélé le pourquoi de ce travail et qu'il l'avait conduit dans la demeure où résidait la jeune femme.

Suite à cela, dès qu'il en avait la possibilité, l'épéiste venait rendre visite à sa sœur, lui racontant ses aventures ou lui servant de modèle pour ses dessins – Flynn avait complimenté Sasha sur ses œuvres après qu'elle lui avait dit qu'elle passait une bonne partie de son temps à dessiner et que tout ce qu'il avait pu voir en peintures ou croquis était d'elle.

« N'exagérons rien. » fit-elle avec une certaine gêne. « Tout ce que je sais faire, c'est reproduire au mieux ce que j'ai déjà vu, rien de plus. »

« Je trouve déjà que c'est, en soi, très impressionnant. »

Cette simple phrase fit se teinter ses joues d'une adorable couleur rosée qu'elle tenta de cacher en tournant sa tête sur sa droite. Elle remit en place derrière son oreille une de ses mèches de cheveux avant de se lever un peu brusquement.

« Je… » commença-t-elle sur un ton un peu hésitant. « Je vais aller te chercher de quoi manger. »

Sur cette phrase, elle se dirigea vers la porte d'un pas rapide. Elle sortit de la pièce et ferma derrière elle… avant de rouvrir la porte pour libérer sa jupe, celle-ci s'étant coincée sans qu'elle ne s'en aperçoive. Flynn se surprit à sourire face à cette scène, quelque peu amusé de retrouver chez Sasha quelques ressemblances avec Yuri bien que, sur le fond, il soupçonnait que la jeune femme soit plus calme et posée que son frère.

Pendant qu'il attendait qu'elle revienne, il se demanda ce qui se passait actuellement à Zaphias et, surtout, depuis combien de temps il avait disparu…

-§-

Ça devait faire un petit moment qu'il était perché dans cet arbre, observant une dizaine d'hommes de la brigade d'Arpagon qui faisaient des manœuvres près du Bastion de Deidon en pleine nuit. Il aurait bien changé de place mais, vu sa chance, il savait qu'il ferait mieux de rester tranquille, surtout que, depuis que la disparition du commandant avait été confirmée il y a un mois, il n'était plus vraiment bien vu chez les chevaliers impériaux. En même temps, à la base, ce n'était pas le cas et il ne devait son poste de sergent dans la brigade de Leblanc qu'à Flynn, ce dernier ayant jugé qu'il avait quelques talents autres que ses perpétuelles maladresses…

Au départ, il avait été assigné – en vérité, il l'avait demandé à son capitaine – à la protection du lieutenant O'Daly après que l'on ait réalisé que quelqu'un s'en était pris à elle alors qu'elle était sous sédatifs. Ce n'était pas facile de la voir ainsi et de se dire qu'il ne la croiserait plus sur le terrain d'entrainement la nuit mais il lui devait au moins ça…

« Halte ! »

Il sursauta en entendant un des chevaliers prononcer ce mot mais réalisa vite, en tournant la tête, que ce n'était pas à son attention mais plutôt à celle de cette femme qui, visiblement, avait voulu s'approcher d'un peu trop près. D'où il était, il ne pouvait pas tout voir mais il lui était possible de dire qu'elle avait les cheveux châtains et qu'elle devait porter une tenue assez provocante s'il se fiait à la posture de certains soldats qui l'encadrait. Par contre, il avait l'étrange impression qu'elle devait tenir un objet faisant de la fumée dans sa main gauche. Etait-ce une pipe ?

« Bonjour à vous aussi messieurs. » dit-elle d'une voix un peu trop doucereuse à son goût. « Je me suis perdue et je cherche un endroit sûr pour passer la nuit. »

« M-Mais nous s-serions ravis de v-vous aider m-ma-madame ! » bredouilla difficilement le premier chevalier.

« L-les nuits sont fraiches q-qui plus est et dans cette tenue, v-vous devez êtes frigorifiée ! » ajouta le second.

« Il est vrai qu'il y un léger souffle d'air frais… » fit la femme en faisant un mouvement de la main gauche, ce qui lui confirma qu'elle devait tenir une pipe. « Je regrette de n'avoir pris aucun châle avec moi… »

Tous les hommes de la brigade avaient interrompu ce qu'ils faisaient, leur attention attirée par cette inconnue qui, de ce qu'il pensait, n'était pas très nette. De ce qu'il avait pu voir en patrouillant avec Adeccor et Boccos dans les bas quartiers, cette personne n'était très certainement pas une prostituée mais son attitude pouvait le laisser penser.

Soudain, il vit cette légère volute de fumée se mettre à entourer tous les soldats présents et ce, sans qu'aucun d'eux ne s'en aperçoive, leur regard étant très certainement fixé sur cette inconnue qui continuait à prononcer des mots sur un ton mielleux.

« Votre sollicitude est touchante messieurs mais il serait temps pour vous d'aller dormir je pense… » déclara-t-elle en mettant le bec de sa pipe dans sa bouche durant à peine deux secondes.

« T-tout ira… » commença le premier chevalier.

Il entendit la femme chuchoter quelque chose mais impossible de savoir quoi exactement. Puis, juste après, tous les chevaliers s'écroulèrent au sol, ronflant de façon sonore pour certains, tandis qu'il crut voir une étincelle bleutée sur cette pipe que tenait l'inconnue.

En tentant de changer de position, il perçut un sifflement qui venait vers lui puis entendit le son typique d'un projectile qui se fichait dans du bois, soit, pour être exact, sur la branche sur laquelle il se tenait. Le son, en plus de le surprendre, lui fit perdre son équilibre et retrouver la terre ferme d'une façon particulièrement brutale via un atterrissage sur le dos des plus bruyants.

« Je me disais bien que j'avais vu un truc rouge dans cet arbre… » fit la voix de la femme qui se rapprochait de lui.

Il avait tout juste commencé à se relever qu'un métal froid se trouvait contre sa gorge, prêt à la trancher au moindre mouvement de sa part, ainsi que la personne qui l'avait en main, soit cette femme aux cheveux châtains dont il pouvait clairement voir le regard bleu acier qui le fixait avec une certaine curiosité.

« Comment vous avez fait ça ? » demanda-t-il, ayant encore du mal à comprendre de quelle manière une dizaine d'hommes avait pu tomber endormi aussi facilement.

« Rien qui te regarde poil de carotte. » répondit-elle avec un léger rire amusé en voyant sa grimace face à ce surnom qui n'était pas du tout de son goût. « Par contre, je suis très curieuse de savoir ce que tu faisais perché là-haut. »

« A votre avis ? »

Une odeur familière commença à envahir ses narines. Il l'avait déjà senti près d'une boutique voisine de celle de sa famille, quand un de ces nobles venait pour en fumer : de l'opium. Cette femme devait avoir de sacrés moyens pour fumer ça…

« Espionnage, c'est évident. » déclara-t-elle en prenant une bouffée dans cette pipe qu'il vit enfin de près et dont il trouva la longueur, ainsi que le style, assez inhabituels. « La tenue de camouflage est bien pensée mais si ces idiots n'avaient pas eu de casques masquant autant leur vision en hauteur, ils auraient déjà remarqué ta charmante couleur de cheveux. »

Vrai qu'avec ses cheveux auburn tirant plus vers le rouge qu'autre chose, il était facilement repérable… Sans son bandeau vert foncé, il les aurait eus sans arrêt dans les yeux, comme quand il avait son uniforme de sergent où il ne pouvait se permettre de le mettre.

« Tu comptes parler ou tu souhaites un peu d'aide ? » lui demanda-t-elle en lui faisant un sourire qui ne présageait rien de bon.

-§-

Après avoir mangé, Flynn ne se sentit pas capable de rester plus longtemps allongé et décida de se lever tandis que Sasha terminait son dessin, s'assurant par de brefs coups d'œil qu'il n'allait pas s'écrouler à nouveau. Il en profita donc par inspecter ses affaires…

« Il n'y avait rien d'autre ? » demanda-t-il, un peu intrigué par le fait que son épée et son bouclier manquaient à l'appel.

« Rien qui ressemblait à ce que vous chercher en tout cas. » répondit la jeune femme en stoppant son activité pour fouiller dans une poche de sa jupe. « Par contre, quand on vous a transporté jusqu'ici, il y avait ceci qui était tombé. »

Le jeune homme haussa les sourcils quand elle lui mentionna cet objet. Il ne se souvenait pas d'avoir eu quoique ce soit dans ses poches à part peut-être quelques galds ou, éventuellement, un papier sans importance mais cela lui paraissait étrange. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ?

Il eut sa réponse quand son hôtesse lui montra ce qui ressemblait fort à une clé en argent, à un détail près que le panneton de forme rectangulaire comportait deux petites améthystes en son sein ainsi qu'un lapis-lazuli de même taille et que la forme de l'anneau rappelait celle d'un papillon. L'ouvrage était joli mais l'on pouvait légitimement se demander quel genre de porte pouvait être ouverte avec cette clé.

« Ça ne m'appartient pas. » déclara Flynn en prenant l'objet dans sa main. « Je ne sais même pas si ceci est destiné à être une œuvre de joaillerie ou non. »

« Je doute fort qu'elle puisse réellement correspondre à une serrure. » ajouta Sasha en jouant distraitement une mèche de ses cheveux. « Ça n'a pas vraiment de sens de faire une clé qui ne peut pas ouvrir de porte. Ce n'est pas un objet qui est fait pour être aussi travaillé que ça mais plutôt pour être pratique non ? »

« Cela dépend pour qui. J'ai déjà vu certaines clés du palais impérial qui étaient très travaillées mais je dois bien reconnaître que c'est la première fois que j'en vois une sertie de pierres fines sur la partie qui est censée actionner le pêne de la serrure… Et elle était dans ma poche donc ? »

« Hum… En fait… Je l'ai entendue tomber quand on a commencé à monter l'escalier donc nous avions supposé qu'elle venait effectivement d'une de vos poches. »

Ce qui signifiait qu'elle avait aussi pu se loger dans son armure, comme par exemple lors de cet étrange combat contre ces hommes invisibles et où cette femme lui avait prêté ses lunettes pour qu'il puisse les voir. Cette clé serait-elle en fait à elle ?

Il laissa ce problème pour quand il serait de retour à Zaphias et qu'il aurait les ressources nécessaires pour la retrouver. Même si elle lui avait rendu un grand service et qu'il se devait de lui rendre ce qui était probablement sa propriété, elle avait tout de même tenté de le tuer et il devait découvrir pourquoi. Et puis il avait l'impression qu'elle pourrait peut-être lui permettre de comprendre comment il s'était retrouvé à Yurzorea…

Flynn posa la clé sur la table de nuit pour l'instant puis jeta un rapide coup d'œil par la fenêtre, constatant que le jour commençait à décliner. Il n'allait donc pas pouvoir envisager de se rendre à Dahngrest aujourd'hui et, de toute façon, il ne savait pas dans quelle direction aller pour rejoindre Tolbaccia.

Tandis qu'il revenait vers Sasha pour voir ce qu'elle était en train de dessiner, aucun d'eux ne remarqua les deux améthystes de la clé émettre une brève lumière violette…


NB : Je précise que notre mystérieuse clé n'est pas une Keyblade. Vous aurez la réponse très vite, rassurez-vous. Par contre, pas certains que les concernés vont apprécier ce qu'ils vont découvrir concernant ce petit objet…

Auteur vs Persos :

Asahi : C'est moi ou bien il manque du monde ici ?

Kaleiya : Certains c'est normal mais d'autres…

Asahi : Bon ben tu es partante pour une partie de dominos ?

Kaleiya : Ça me va. Je vais faire chauffer l'eau pour le thé.

Asahi : Je m'occupe du chocolat.

kaleiyahitsumei: (Default)
 Disclaimer : Tales of Vesperia, ses persos et son univers ne sont pas à moi. Par contre, le reste m'appartient.

Auteur : Kaleiya Hitsumei

Beta : Eliandre

Titre : Aquarelle

Genre : Aventure, Major character death, Suspence

Rating : T

Note : Gros projet en perspective. Ayant, comme je le craignais, foiré mon coup avec Memories, je retente ma chance dans les fics à chapitres avec ce nouveau projet mais, cette fois-ci, en y incluant de persos originaux que je n'ai pas créé à la va-vite, ce qui devrait rendre ce projet plus solide je l'espère…

Note 2 : Bonne année 2015 au passage et ayant du taf en perspective, pas la peine de me demander quand je vais mettre la suite car avant, il y aura le prélude de "Songes éternels" qui "complète" cette nouvelle fic on va dire. Je ne sais pas encore quand je vais le mettre car je n'ai pas assez avancé à mon goût sur mes projets et que je ne veux pas poster trop vite puis ne plus rien mettre d'un coup. Donc je vous souhaite une bonne lecture et un peu de patience.


Prologue

Deux ans, jour pour jour. C'était le temps qui s'était écoulé depuis qu'une simple expédition pour étudier l'aer krene près de Zaphias avait tourné au cauchemar lorsqu'un groupe d'extrémistes les avaient attaqués. Sur trente hommes – quinze chevaliers dont lui-même, dix érudits et cinq membres de l'Union -, il y avait eu vingt-deux blessés dont deux dans un état critique ainsi qu'un mort dont le corps n'avait jamais été retrouvé, celui-ci étant tombé dans l'aer krene, rendant impossible toute tentative pour le récupérer et tout espoir de le retrouver en vie.

Flynn avait bien compris que le but de ces individus était de le tuer. Ils étaient trop bien préparés et étaient suffisamment nombreux pour les égaler, ce qui laissait penser que quelqu'un au sein du palais avait dû les renseigner. Cependant, les différentes enquêtes menées n'avaient fournies aucune preuve solide et, de plus, aucune autre attaque à son encontre ou à celle de l'empereur n'avait suivi. L'aide des membres de Brave Vesperia n'avait malheureusement pas été d'un grand secours, ne permettant que de conclure que ces extrémistes avaient comme disparu de la surface de Terca Lumireis, laissant à tous un goût très amer en bouche.

L'image de Yuri qui avait reçu ce coup d'épée à sa place était encore très vive dans sa tête ainsi que le moment où le sol, fragilisé avec le temps, s'était dérobé sous ses pieds. Flynn se souvenait encore très bien qu'il avait tenté d'attraper la main de son meilleur ami mais une seconde trop tard, leur dernier contact se résumant au frôlement de leurs doigts.

Cet évènement avait créé comme un vide en lui et avait eu de multiples conséquences.

La disparition d'un de leurs meilleurs combattants et membre fondateur avait affaibli Brave Vesperia, les forçant à travailler plus dur pour combler une partie du manque à gagner. Raven avait été d'un grand soutien moral à Karol qui avait été celui de la guilde ayant eu le plus de mal à faire son deuil. Le jeune homme, ayant à présent dix-huit ans, en était ressorti plus fort émotionnellement.

De son côté, Rita n'acceptait tout bonnement pas que ceux qui avaient provoqué la mort de Yuri et perturbé ses recherches ne paient pas pour cela. Elle s'était remise à vivre comme une ermite, travaillant sans relâche et chassant quiconque – excepté Estellise – osait la déranger. Elle était littéralement devenue une recluse.

Quant à lui, avant cet évènement, ses projets d'avenir sur le plan personnel – et indirectement professionnels – étaient plutôt radieux suite à ses récentes fiançailles avec Estellise, moyennement approuvées par la noblesse et le Conseil. A son départ, la jeune femme était très occupée à planifier tous les détails de leur mariage, souhaitant que ce jour soit absolument parfait. Mais à son retour, face à son regard vert qui, après avoir remarqué les nombreux blessés, cherchait avec inquiétude le jeune homme aux longs cheveux bruns, il dut lui annoncer la triste vérité. Il y eut quelques secondes de déni avant qu'elle ne fonde en larmes dans ses bras. Les préparatifs de leurs noces furent d'abord retardés puis, face à la dégradation de leur relation, définitivement annulés une fois les fiançailles rompues.

Estellise avait besoin d'aller de l'avant et elle avait compris que ce ne serait pas avec lui qu'elle pourrait faire cela. De plus, elle était la seule qui pouvait raisonner Rita quand celle-ci devenait littéralement folle de rage au point d'en détruire tout ce qui avait le malheur d'entrer dans son champ de vision.

Flynn avait eu un peu de mal à encaisser cette rupture et s'était encore plus plongé dans le travail qu'à son habitude, au point que Sodia avait dû à plusieurs reprises le freiner jusqu'au jour où, en ayant probablement assez de le voir s'épuiser ainsi, elle lui avait remis les idées en place avec une violence particulièrement surprenante venant d'elle. Elle s'était ensuite excusée de lui avoir hurlé dessus puis giflé mais il ne lui en voulait pas, bien au contraire. C'était exactement ce dont il avait besoin et cela lui avait permis de commencer à pouvoir tourner la page.

Seulement, il y a quelques jours, le cauchemar recommença.

Qui avait mis au point ce piège ? Il l'ignorait mais ce qui était certain, c'était que c'était lui la cible et que son lieutenant ne méritait pas d'être dans l'état dans lequel elle était actuellement. Certes, sans elle, c'est lui qui aurait subi le plus de dommages dans cette explosion et qui serait allongé dans un lit, gravement brûlé sur une bonne partie du corps et avec d'autres blessures dues aux objets projetés et aux meubles s'étant effondrés.

Sodia avait remarqué avant lui que quelque chose n'allait pas dans la bibliothèque, la domestique qui en était sortie avant eux ayant une attitude étrange. Elle comprit quelques secondes avant le drame qu'ils ne devaient pas rester là et l'avait poussé à sortir de la pièce. Seulement, l'explosion eut lieu et si lui fut projeté à l'extérieur, sa subordonnée se retrouva envoyée contre un mur avant qu'une énorme pile de livres ne lui tombe dessus et qu'un incendie ne se déclare. Le choc l'avait sonnée et, le temps que les hommes de Leblanc n'arrivent sur les lieux, le feu l'avait atteinte. Ses cris de douleurs résonnaient encore dans ses oreilles et sans cela, ils ne l'auraient pas trouvée à temps. Mais bien qu'elle ait survécu, les dommages que son corps avait subis étaient lourds autant physiquement que mentalement.

Le dos de la jeune femme ainsi qu'une partie de sa jambe gauche étaient les parties de son corps qui souffraient des plus graves brûlures. Sa tresse avait pris feu elle aussi et Flynn, devant agir très vite, l'avait coupée. Elle allait très certainement garder des cicatrices sur la joue et ce, même si cette partie n'était pas aussi brûlée que les autres.

Bien qu'Estellise était à Halure lors de cet incident, les médecins étaient rapidement intervenus et lui avaient confirmé que si elle était restée plus longtemps dans la pièce, elle serait morte brûlée de par le fait qu'elle était allongée au sol et que le feu se propageait essentiellement par projections de diverses braises. Lui ainsi que les hommes de Leblanc furent gardés en observation afin de s'assurer qu'ils n'avaient pas respiré trop de fumées. De ce qu'il sut par la suite, l'incendie fut vite maîtrisé et ce, grâce à une pompe à eau (1) basée sur le mana qu'avait mise au point Rita ainsi que le fait qu'ils avaient agi très vite et qu'excepté les meubles et leur contenu, les murs et le reste de la bibliothèque étant fait de matériaux comme le marbre ou le grès et les portes, bien qu'en bois, étaient épaisses (1).

De par la douleur qu'elle ressentait, Sodia avait dû être mise sous sédatifs pour lui permettre de récupérer et la gravité de ses blessures lui promettaient une longue convalescence avant de pouvoir revenir à son poste. Flynn ainsi que l'empereur Ioder avaient été mis sous protection pour prévenir une éventuelle nouvelle tentative d'assassinat et le capitaine Leblanc avait mené les recherches dans tout le palais pour retrouver le coupable et aussi s'assurer qu'il n'y avait pas d'autres dangers possibles qui avaient été placés.

Seulement, personne n'avait jugé nécessaire d'assigner un garde à la jeune femme autre que des médecins car, celle-ci étant maintenue endormie, elle était devenue une proie très facile.

C'est une infirmière, qui était chargée de vérifier chaque matin ses pansements, qui réalisa que celui qu'elle avait à la jambe avait été défait puis mal refait. Elle avait immédiatement alerté un médecin qui était à proximité, occupé à discuter avec le conseiller Maxwell, qui avait d'abord dit qu'elle se faisait des idées mais face à son insistance et au fait que le membre du conseil avait cru bon de lui rappeler que le père de Sodia était une bonne connaissance à lui, il vérifia les dires de l'infirmière, ne pouvant que constater, après avoir ôté le bandage, qu'elle disait vrai, ayant découvert une incision suspecte, refermée à la hâte avec des points de suture particulièrement mal réalisés.

De ce que Flynn avait pu comprendre, quelque chose avait été sectionné dans sa jambe, plusieurs nerfs apparemment, et ce n'était pas réparable. Le coupable avait fait cela sciemment car rien de par ses blessures ne nécessitait une intervention chirurgicale. L'auteur des faits était peut-être un médecin ou même tout simplement une personne avec assez de connaissances en anatomie. Donc même si les blessures de Sodia dues au feu guérissaient, elle ne pourrait jamais reprendre son poste de lieutenant, ayant perdu l'usage de la jambe gauche.

Après avoir ordonné à un de ses chevaliers de confiance d'assurer la sécurité de sa subordonnée jour et nuit dans le cas où un évènement de ce genre risquait de se reproduire – il en doutait mais mieux valait la mettre sous protection –, Flynn avait discrètement quitté le palais pour se rendre à ce fameux aer krene où son meilleur ami avait perdu la vie.

Ce n'était pas très agréable de se tenir ici, devant l'épée de Yuri, Seconde Etoile, plantée dans le sol depuis le lendemain de ce jour fatidique. Il pouvait constater que, de par la présence des nombreuses fleurs laissées au pied de ce qui servait de pierre tombale, quelqu'un était très certainement passé avant lui.

« Hey… » commença-t-il avec difficulté. « Je sais que j'aurais dû venir plus tôt mais… J'imagine que tu es déjà au courant. »

Le silence fut sa seule réponse. En même temps, il s'y attendait un peu.

« Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Il y a deux ans, ils nous ont attaqués et ont disparus juste après… ta disparition. Cette fois-ci, il y a eu cet attentat dans la bibliothèque qui m'était très certainement destiné. Si j'étais leur cible, pourquoi revenir s'en prendre à Sodia ? »

Ce n'était pas logique. C'était comme si ce mystérieux ennemi s'était volatilisé à chaque fois en ne laissant quasiment aucun indice de son passage. Avaient-ils accompli leurs objectifs ou non ? C'était impossible à dire.

Flynn s'apprêtait à faire demi-tour quand il eut soudain un mauvais pressentiment. Son instinct lui hurlait de prendre son épée, comme s'il était menacé d'une façon ou d'une autre. Il prit donc rapidement son arme en main et se retourna rapidement… pour se retrouver nez à nez avec un étrange individu se tenant à environ cinq mètres de lui.

Il lui était difficile de dire si c'était un homme ou une femme, ses vêtements gris et kaki étant assez amples pour dissimuler ses formes, la capuche assortie masquant ses cheveux et son visage étant caché par d'énormes lunettes aux verres sombres et par une espèce de masque de métal sombre parcourue de diverses fentes au niveau de ce qui devait correspondre au nez et à la bouche, faisant qu'il entendait distinctement sa respiration calme et lente. Ses seules certitudes étaient que cette personne était plus petite que lui et qu'elle tenait une dague dans sa main droite. Par contre, elle avait aussi l'air d'avoir un autre objet dans la main gauche mais il n'était pas certain de ce que cela pouvait être.

Le jeune homme se mit en garde tandis que son mystérieux adversaire pencha sa tête sur le côté, rangeant au passage ce qu'il tenait dans sa main gauche dans une poche de sa veste. Il plaça ensuite la dague à l'intérieur d'une de ses bottes, ce qui intrigua quelque peu Flynn. Allait-il se rendre car il l'avait découvert avant qu'il n'ait pu passer à l'acte ?

Il comprit que non quand, il ne sut pas vraiment comment, son adversaire sortit de ses manches deux épées à lame courte qui ne devaient pas dépasser les cinquante centimètres de longueur.

Le mystérieux ennemi fut le premier à lancer son attaque, comblant si rapidement la distance entre eux que Flynn ne parvint que de justesse à parer le coup avec son bouclier. Il riposta presque immédiatement mais son épée fut arrêtée par celles de son adversaire, celui-ci les ayant croisées de sorte à bloquer l'avancée de son attaque. Lorsqu'il tenta de forcer pour lui faire lâcher ses lames, l'ennemi recula aussitôt d'un bon mètre avant de foncer sur lui à nouveau, visant son flanc droit. Ce ne fut qu'en pivotant sur lui-même que le jeune homme parvint à réussir une nouvelle parade avec son bouclier, ce qui fit à nouveau se reculer son opposant.

Flynn s'apprêtait à lancer une nouvelle riposte quand un léger bruit le fit se stopper. Son adversaire l'avait manifestement entendu lui aussi car il avait cessé de bouger, scrutant rapidement les alentours. Ce son se fit à nouveau entendre et son mystérieux opposant se mettait à présent à fixer un point derrière lui.

Puis, sans prévenir, il lança avec force une de ses lames dans la direction en question et le jeune homme, après avoir senti le sifflement de la lame près de son oreille gauche, perçut à peine une seconde après un son étranglé puis le bruit typique d'un corps qui s'écroulait au sol.

En se retournant, il put voir un homme allongé au sol, l'épée plantée entre ses deux yeux et ses bras bougeant encore faiblement avant de tomber raides, lâchant au passage le poignard qu'il avait en main. Le plus étrange était le bracelet qu'il avait à son poignet et qui ressemblait fortement à un blastia encore en état de marche.

« Reste pas comme ça beau gosse car ils sont encore onze. » fit une voix féminine à côté de lui.

Cette personne était donc une femme.

Un autre bruit suspect s'approcha de lui et, sans réfléchir, il donna un grand coup d'épée dans ce qu'il voyait être du vide et fut très surpris de sentir que sa lame s'était enfoncée dans quelque chose. En la retirant, il fut stupéfait de voir apparaître un homme, tenant lui aussi un poignard dans la main et possédant un bracelet semblable à celui qui avait été tué par la femme mystère, tomber au sol.

Ce fut là que Flynn réalisa qu'il venait d'avoir une réponse à l'une des nombreuses questions qu'il se posait depuis deux ans : pourquoi l'ennemi avait subitement disparu. Il était tout simplement devenu invisible…

Si le Commandant ne pouvait percevoir ses adversaires qu'aux sons qu'ils émettaient en se déplaçant, il soupçonnait fortement que cette étrange combattante pouvait les voir d'une manière ou d'une autre vu qu'elle avait été capable de lui dire combien ils étaient en tout.

Juste après avoir pensé cela, la femme fonça sur lui et, d'une pirouette, lui sauta par-dessus tout en lui mettant sur le nez les énormes lunettes qu'elle portait jusqu'ici.

Si, jusqu'ici, il ne voyait que la grotte contenant l'aer krene, à présent, il percevait d'étranges formes blanches et brillantes qui se dirigeaient vers lui et vers la femme, manifestement avec des intentions hostiles.

« Comme ça, ce sera plus facile pour toi. » déclara-t-elle en se plaçant à côté de lui pour trancher le bras d'un de leurs assaillants avant de lui planter son autre lame dans le ventre.

« Qui sont ces hommes au juste ? » demanda-t-il en parant un coup avec son bouclier avant de riposter d'un coup d'épée mortel.

« Tout ce que je sais, c'est qu'ils se tenaient en embuscade quand je suis arrivée et que je n'ai pas compris tout de suite que c'était moi qu'ils attendaient. »

Ils continuèrent d'éliminer leurs opposants un à un jusqu'à ce qu'ils furent tous à terre, morts ou agonisants. Flynn ôta cette étrange paire de lunettes tandis que la femme enlevait son masque et sa capuche, lui permettant de constater qu'elle avait un regard bleu acier rempli de dureté et de colère, de longs cheveux châtains aux reflets chatoyants coiffés en trois tresses qui avaient été faites à partir d'une même queue de cheval et une peau claire sans imperfection.

Elle marcha vers l'homme le plus proche, mort après avoir eu le cœur transpercé, et se pencha pour regarder à l'intérieur de sa bouche.

« Tss. Il a la langue coupée. » déclara-t-elle avec un agacement très prononcé avant de se relever et de balayer les autres du regard. « Et ça doit être pareil pour les autres donc inutile d'essayer de les interroger. »

Elle passa ensuite à la fouille du cadavre tandis que Flynn se rapprocha pour observer ce qu'elle faisait. Son regard se fixa sur le bracelet que portait l'homme lorsqu'elle s'attela à le lui ôter.

« Est-ce que c'est un blastia ? » demanda-t-il avec curiosité.

A sa question, la mystérieuse femme se tourna vers lui, ne comprenant visiblement pas de quoi il parlait.

« Blastia ? » répéta-t-elle, ses yeux bleus remplis d'incompréhension avant de désigner le bracelet. « C'est ça que tu appelles ainsi ? »

« Euh… Oui. » dit-il, assez étonné de par ses réactions. Ne saurait-elle pas ce qu'est un blastia ?

« Hum… Ça fonctionne comment un blastia exactement ? »

Exact, elle ne savait pas ce que c'était. Il lui expliqua rapidement le principe et leur conception en précisant que, normalement, ils ne pouvaient plus fonctionner depuis la destruction de l'Adephagos cinq ans plus tôt.

« Alors non, ça ne correspond pas mais j'admets qu'il y a des similitudes frappantes… » déclara-t-elle fermement en regardant le bracelet doté d'une pierre d'un jeune très clair en son centre encadré de quatre pierres, plus petites, d'une couleur laiteuse. « Pour être honnête, ça ne vient même pas de ce monde et il ne devrait pas s'y trouver. »

Flynn haussa les sourcils à cette phrase, intrigué. D'un autre monde ?

« Qu'est-ce qu… »

L'inconnue posa brutalement sa main sur sa bouche, l'empêchant de poursuivre sa réplique. Elle le regarda avec un sourire en coin qu'il trouvait particulièrement malsain.

« Ça ne te regarde pas beau gosse. » fit-elle sur un ton mêlant malice et menace. « Tu devrais plutôt te… »

Elle s'interrompit brutalement lorsqu'un son étrange se fit entendre, semblable à un grondement. Elle s'écarta subitement de lui, juste à l'instant où un rayon de lumière s'apprêtait à la toucher. Flynn se retourna pour en chercher l'origine mais un autre le frappa de plein de fouet, lui coupant le souffle avant qu'il ne perde connaissance…

-§-

Elle avait eu du mal à s'éclipser du village sans être repérée par un garde. Certes, elle aurait pu poser son chevalet pour peindre chez elle mais elle se lassait d'avoir toujours les mêmes sujets. La plage était un endroit où elle cherchait sans cesse à se rendre cependant, elle s'était faite attraper par Thomas la dernière fois, ayant perdu une de ses ballerines en marchant dans un sol un peu boueux – elle avait ainsi retenu qu'elle avait intérêt à mettre d'autres chaussures si elle passait par la forêt.

Ce coup-ci, elle avait pris cette paire de bottes de rechange dans le peu d'affaires qu'il avait laissé – elle avait dû retenir un cri de joie en s'apercevant qu'elles étaient pile poil à sa taille – puis avait déclaré qu'elle était fatiguée afin de pouvoir gagner un peu de temps. Quand elle fut certaine que la voie était libre, elle ouvrit la fenêtre de sa chambre et s'éclipsa. Elle récupéra ses affaires de dessin dans le buisson où elle les avait cachées et traversa les bois jusqu'à la plage. Après avoir trouvé un coin qui lui convenait, elle s'était installée et avait commencé à peindre le paysage.

« SASHA ! »

Surprise, Sasha lâcha son pinceau qui laissa une tache de peinture verte sur la longue jupe beige qu'elle portait avant de tomber au sol. Elle se retourna rapidement, se doutant très bien que ses yeux gris perle allaient rencontrer la haute silhouette de Thomas qui se rapprochait rapidement d'elle en la fixant de ses yeux bleus aussi durs que l'acier.

N'ayant guère envie de voir son escale se terminer aussi vite, la jeune femme préféra abandonner tout son matériel de peinture et prendre la fuite tant qu'elle le pouvait encore, attrapant juste ses bottes avant de foncer sur la plage de sable fin. Elle aurait bien aimé pouvoir prendre le temps de savourer ces sensations sur ses pieds nus mais là…

« REVIENS ICI SASHA ! »

… Quand Thomas laissait tomber les formalités et les politesses avec elle, c'est qu'elle n'aurait aucune chance de pouvoir discuter avec lui. Chance pour elle qu'il n'ait pas enlevé ses lourdes bottes car tandis qu'il s'enlisait dans le sable, elle pouvait prendre un maximum d'avance.

Ce n'est qu'après quelques minutes de course que, à bout de souffle, Sasha s'arrêta enfin et ôta sa jupe beige, révélant le bermudas de toile marron qu'elle portait en dessous, en dénouant le lacet noir qui servait à la fermer puis, une fois le vêtement changé en une simple pièce de tissu, elle mit ses chaussures à l'intérieur et replia le tissu de sorte à en faire un sac de toile. Elle jeta ensuite un rapide coup d'œil par-dessus son épaule, en profitant pour remettre en place une mèche brune qui avait dû s'échapper de son chignon improvisé, avant de repartir d'une allure plus tranquille, les cheveux châtain foncé de Thomas n'étant plus en vue.

Elle respira à pleins poumons l'air marin, savourant cette liberté si longtemps désirée et qui, elle le savait, ne durerait probablement pas éternellement. Sasha aurait volontiers enlevé sa chemise blanche pour piquer une tête et se rafraîchir un peu, ayant plutôt chaud après être restée un moment à peindre au soleil puis après sa course.

Cependant, quand elle remarqua que quelqu'un était allongé dans le sable, les vagues venant lécher son corps, elle accéléra son allure puis se remit à courir jusqu'à l'atteindre. Elle s'agenouilla près de lui et écarta des mèches blondes humides de son front.

« Tout va bien ? » demanda-t-elle en lui passant la main sur le visage.

Il était brûlant de fièvre mais il respirait. Par contre, elle ne pouvait pas le laisser seul ici et sans défense.

« SASHA ! »

La jeune femme grinça des dents en entendant la voix de Thomas. Il l'avait rattrapée… sûrement en passant par les bois afin de ne pas avoir à enlever ses bottes et ses jambières.

« Si tu t'avises encore de me… » commença le jeune homme qui s'interrompit une fois arrivé à sa hauteur, son regard d'acier se fixant sur celui qui était allongé sur le sable. « Qui est-ce et que fait-il par ici ? »

« Aucune idée. Je viens de le trouver. » déclara-t-elle en commençant à le fouiller. « Vu sa tenue, on dirait que c'est un chevalier. »

« Aide-moi à le tirer loin de l'eau. »

Habituellement, elle ne le laissait pas lui donner des ordres mais là, la situation était différente. Ils le tirèrent plus près des bois puis le brun l'examina plus attentivement, s'intéressant surtout à son uniforme.

« Il doit être gradé, ça c'est certain. » constata Thomas en poursuivant son examen. « Au moins Capitaine je dirais. »

« Il a l'air d'avoir notre âge non ? » demanda Sasha, curieuse.

« Parce que c'est certainement le cas. Par contre, je doute que qui que ce soit le reconnaisse au village. »

Le jeune homme commença à lui ôter son armure avec l'aide de la jeune femme puis il commença à ouvrir le haut de son uniforme, dévoilant ainsi une chaîne sur laquelle se trouvaient deux médailles en argent (3).

« C'est normal qu'il en ait deux ? » se demanda celle aux yeux perle.

« S'il avait un proche parmi les chevaliers qui est mort, il a pu récupérer la sienne. » lui répondit celui au regard acier avant de froncer les sourcils en lisant les noms sur les médailles. « Et on va avoir un problème si on le ramène avec nous. »

« Comment ça ? »

Thomas lui montra les deux médailles sur lesquelles elle put lire les noms suivants : Finath Scifo et Flynn Scifo.


1 : Ce feu ayant eu lieu dans une bibliothèque, il était évident que le combustible serait principalement du papier, ce qui le plaçait dans les feux dit de classe A (solides braisant) qui peuvent être éteints avec de l'eau ou avec ce qu'on appelle de la poudre polyvalente (attention car c'est toxique). Evitez les extincteurs à CO2 dans ces cas-là. Ils sont généralement réservés pour des feux d'origine électrique car contrairement aux autres types d'extincteurs, ils ne font pas de dégâts supplémentaires et étouffent le feu en supprimant le comburant (l'oxygène) mais ne restez pas trop près car vous risqueriez d'être asphyxié. Si vous ne savez pas à quel type d'extincteur vous avez affaire, il suffit de regarder ce qui est écrit dessus. Généralement, c'est indiqué ainsi que les types de feux qu'ils peuvent éteindre.

Dans notre contexte, l'intervention avec la pompe à eau a dû être très rapide car autrement, il devenait hors de contrôle et c'était tout le palais qui pouvait brûler. Donc à ce niveau, ils ont eu de la chance et, de plus, on peut aussi supposer que le feu avait déjà consommé une grosse partie du combustible qu'il avait à sa disposition et que, bloqué par des portes (je ne parle pas des fenêtres car, dans ce contexte, nous allons supposer qu'il n'avait pas de quoi les atteindre comme des rideaux ou des meubles en bois) trop épaisses pour lui, il s'était retrouvé piégé dans la pièce. Cependant, cela n'exclut pas qu'il ait pu se propager d'une autre manière…

2 : Un feu peut se propager de quatre façons : par projection de particules incandescentes, par rayonnement de chaleur, par conduction de la chaleur des flammes au niveau du sol et par convection de la chaleur des fumées au plafond. De par le lieu, la propagation par projection était la plus logique et le papier est un matériau ayant une réaction au feu rapide et produisant des braises. Le bois, bien que pouvant lui aussi prendre feu, met plus longtemps à se consumer suivant son épaisseur (si vous avez déjà fait du feu, vous devez savoir que les grosses bûches sont plus difficiles à enflammer que du petit bois).

Sodia a été malchanceuse sur ce coup car si des livres ne s'étaient pas effondrés sur son corps, le feu ne l'aurait pas atteinte et, confiné comme il l'était, elle serait probablement morte en respirant les fumées dégagées par les flammes et ce, même si elle se trouvait au niveau du sol. Ses meilleures chances de survie était soit de vite sortir de là, soit d'ouvrir les fenêtres (mais logiquement, si les flammes étaient assez chaudes, les carreaux ont dû éclater et permettre ainsi d'évacuer les fumées qui auraient pu descendre au niveau du sol.)

3 : Petit ajout de ma part concernant les chevaliers : une médaille en argent sur laquelle se trouve leur nom. Ça aura son importance par la suite.

Auteur vs persos :

(Suite à une pénurie assez grave de thé chez Kaleiya, tout le monde est allé en chercher avant qu'un désastre ne se produise... Signé Belphégor, actuellement en train d'écouter les CD de sa créatrice pendant que personne n'est là pour le déranger)

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 Note : Encore FF V mais vu que j'y joue actuellement, c'est assez peu étonnant. Quand je suis arrivée de nouveau à cette scène, je n'ai pas pu m'empêcher d'imaginer un certain duo à la place des gardes de la citadelle de Bal…

Après être revenu du Val des dragons, le groupe ne prit pas le temps de se reposer à Quelbe, n'ayant guère le temps de s'accorder ce luxe. Ils étaient partis en quête de l'herbe aux dragons, seul remède permettant de soigner les blessures de ces créatures, et avaient ainsi découvert la raison de leur disparition dans le monde de Raven : cette plante était devenue un monstre redoutable qui avait, de par les multiples ossements qu'ils avaient pu voir, dû occire bon nombre de ces majestueuses créatures.

A présent arrivés devant les portes de la Citadelle de Bal dont leur aîné était le seigneur, il ne leur restait qu'à les franchir afin de rejoindre Patty et ainsi soigner le dragon de la jeune fille…

« Ouvrez les portes ! » ordonna Raven aux gardes de la porte.

Sauf qu'avant de partir pour le Val des dragons, le seigneur de Bal leur avait ordonné de n'ouvrir à personne suite aux nombreux assauts des monstres qu'il y avait à ce moment-là et qu'il avait quelque peu oublié à qui il avait confié cette tache…

« Bien essayé Monsieur le monstre mais vous ne nous aurez point ! » s'exclama un des gardes, un certain Adeccor.

« Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie ! » ajouta le second, un dénommé Boccos.

A la suite à ces réponses, Raven afficha une mine dépitée face à cet excès de zèle – ou d'idiotie suivant le point de vue – qui aurait grandement fait rire Yuri si Flynn ne lui avait pas marché sur le pied afin qu'il se taise.

« Comment faire pour entrer à présent ? » demanda candidement Estellise.

« On passe au plan B ! » s'exclama le plus âgé après avoir poussé un soupir d'exaspération.

Il se dirigea vers les douves et sauta dedans, faisant que les trois autres constatèrent ainsi que le niveau de l'eau n'était pas aussi haut qu'il y paraissait, Raven n'étant immergé que jusqu'à la taille. Yuri l'imita et attrapa Estellise dans ses bras quand elle fit de même afin d'amortir sa chute. Flynn, un peu hésitant à l'idée de plonger dans cette eau, les rejoignit. Ils suivirent ensuite le plus âgé jusqu'à un passage secret qui menait à un bassin à l'intérieur de la Citadelle – le jeune homme aux cheveux blonds avait dû subir quelques moqueries du pirate sur son attitude de tout à l'heure.

C'est ainsi qu'ils arrivèrent, trempés, devant les deux gardes qui constatèrent vite leur méprise…

« Seigneur Raven ! » s'exclama Adeccor avec étonnement. « Nous ne savions pas que c'était vous… »

« La prochaine fois, nous ouvrirons la porte pour être certains de ne pas nous tromper ! » ajouta Boccos face à un Raven qui se massait les tempes.

« De vrais nigauds ces deu- AIE ! » commença Yuri à voix basse avant de se prendre un violent coup de coude de la part de Flynn. « Quoi encore ? »

« Tu crois vraiment que c'est le moment ? » demanda celui au regard azur avec un ton sévère.

« Moi au moins je n'essaie pas de me sauver quand il faut voyager à dos de dragon. »

« J'ai VRAIMENT le vertige ! Je dois te le dire comment à la fin ? »

« Calmez-vous ! » les coupa brusquement Estellise avant de se diriger vers le château. « Il faut vite rejoindre Patty si l'on veut sauver le dragon. »

Ils se toisèrent du regard encore quelques secondes avant d'emboîter le pas à leurs compagnons, se souvenant que leur combat primait sur les rivalités qu'ils avaient entre eux.


NB : Bien que Yuri ait le rôle de Faris, je garde son caractère et sa relation amitié/rivalité avec Flynn mais pour ceux qui connaissent le jeu, il est évident que j'ai gardé les liens de parentés entre les personnages. La scène ici n'est pas celle d'origine dans son intégralité. Seul le début est à peu près conforme.

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 Note : Je pensais faire quelqu'un d'autre au départ mais face à une brusque hésitation de ma part, Raven s'est imposé donc c'est à son tour.

 

Schwann Raven Oltorain – pour faire plus simple pour tous, il se faisait appeler « Raven » -, de son vrai nom Damuron Altomais, était un homme célibataire se rapprochant de plus en plus de la quarantaine et, profitant du fait qu'il logeait seul dans son appartement, vivait sa vie comme cela lui entendait. Entre ses cheveux bruns qu'il gardait attachés la plupart du temps – il ne les détachait que quand il devait soigner son apparence pour une occasion particulière -, sa barbe de trois jours, ses yeux bleus et sa tenue souvent débraillée – il portait souvent soit une vieille cravate violette, soit une ancienne veste sans forme dans les mêmes tons -, il faisait négligé mais restait un assez bel homme malgré tout. Mais, dans le quartier, presque personne ne savait que, contrairement à ce qu'il laissait paraître, il venait d'une famille fortunée et qu'il pouvait, s'il le désirait, se payer bien mieux que le simple deux pièces dans lequel il logeait.

A l'origine, il avait été contraint de rejoindre les forces de l'ordre, son père en ayant plus qu'assez de le voir courir après toute représentante de la gente féminine et espérant qu'il deviendrait assez sérieux pour prendre sa suite. Raven y avait rencontré la seule femme dont il tomba vraiment amoureux : Casey. Mais la vie étant ce qu'elle était, lors d'une arrestation, ils n'avaient pas vu que leur homme avait un complice et, qui plus est, armé. Sa coéquipière avait pris le coup à sa place, s'étant interposée pour le protéger.

Si le coupable avait fini par être arrêté puis jugé, elle par contre était morte sur le trajet de l'hôpital, ce qui l'avait profondément affecté au point qu'il avait décidé de tout plaquer pour recommencer une nouvelle vie ailleurs et se reconstruire, changeant au passage son nom pour ne pas être retrouvé.

Arrivé dans cette ville, il avait vite trouvé cet appartement dans ce quartier qui était à un prix intéressant, s'était dégoté un travail lui permettant de payer ses factures et avait définitivement coupé les ponts avec sa vie passé ainsi que sa famille. Il sortait de temps en temps avec des femmes rencontrées dans un bar mais rien de sérieux.

Un jour, en rentrant chez lui la tête pleine d'idées noires, il avait reçu un violent coup dans le dos et, en se retournant, il avait été un peu surpris de se retrouver nez à nez avec la vieille madame Smith qui habitait l'immeuble en face du sien. L'air visiblement très contrariée, elle lui avait ordonné de rentrer dans son salon de thé. Il avait d'abord poliment refusé puis, quand elle le frappa de nouveau avec son balai, il se dépêcha d'y entrer et s'installa sur la première chaise libre à sa portée, ce qui avait énormément fait rire celle qui était assise en face.

« Mais qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ? » avait-il demandé à celle aux longs cheveux châtain et aux yeux aciers en face de lui.

« Qui sait ? » lui avait-elle répondu avant de repartir dans un éclat de rire tandis qu'il vit soudainement apparaître une théière en fonte noire avec la tasse qui allait avec devant lui.

C'est donc en cette fameuse fin d'après-midi qu'il avait, pour la première fois de sa vie, bu du thé, chose qu'il n'aurait jamais pensé faire auparavant, lui qui carburait surtout au café noir. Il avait aussi rencontré Salomé Kingdom, une femme séduisante qui l'avait superbement éconduit en déclarant qu'il gaspillait ses talents, puis celui qui devint l'actuel gérant du salon de thé ainsi que son voisin, Yuri Lowell. Il n'aurait pas connu le jeune homme à l'époque, il était quasi certain qu'il aurait pu le confondre avec une femme et le draguer… puis se prendre un bon coup de poing dans la mâchoire pour la peine.

Il avait, depuis, pris l'habitude de s'y arrêter assez souvent le matin pour prendre le petit déjeuner et de passer au moins une fois lors de ses jours de repos pour y trouver un peu de chaleur humaine à l'époque où madame Smith était encore vivante. Après que Salomé Kingdom en soit devenue la propriétaire et qu'elle ait placé Yuri comme gérant, il venait plutôt dans le but de passer un peu de bon temps et faire d'intéressantes rencontres, au point que le jeune homme aux longs cheveux bruns s'amusait parfois à lui lancer quelques piques.

Ce matin-là, comme bien souvent, il était le tout premier client du salon de thé et, comme à son habitude, il avait demandé un thé Assam qu'il partageait avec celui qui, avec le temps, était devenu un ami. Avant de venir s'installer, il avait eu la bonne idée d'acheter des croissants dans la boulangerie voisine et avait amené le courrier reçu, ayant croisé le facteur en sortant.

« Si je me fis à cette carte postale, Judy est au Pérou. » fit Yuri en lui montrant la photo du Macchu Pichu qui se trouvait dessus.

« Judith chérie… » se lamenta le trentenaire en pensant à la jeune femme aux courbes de rêve qu'il n'avait pas revue depuis un bon moment. « J'ai hâte qu'elle revienne enfin ! »

« Tu sais que ça ne fais que deux semaines qu'elle est partie en voyage le vieux ? »

« Seulement ? Je croyais que cela faisait déjà deux ans ! »

Le jeune homme soupira de dépit face à cela puis lui tendit la carte postale. Raven la prit et remarqua vite la petite ligne que la jeune femme avait laissée à son intention :

Et j'espère que tu te portes bien Raven.

Cette petite attention suffit à lui réchauffer le cœur et, très certainement, à le faire sourire bêtement vu la grimace qu'était en train de faire Yuri.

« Ouvre plutôt ton courrier le vieux au lieu de fantasmer sur quelque chose que tu n'auras jamais. »

Ah oui, c'est vrai. Sauf que vu la tête de l'enveloppe, il était quasi certain que ce n'était pas une facture ou la lettre d'une admiratrice – d'ailleurs, il fallait absolument qu'il demande à Sheen comment il faisait pour en recevoir une telle pile chaque jour. Il avait un mauvais pressentiment…

En entendant la porte s'ouvrir, il leva les yeux et vit entrer Salomé Kingdom, vêtue d'un chemisier blanc à manches courtes ainsi que d'un pantalon droit noir et de ballerines en cuir sombre. Par contre, malgré ses lunettes de soleil, son visage trahissait une légère contrariété.

« Tiens ? Je croyais que vous ne veniez que demain ? » s'étonna Yuri en voyant sa propriétaire.

« Je sais mais j'ai eu comme un imprévu… » fit-elle en regardant avec méfiance du côté de la rue.

« Vous voulez boire quelque chose ? »

« Un thé fort serait parfait. Je sens que la journée va être assez rude. »

Tandis que le jeune homme emporta la théière en fonte pour refaire du thé Assam, celle aux longs cheveux châtain vint s'installer sur un pouf pourpre, posant ses lunettes de soleil sur la table avant de se masser les tempes.

« C'est toujours plus agréable de voir une belle femme le matin quand on se lève ! » fit-il sur un ton léger en regardant cette femme qui, étrangement, n'avait pas pris la moindre ride depuis qu'il la connaissait.

« Je croirais entendre Sheen parler à ses clientes… » commença-t-elle avant de poser son regard acier sur l'enveloppe qu'il n'osait pas ouvrir. « Je vois que le facteur est passé. »

« Ah oui… Certains ont été gâtés par la gente féminine de ce que j'ai pu voir, au point qu'il y a de quoi être jaloux ! »

« Et qu'est-ce que le grand baratineur qui sous-exploite ses talents a bien pu recevoir ? Une lettre de menace ? »

Raven fit une légère grimace à cette question. Il ne souhaitait pas vraiment savoir ce que cette enveloppe pouvait contenir et espérait que c'était juste de la pub… sauf que vu l'apparence du contenant ce qu'il avait reçu, peu de chances que ce soit le cas car généralement, ceux qui envahissaient sa boîte aux lettres de prospectus inutiles ou d'offres d'abonnement à divers magazines faisaient toujours au moins une faute à son nom de famille et n'étant pas du genre à perdre leur temps à écrire son adresse à la main.

Tandis que Yuri revenait avec du thé pour Salomé, avant qu'il n'ait pu l'en empêcher, la propriétaire du salon s'empara de l'enveloppe et l'ouvrit sans lui demander son avis.

« Hey ! C'est privé ! » s'exclama le plus âgé en tentant de récupérer ce qui lui appartenait, sans succès car celle aux longs cheveux châtain adopta une position couchée afin de pouvoir lire le mystérieux courrier tout en lui mettant son pied en pleine figure pour le tenir à distance.

« Plus maintenant ! » déclara-t-elle en déchirant l'enveloppe, lui permettant ainsi de récupérer la carte se trouvant à l'intérieur.

« On dirait un faire-part. » fit remarquer le plus jeune en fixant la carte qui possédaient un joli dessin de fleurs blanches.

Une seconde après l'avoir ouverte, Salomé reprit une position assise, permettant à Raven de pouvoir se tenir le nez et vérifier ainsi qu'elle ne le lui avait pas cassé. Elle termina de lire la carte puis la lui tendit, son visage ayant pris un air grave. Intrigué à la fois par l'expression de celle possédant le salon de thé et par ce qu'il avait reçu, il prit ceci dans sa main et posa ses yeux sur le texte se trouvant à l'intérieur.

« Monsieur Zacharia Atomais et Madame Léonore Delatour ont le regret de vous annoncer le décès de leur oncle Spaido Atomais… »

… Quoi ? Son père était… mort ? Et comment ses cousins avaient fait pour le retrouver au juste ? Personne ne savait qu'il vivait ic…

Non… Il y avait bien quelqu'un qui pouvait le savoir…

Il interrompit ses interrogations en entendant la porte s'ouvrir et, à son plus grand étonnement, ce ne fut pas en voyant cette personne de son passé mais plutôt en constatant que cet air contrarié était réapparu sur le visage de Salomé. Est-ce que le fameux imprévu qu'elle avait mentionné était en fait cet homme aux cheveux rebelles d'un noir profond, les yeux sombres cachés derrière des lunettes d'aviateurs, la mâchoire carrée, la carrure accentuée par une veste en cuir brun, la peau mate et, si sa mémoire était bonne, avait tout juste été promu sergent la dernière fois qu'il l'avait vu ?

« Bonjour monsieur. » fit Yuri qui s'était levé pour accueillir son client. « Que voulez-vous ? »

« Tu lui sers du thé à l'arsenic à ce crétin ! » s'exclama subitement Salomé sur un ton venimeux à l'attention de son employé tout en jetant un regard noir au nouveau venu.

« Je vois qu'une certaine avocate au beau cul n'a pas changé… » déclara ce dernier en grimaçant. « Je reste persuadé que tu aurais eu un mari, il serait déjà six pieds sous terre. »

« J'approuve totalement pour la partie sur la courbe de son fessier ! » lança Raven tout en faisant un salut amical à son ancien collègue de travail, Yannick Hunter ou Yann pour les intimes.

La propriétaire du salon de thé grogna et se leva de sa place pour aller dans la petite cuisine où Yuri préparait ses boissons chaudes, non sans oublier de violemment écraser le pied des deux hommes au passage, leur faisant pousser à tous deux un petit cri de douleur.

« Voyons le bon côté : elle a l'habitude de viser plus haut quand elle est énervée donc elle va vite se calmer. » déclara en s'installant face à lui tout en ôtant ses lunettes, dévoilant ses yeux noirs comme du charbon.

« Tu es sorti avec elle toi… » conclut Raven, se souvenant que son ex-collègue était un collectionneur de rendez-vous avec des femmes.

« Couché avec serait plus exact et, vu que j'ai failli pas me réveiller après, je ne renouvellerai jamais l'expérience… » confia Yann avec une certaine terreur. « Même si elle est super bonne au lit. »

Cette phrase déclencha le vol plané d'un couteau depuis la petite cuisine qui, si le sergent Hunter n'avait pas eu le bon réflexe de décaler sa tête sur le côté, aurait fini planté dans son crâne. C'est ainsi que celui à l'habituelle cravate violette ajouta un nouvel adjectif à la belle Salomé : vénéneuse.

« Pour changer de sujet… » commença Raven en montrant le faire-part à son ancien collègue. « J'imagine que c'est toi qui leur a donné mon adresse actuelle. »

« Ils ne t'en voudront pas si tu refuses de venir. » déclara Yann, compréhensif. « Mais pense que légalement, c'est à toi que revient l'affaire familiale et de ce qu'ils m'ont dit, ils ne se voient pas trop le faire à ta place. »

« C'est dommage car je n'en ai jamais voulu donc ils vont devoir envisager de la vendre… »

« Une minute… » fit Yuri qui venait de sortir pour apporter sa consommation au sergent Hunter et qui le fixait à la fois avec étonnement et suspicion. « T'as de l'argent le vieux ? »

Mince… Lui qui avait pris l'habitude de laisser une ardoise ici sans avoir besoin de donner d'excuse ou de recevoir quelques réductions venait de perdre en quelques secondes son petit avantage… Et vu le sourire mauvais sur les lèvres du jeune homme, il était bon pour payer la totalité de sa dette en sortant.

« Elle vaut cher cette entreprise familiale ? » demanda Salomé, faisant mine de compter la caisse au comptoir.

« Une certaine somme. » répondit nonchalamment Raven en prenant une gorgée de thé.

« Alors je sortirai une de mes robes noires pour l'enterrement de ton père. »

A cette phrase, il faillit avaler de travers et se mit à tousser, croyant avoir mal entendu durant un instant. Mais en voyant que la propriétaire des lieux notait soigneusement la date sur son téléphone, il comprit qu'il n'avait pas rêvé.

« Et l'empire des forces du mal vient de s'agrandir… » soupira Yann avec dépit tout en esquivant un nouveau projectile qui lui était destiné.


 

NB : Un peu galéré avec celui-là étrangement mais au moment où je me suis assise à une table d'un salon de thé que j'adore, je me suis demandé pourquoi j'ai bloqué car mes doigts tapaient d'eux-mêmes sur mon clavier. Comme quoi, quand on est dans la bonne ambiance…

Auteur vs Persos :

Mélissa : Y a les malfaiteurs habituels qui ont disparu bien vite…

Asahi : Je soupçonne qu'ils ont senti le vent tourner.

Kaleiya : Je doute que cela dure car j'ai cru comprendre qu'ils avaient du travail et que Salomé les attend de pied ferme…

Mélissa : Pourquoi ai-je des doutes sur la légalité dudit travail ?

Asahi : Parce qu'on parle d'une association de malfaiteurs.

Kaleiya : Et moi je trouve bizarre que vous soyez si sages en étant tous les deux dans la même pièce…

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 Disclaimer : Tales of Vesperia n'est pas à moi

Titre : L'eau miraculeuse

Auteur : Kaleiya Hitsumei

Beta : Eliandre

Rating : T (pour cause d'insultes et d'incitations à frapper une certaine catégorie de personne de la part d'un des protagonistes…)

Genre : Humour, Romance, Friendship, Crossover

Arc UA : Fées

Note : Présence de personnages de Tales of the Abyss.


 

L'eau miraculeuse

Le lendemain de leur retour à Zaphias, Yuri avait accompagné Flynn jusque chez la sorcière Rita Mordio. Comme il n'était guère tenté de s'approcher d'elle pour l'instant – toute fée qui se respecte savait ce qu'elle pouvait risquer comme mésaventure face à ce genre de personnage -, il préféra rester dans la rue marchande, regardant les différentes boutiques et flânant un peu.

C'est en passant devant la librairie – la plus grande de la ville – qu'il s'arrêta, son regard onyx attiré par un livre à la couverture bleu foncé présent sur un étalage et dont le nom de l'auteur était incrusté en fines lettres dorées sur la partie basse.

Jade Curtiss.

Cela devait bien faire plus de cinquante ans qu'il n'avait pas vu ou entendu ce nom ainsi que le personnage qui allait avec – pas qu'il s'en plaignait dans un sens mais vrai que lui et sa langue acérée manquaient un peu parfois. Depuis le temps, il était probablement mort, ayant laissé à titre posthume de rares ouvrages témoignant de ses différents travaux.

Les expériences scientifiques de ce type n'intéressaient en rien Yuri, surtout quand il se remémorait la façon dont sa route avait croisé celle de cet homme…

-§-

Empire de Malkuth, Grand Chokmah – Plus d'un demi-siècle auparavant

A l'origine, le plan était simple : quitter Egothor juste une journée de façon à ce que la reine des fées ne le remarque pas et revenir tout en faisant comme si de rien n'était. Elle savait que la plupart des autres jeunes fées ne poseraient aucune question mais elle devait aller dans un endroit suffisamment éloigné de la forêt pour limiter les risques d'être découverte – quoique vu son jeune âge, elle était encore considérée comme une novice et n'était donc pas très connue de ses aînés. Le fait que ses pouvoirs ne s'étaient pas encore manifestés avait contribué à son anonymat.

Par contre, il y avait une chose qu'elle n'avait pas prévu avec cette fichue graine de coquelicot : l'atterrissage. Elle avait certes pu parcourir une très grande distance en peu de temps mais se retrouver les quatre fers en l'air dans une fontaine, ce n'était pas franchement agréable… Avoir ses cheveux, ses vêtements et ses ailes trempés était très agaçant.

La jeune fée se disait qu'elle avait eu de la chance d'être arrivée de nuit et qu'il n'y ait eu personne pour voir son atterrissage calamiteux… jusqu'à ce qu'elle se retrouve piégée dans une sorte de prison aqueuse. Elle tenta de s'en extirper mais, rapidement, se retrouva à court d'air. Avant qu'elle ne perde connaissance, elle sentit que l'entrave liquide qui l'avait capturée s'était dissipée et vit une silhouette vêtue de bleu.

A son réveil, elle eut la très mauvaise surprise de constater qu'elle était à l'intérieur d'une fiole de verre et que sa taille n'était plus celle qu'elle avait avant de s'être évanouie. Elle observa plus attentivement sa prison et, voyant qu'elle était sur une étagère qui devait être à plus d'un mètre du sol, elle eut une idée pour se sortir de là. Avec ses ailes mauves et argent translucides dont la forme était identique à celle d'un papillon, elle prit autant d'élan que possible et fonça sur la paroi transparente une première fois. Le récipient ayant à peine vacillé sous l'impact, elle tenta une deuxième fois en y mettant plus de force.

Ce fut à son troisième essai que le flacon bascula sur le côté et qu'elle en profita pour l'aider à rouler jusqu'au bord de l'étagère.

Cependant, elle ne s'était pas du tout attendue à ce que, dans sa chute, elle soit rattrapée par la personne vêtue de bleu qui l'avait capturée…

« Tiens tiens… Qu'avons-nous là ? »

A travers la paroi de verre, elle put voir que son geôlier était un homme dont les cheveux châtain clair lui tombaient un peu en dessous de ses épaules et dont le regard brillant d'intelligence – voire de sadisme vu le sourire en coin qu'il avait – était caché derrière une paire de lunettes à fine monture.

« Laisse-moi sortir de là quatre yeux ! » hurla-t-elle avant de poser ses mains sur ses oreilles, ayant découvert que sa voix avait fortement résonné contre les murs translucides de sa prison.

« Hum… J'ai bien peur que non. » lui répondit avec un faux sourire désolé ce type qu'elle commençait déjà à détester.

Connard… Si elle pouvait lui foutre son poing dans sa gueule d'intello, elle ne s'en priverait pas…

« Cependant, j'admets ne porter qu'un intérêt très limité aux gens de votre espèce donc… » commença-t-il avant d'ôter le bouchon de liège qui fermait la fiole de verre.

… Bon, peut-être pas un type si détestable finalement. Elle eut quelques secondes d'hésitation avant de sortir de cette fichue bouteille mais, au lieu de se dépêcher de quitter cet endroit comme elle aurait pu le faire, elle choisit de reprendre sa taille normale pour constater que cet homme n'était pas, de tant que ça, plus grand qu'elle.

« Si je ne vous intéresse pas, pourquoi vous m'avez capturée ? » demanda-t-elle, sa tempe gauche battant de colère d'avoir été enfermée dans un si petit endroit.

« Pour éviter à une fée ignorante comme vous d'attirer inutilement l'attention. » lui répondit l'homme en remettant ses lunettes en place.

Son poing alla de lui-même frapper le visage de son interlocuteur… qui avait dû voir le coup venir, l'ayant paré d'une main à la plus grande fureur de la fée.

« Quelle violence envers un pauvre homme sans défense ! » déclara-t-il sur un ton ironique qui montrait clairement qu'il était en train de se moquer d'elle.

Manifestement, elle allait devoir changer de plan car il était nettement plus fort qu'il ne le laissait paraître. Il avait en tout cas l'air de bien s'amuser à lui lancer ces piques comme si de rien n'était… ce qui correspondait à peu près au seul domaine où elle pouvait peut-être le battre.

« Sans défense ? J'aurais pourtant juré que vous m'aviez enfermée dans ce flacon mais j'imagine que j'ai été victime d'hallucinations. » lança-t-elle, jouant à son tour la carte de l'ironie.

« Ou peut-être était-ce un sosie de ma personne. » répliqua l'homme en réajustant ses lunettes d'une main, un léger sourire aux lèvres. « Vous seriez surprise d'apprendre que cela n'est pas si rare de trouver une personne qui nous ressemble comme deux gouttes d'eaux. »

« Oh ? Mais c'est bien étrange car il m'a semblé vous entendre dire il y a peu de temps que vous m'aviez capturée car je n'étais qu'une idiote de fée. »

« 'Ignorante' était le terme exact. »

« Ça revient au même pour moi. » déclara-t-elle, ne pouvant s'empêcher de sourire en coin.

« J'aurais cependant dû ajouter le mot 'impolie' vu le temps depuis lequel nous parlons et le fait que vous ne vous soyez toujours pas présentée. »

Là, elle ne l'avait pas vu venir mais il marquait un point. Et puis maintenant, elle était certaine qu'il n'était pas dangereux… du moins pour elle.

« Lily est le nom qu'on m'a donné là d'où je viens. » répondit la fée avant de croiser les bras sur sa poitrine. « Et quel est le vôtre ? »

Pile au moment où il s'apprêtait à parler, les portes derrière lui furent violemment ouvertes et un animal rose entra à toute vitesse, forçant l'homme à lunettes à se décaler et elle avec. Sauf que la bête, qui s'avéra être un porc, rebroussa chemin vers elle en grognant affectueusement et en tentant de lui grimper dessus, ce qui n'était pas du tout de son goût.

« Mais… Mais lâche-moi et… » commença-t-elle avant de remarquer que l'animal tirait sur sa longue robe noire. « Non non non ! Tu vas me la déchirer si tu continue ! »

Pour son plus grand malheur, Lily constata que son agresseur ne semblait pas du tout vouloir lui obéir, comme un peu tous les autres animaux à qui elle avait déjà eu affaire avant. Elle les aimait bien mais parfois, ils le lui rendaient un peu trop…

« Saphir ! »

Un homme aux longs cheveux blond cendré entra dans la pièce et prit l'animal dans ses bras, ce dernier lâchant sa robe en poussant comme un grognement de dépit. La fée ne cacha pas sa joie d'être enfin tranquille tandis que le nouvel arrivant était visiblement en train de parler au porc d'une manière… affectueuse qui dérouta quelque peu Lily.

« Ça ne va pas de me faire des frayeurs comme ça ? Je sais que tu voulais bien faire en retrouvant mon petit Jade mais qu'est-ce qu'il t'a pris d'aller embêter cette jolie demoiselle ? »

En entendant cela, l'homme à lunettes pousser un soupir de dépit face à cette scène, elle devina que « mon petit Jade » devait faire référence à lui.

« Votre Majesté avait-elle besoin de me voir ? » demanda Jade avec une légère pointe d'agacement.

Majesté ? Lily dut regarder plus attentivement cet homme et se remémorer certaines de ses conversations avec Aube quand elle venait à Egothor pour réaliser qu'il était Peony IX, l'empereur de Malkuth.

N'ayant pas suivi leur conversation, la fée ne comprit pas tout de suite qu'elle était à présent le centre de leur attention. Ce fut lorsque celui aux longs cheveux blond cendré vint vers elle en la détaillant du regard qu'elle s'en aperçut.

« C'est bien la première fois que je vois une fée ! » s'exclama-t-il avec un certain enthousiasme. « Jamais je n'aurais imaginé me retrouver face à une aussi belle créature… »

« Votre Majesté… » commença Jade en remettant ses lunettes en place. « Croyez-vous qu'il soit vraiment très approprié de reluquer une jeune femme que vous venez à peine de rencontrer ? »

Ça, elle avait bien remarqué qu'il avait, en un coup d'œil, détaillé sa longue robe noire sur laquelle étaient peints des lys blancs et roses, dont le bas était fendu sur les deux côtés jusqu'à mi-cuisse et dont le haut était fermé sur un côté par des boutons en argent en forme de fleurs de lys. Sa longue chevelure noire était agrémentée d'une couronne de lys blancs et coiffée en une tresse sur le côté droit tandis que ses chaussures se résumaient à de simples sandales noires.

Est-ce que ça la gênait ? Pas vraiment. C'était même plutôt amusant de voir cette fascination qu'elle provoquait chez un humain qui, soit dit en passant, n'était pas laid à regarder.

« Il peut continuer s'il en a envie. » déclara-t-elle en s'assurant que le porc n'allait pas de nouveau lui montrer à quel point il l'aimait, les grands yeux noirs de l'animal étant amoureusement fixés sur elle.

L'empereur s'apprêtait à dire quelque chose quand le bruit de quelques coups frappés à la porte attirèrent leur attention suivi d'un « Votre Majesté ? Vous êtes-là ? » prononcé par une femme. Peony soupira légèrement d'avoir été interrompu et se dirigea à contrecœur vers la porte.

« A tout à l'heure j'espère ! » lança-t-il en lui faisant un sourire séducteur avant de sortir de la pièce avec son animal de compagnie, Jade refermant la porte derrière lui.

« Pour un roi, il est… un peu spécial non ? » demanda-t-elle en repensant à la reine des fées qui était plutôt stricte comparée à cet homme.

« Ah ? Je n'avais rien remarqué de tel. »

Ce type se foutait de sa gueule encore une fois… Manifestement, si elle restait dans le coin, elle avait vite intérêt à faire avec.

Par contre, elle n'aimait vraiment pas la façon dont il la regardait… Surtout ce sourire particulièrement malsain qui lui faisait froid dans le dos.

-§-

Si un jour elle avait l'occasion d'étrangler Jade Curtiss avec des lianes, elle le ferait volontiers… quand il dormirait le plus profondément possible.

Elle était une fille, MERDE ! Alors pourquoi la forcer à se transformer en garçon pour circuler dans le palais et en ville ? Bon, avoir un pantalon était plus pratique pour marcher et elle arriverait bien à demander à une autre fée de lui refaire sa tresse quand elle rentrerait à Egothor. Au pire, elle pouvait toujours prétexter qu'elle avait eu envie de changer de coiffure, ce qui pouvait passer très facilement.

Mais il aurait au moins pu lui demander son avis avant de la présenter sous le nom de « Yuri » à tous ceux qui posaient la question. Pas que ça lui déplaisait mais bon…

« Je suppose que tu reconnais ceci. »

Elle tourna la tête vers la direction indiquée par Jade et reconnut la fontaine dans laquelle elle s'était retrouvée à son arrivée. Contrairement à cette nuit, il y avait pas mal de personnes qui se trouvaient autour : des enfants qui jouaient, des adultes qui étaient assis sur des bancs en pierre à proximité et une ou deux personnes qui remplissaient un seau d'eau.

En soi, rien d'extraordinaire, même pour elle.

« Oui… et ? » demanda-t-elle sans cacher son désintérêt de la chose.

« Et vu que tu ne sembles pas intéressée par cette information, je vais me la garder pour mon seul bénéfice. »

« Dans le cas où je manifesterai une certaine curiosité, aurais-je cette réponse avec laquelle tu es en train de me narguer ? »

Elle eut un rire en guise de réponse et, haussant un sourcil face à cette scène, vit le magicien remplir une fiole de verre avec l'eau de la fontaine. Il lui fit signe ensuite de la suivre et après quelques minutes, ils furent de retour dans ce qui servait de laboratoire à cet homme où elle remarqua, sur une des tables, la présence de trois pots en terre cuite qui ne s'y trouvaient pas au départ.

« On m'a informé tôt ce matin, pendant que tu dormais, d'un petit miracle. » déclara-t-il en s'avançant vers l'endroit où se trouvaient les trois pots, la fiole d'eau en main. « Un vieil homme a utilisé l'eau de la fontaine pour arroser un plant de basilic qui était presque entièrement desséché dans l'espoir qu'il repartirait peut-être. Il a été extrêmement surpris de voir celui-ci revivre en quelques secondes et s'épanouir encore plus qu'auparavant… »

A ces mots, Jade versa une partie du contenu de sa fiole dans l'un des pots et, au bout d'un très court laps de temps, une tige se mit à sortir de terre, se couvrant progressivement de feuilles jusqu'à devenir un magnifique plant de sauge d'une quinzaine de centimètre de hauteur. La fée ne cacha pas sa surprise devant ce phénomène et vint observer de plus près le végétal tandis que son hôte alla refermer la porte.

« C'est depuis que je suis tombée dans cette eau que… » commença-t-elle avant d'être brusquement coupée.

« Cela ne fait pas le moindre doute. » confirma l'homme en redressant ses lunettes. « C'est pour cela que j'ai fait amener ici trois pots contenant chacun une graine et une terre différente afin de réaliser une petite expérience. »

Là-dessus, il vint verser le reste de l'eau dans le deuxième pot et, cette fois-ci, ce fut un pissenlit qui en sortit. Il fit un geste de la main vers le pot restant, invitant Lily à s'y intéresser.

« Si mon hypothèse est juste, en tombant dans la fontaine, tes pouvoirs de fée l'ont en quelque sorte contaminée et elle possède à présent des propriétés magiques. »

En regardant le contenu du dernier récipient en terre cuite, elle vit tout de suite que cette terre était stérile et que, normalement, rien ne pouvait y pousser. Mais si elle voulait savoir quels étaient ses pouvoirs de fée, c'était le moment idéal pour ça.

En inspirant puis en expirant, elle plaça ses mains de chaque côté du pot et se concentra sur la graine qui devait s'y trouver. Elle ne put retenir son air surpris en voyant la terre stérile devenir fertile avant que, progressivement, de la menthe pousse avec ardeur et, de par son parfum, n'embaume toute la pièce.

-§-

Zaphias - Présent

C'est comme ça que Yuri avait connu Jade Curtiss et découvert une partie de ses pouvoirs de fée. Bien entendu, il avait participé à d'autres expériences de ce genre et tout se passait à merveille : il testait les limites de ses capacités et apprenait à les contrôler. Il y avait aussi une autre personne dont il avait pu faire la connaissance à cette époque…

« Yuri ! »

Il sortit de ses pensées en entendant la voix de Flynn. Il se tourna dans sa direction et le vit arriver en compagnie d'une jeune adolescente aux courts cheveux châtain, pas bien grande et dont les yeux verts brillaient à la fois d'intelligence et de colère. Vu la tenue un peu étrange qu'elle portait – c'était rare des filles de cet âge qui portaient une veste rouge et noire trop large ainsi qu'une seule chaussette – et le léger frisson qu'il ressentit en la regardant, c'était sans aucun doute la sorcière Rita Mordio.

« Vous avez du nouveau ? » demanda-t-il en comblant la distance qui les séparaient tout en restant instinctivement sur ses gardes.

« A part que le responsable s'y est pris comme un sagouin, pas encore. » fit la plus jeune qui, visiblement, fulminait intérieurement. « Mais ça doit être un vieux croulant à présent car ça doit bien dater de plus de vingt ans vu comme c'est mal fait ! »

« Peut-être que ma tante ou mon oncle aurait une idée du responsable. » suggéra Flynn, pensif.

« Pas certain pour ton oncle. » coupa Yuri. « Il n'était pas maudit contrairement à ta tante qui en avait des traces. »

« Donc ce serait la famille de ma mère qui serait maudite… Peut-être que mon grand-père saurait quelque chose avec un peu de chance mais j'ignore s'il est encore en vie. »

Oh que si il était vivant… Il avait dû déménager une ou deux fois suite à une « expérience » un peu ratée mais il se portait comme un charme. Et le jeune homme à la longue chevelure sombre n'avait jamais trouvé le courage pour aller le voir une dernière fois, surtout après avoir eu le choc de sa vie en rencontrant Flynn…

-§-

Empire de Malkuth, Grand Chokmah – Plus d'un demi-siècle auparavant

Quand trois coups furent frappés à la porte, la fée s'éloigna vite de la table, mettant ses mains dans son dos tandis que Jade se tourna vers la porte, précisant à celui qui se trouvait derrière que c'était ouvert.

« Désole de te déranger Jade mais l'empereur Peony aimerait te voir. » fit le jeune homme qui venait d'entrer, ses yeux bleus venant ensuite se fixer sur elle. « Oh mais j'ignorais que tu avais un invité. »

Il vint vers la fée et, ôtant le gant qu'il avait à la main droite, tendit amicalement cette dernière.

« Je suis le comte Gailardia Galan Guardios mais pour les amis, c'est Guy. »


 

NB : Pour ceux qui ne savent pas à quoi ressemble Guy, cherchez « Guy Cecil » du jeu Tales of the Abyss et comparez-le avec Flynn.

Auteur vs Persos :

Kaleiya : Bon… c'est lequel qui a piqué les lots pour notre version de « Questions pour un champion » ?

Orieul&Belphégor : C'est pas moi !

Sheen : Ils sont d'accord…

Kaleiya : Je présume donc qu'Orieul est celle qui a piqué les bouquins d'histoire…

Orieul : Mais j'avais rien sur les guerres napoléoniennes dans ma bibliothèque !

Kaleiya : Et Bastien a dérobé les valises…

Belphégor : Besoin de transporter un truc et je comptais les rendre.

Kaleiya : Ravie de savoir que ce n'était pas un corps… Y reste plus que ce truc pour faire soi-même ses sodas donc…

Kal, Orieul & Belphégor (regards suspicieux vers Sheen)

Sheen : … Il se pourrait que j'ai voulu l'essayer…

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Disclaimer : Tales of Vesperia et Final Fantasy V ne sont pas à moi

Titre : Croisements

Auteur : Kaleiya Hitsumei

Beta : Eliandre

Genre : drabble, humour, crossover

Rating : K

Note : Divers crossover avec TOV. Ici, c’est un croisement avec Final Fantasy V et, plus particulièrement, une scène concernant Faris que l’on peut voir à Tule si l’on a la bonne idée de passer par la taverne avant d’avancer dans l’aventure…

 


 

Ils avaient obtenu un bateau – d’une façon un peu inattendue - et étaient fraîchement arrivés à Tule, première étape avant le temple de l’air, quand les pirates se mirent à foncer à la taverne de la ville, leur capitaine suivant calmement derrière. Flynn n’appréciait pas vraiment le personnage, n’ayant pas bien digéré d’avoir passé la nuit attaché dans la cale du navire, mais reconnaissait qu’il aurait très bien pu les tuer s’il l’avait désiré. Estellise y était très certainement pour quelque chose mais la jeune femme ne savait pas ce qui avait pu faire changer d’avis Yuri bien que Raven ait soupçonné qu’il ait eu en tête de se servir d’elle comme otage.

Après avoir pris quelques renseignements sur la localisation du temple où se trouvait le cristal du vent, ils se rendirent à la taverne où ils purent constater que les pirates avaient pillé toutes les réserves d’alcool à eux seuls. Leur capitaine n’étant pas en vue, ils apprirent par l’un des matelots qu’il était dans une des chambres à l’étage en train de dormir…

« On devrait peut-être attendre qu’il soit réveillé… » fit Estellise en triturant nerveusement ses doigts. « Après tout, c’est lui qui possède le navire. »

« Et c’est aussi lui qui a insisté pour nous accompagner. » rappela Flynn tout en frappant à la porte de la chambre occupée par Yuri. « N’oubliez pas que nous sommes pressés. »

« Il a pas tort. » souligna Raven. « Il est plus que temps de réveiller la marmotte ! »

S’étant porté volontaire et n’ayant eu aucune réponse, le jeune homme aux cheveux blonds entra dans la pièce, éclairée par la lumière du jour qui passait à travers la fenêtre. Il n’eut pas de difficulté à trouver le jeune capitaine des pirates : celui-ci était étendu sur le lit, les draps blanc le couvrant jusqu’au milieu du torse qui, lui, était caché sous une chemise sombre dont les deux boutons du hauts étaient ouverts.

Flynn s’approcha pour le réveiller mais il se stoppa, ses yeux azur ne pouvant s’empêcher de détailler ce visage aux traits fins et à la peau claire qui était encadré par de longues mèches de cheveux sombres, éparpillées sur le matelas et sur les épaules de Yuri, certaines d’entre elles étant d’ailleurs piégées sous son bras gauche qui était plié près de sa tête. La respiration calme du dormeur passait à travers ses lèvres légèrement entrouvertes, complétant ce tableau plein de sensualité auquel son cœur fut charmé, battant fortement dans sa poitrine.

Quand Yuri émit un léger gémissement dans son sommeil, il sortit précipitamment de la chambre, le visage complètement rouge, ce qui intrigua fortement les deux autres.

« On peut savoir pourquoi tu tires une tronche pareille ? » demanda Raven en haussant les sourcils, intrigué.

« Euh… Ce n’est rien… » bredouilla Flynn qui avait du mal à se remettre de cette magnifique vision. « J’ai… juste dû imaginer des choses… »

« Comment ça gamin ? Fais-voir… »

Le plus âgé rentra dans la chambre tandis que le jeune homme essayait encore de comprendre comment il avait pu trouver Yuri aussi… attirant. Pas que le pirate était laid – il reconnaissait même volontiers qu’il était doté d’un certain charisme – mais il ne s’était pas attendu à éprouver une telle attraction pour un homme et, qui plus est, le trouver bien plus séduisant que la princesse Estellise.

Tout à coup, Raven sortit précipitamment de la pièce et avait l’air émerveillé, comme s’il avait vu la plus belle chose existant au monde – Flynn comprenait très bien ce sentiment tandis que la jeune femme était un peu perdue.

« Nom de… » commença le plus âgé avant de prendre une profonde inspiration. « Quelle créature exquise… C’est à en oublier comment respirer tellement… »

« Mais que se passe-t-il au juste ? » les questionna Estelle en les regardant tour à tour. « Vous êtes devenus rouges ! »

Ils n’eurent pas vraiment l’occasion de lui expliquer –aurait-elle seulement compris leur dilemme – car des sons provenant de la chambre se firent entendre puis Yuri en sortit en remettant sa longue chevelure en place, venant visiblement de se réveiller, avant de les regarder d’un air curieux.

« Qu’est-ce qu’il se passe ici ? » demanda-t-il avant de se rapprocher d’eux en n’obtenant qu’un haussement d’épaules de la part de la jeune femme. « Hé oh ! La terre à Flinnie et au vieux ! »

Il accompagna son exclamation d’un claquement de doigts qui les fit immédiatement atterrir, leur faisant oublier la vision enchanteresse à laquelle ils avaient assisté à peine deux minutes plus tôt. Face à ça, le capitaine des pirates soupira et retourna dans sa chambre.

« Je vous retrouve à l’entrée de la ville dans une dizaine de minutes. » déclara-t-il avant de refermer la porte derrière lui.

 

NB : Cette scène peut aussi avoir lieu après être allé au temple du vent. En tout cas, j’avais bien ris en la voyant dans le jeu, surtout qu’à l’époque, je ne savais pas le petit secret de Faris…

Auteur vs persos :

Orieul : T’as pas eu peur là…

Kaleiya : Yuri était le seul qui convenait pour Faris, faisant que pour Bartz, il ne restait que Flynn.

Belphégor : On s’occupera de ton enterrement.

Kaleiya : Merci…

Off OS2

Sep. 25th, 2014 05:11 pm
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Disclaimer : Tales of Vesperia n’est pas à moi

Auteur : Kaleiya Hitsumei

Beta : Eliandre

Titre : Off, the retour ! XD

Rating : T

Note : Idée trouvée en regardant scènes de ménage et où Fabien s’enregistrait pour s’encourager à courir… puis qu’Emma a profité qu’il s’absente pour elle aussi ajouter un petit message pour motiver son compagnon.

Playlist :

- Piano Guys – Peponi

- Piano Guys – Michael meets Mozart

- Piano Guys – Don’t you worry child

- Theory of a deadman - Bad girlfriend

- Lindsey Stirling feat Pantatomix – Radioactive

- Adam Lambert – For your entainterment

 


 

Lorsqu’il ne travaillait pas ou n’avait rien d’important à faire, Flynn aimait aller courir un peu, se levant souvent tôt le matin pour faire le tour du parc – c’était généralement aussi le jour où Yuri faisait ses plus longues grasses matinées en prenant toute la place dans son lit – répétant cet exercice physique en cours d’après-midi, seul ou accompagné par Sodia – son ex-copine qui était aussi sa collègue et une bonne amie à lui -, Judith – sa voisine d’en face était très sportive – et, parfois, Raven – généralement, il se pointait quand une des deux filles était là pour la suivre le plus près que cela lui était possible avant de finir par s’écrouler de fatigue dans un coin.

Ce jour-là, un dimanche vers trois heures de l’après-midi, il venait tout juste de commencer son jogging dominical dans le parc, vêtu d’un marcel bleu avec un short beige et d’une paire de baskets blanches. Il avait aussi une ceinture qu’il avait achetée spécialement pour cette activité afin de pouvoir transporter facilement son téléphone portable, son portefeuille et une gourde. Le soleil étant au rendez-vous, il avait aussi prévu les lunettes de soleil et, ses écouteurs sur les oreilles, il lança la lecture de ses musiques.

Durant les dix premières minutes, il avait pas mal zigzagué entre des groupes d’enfants ou de personnes qui ne faisaient pas attention à lui, tout cela sur le rythme des Piano Guys. Une fois passé les plus gros obstacles, il put enfin commencer à savourer sa course ainsi que l’harmonie entre les notes de piano et de violoncelle auxquelles s’ajoutaient parfois un vocaliste, l’ensemble lui donnant comme un étrange sentiment de légèreté qui lui permettait d’oublier les soucis du moment.

Puis son voyage fut brusquement victime de violentes turbulences quand le son bien violent d’une guitare électrique vint à ses oreilles, lui faisant vite comprendre que quelqu’un avait touché à son téléphone et que, vu la chanson, cette personne était très certainement son cher colocataire qui avait un goût prononcé pour le hard rock voire le métal… Dans le cas actuel, il semblerait que c’était une chanson, aux paroles assez crues, de Theory of a deadman qui parlait d’une fille particulièrement… attractive.

Il s’était arrêté pour voir l’étendue des « dégâts » que son meilleur ami avait infligé à son téléphone portable quand il vit passer en sens inverse Judith qui le salua d’un signe de main… et qui était suivie par une dizaine d’hommes qui peinaient visiblement à garder le rythme s’il se fiait à leur façon de souffler – Flynn remarqua d’ailleurs que Raven était en tête de peloton, les yeux fixés sur le mini short blanc de la jeune femme. Elle s’arrêta à proximité d’un banc dont elle se servit pour faire quelques étirements, permettant au groupe qui la suivait de se reposer un peu.

« Belle journée pour courir n’est-ce pas ? » lui demanda-t-elle quand il s’approcha tandis qu’elle remettait en place la visière blanche qu’elle avait sur la tête afin de protéger ses yeux du soleil.

« Idéale oui. » approuva-t-il tout en se joignant à elle dans son étirement des jambes. « Pas de séances de photos en ce moment ? »

« J’en ai une de prévue mardi qui promet d’être longue vu que c’est pour la nouvelle collection de lingerie pour un site de vente en ligne. »

« Je peux t’y emmener sans problème ! » s’exclama Raven qui avait fait un véritable bond en avant pour les rejoindre en entendant cela. « Le vieux Raven n’a rien de prévu ce jour-là et serait enchanté de te servir de chauffeur. »

Flynn soupira intérieurement face à cela, surtout en remarquant la petite dizaine de regards qui fixait le trentenaire avec jalousie puis le débardeur bleu roi de Judith, laissant bien voir sa poitrine généreuse. A chaque fois c’était pareil…

« Tu risques de t’ennuyer tu sais. » déclara la jeune femme en sortant des écouteurs de la sacoche beige qu’elle avait avec elle.

« Mais non mais non ! » contra immédiatement le trentenaire en accompagnant ses paroles de gestes de ses bras. « Vous savez très bien que le grand Raven ne s’ennuie jamais ! »

« Bon alors rendez-vous chez toi mardi à sept heures pour le café. »

Alors qu’un cri de joie s’échappa de la bouche de leur voisin, les autres hommes qui formaient auparavant le peloton affichèrent des moues dégoûtées, deux d’entre eux choisissant de s’en aller pour probablement rentrer chez eux prendre une bonne douche – il suffisait de voir l’état de leurs T-shirts pour constater qu’ils en avaient sacrément sué.

« Et tu faisais quoi tout à l’heure avec ton téléphone ? » lui demanda Judith avec curiosité. « Un coup de fil du travail ? »

« Non, juste Yuri qui a dû s’amuser avec ma playlist. » répondit Flynn en montrant l’objet du délit à sa voisine d’en face. « Il a ajouté des musiques à lui apparemment. »

« Oh. On peut échanger pour le reste du trajet si tu veux. J’écoute Lindsey Stirling en ce moment. »

Il accepta la proposition de la jeune femme et, après échange de son smartphone blanc avec celui bleu – la coque représentait un superbe dragon chevauché par un chevalier avec une lance – de sa camarade sportive, ils reprirent leur jogging ensemble, Raven suivant de près – très certainement boosté par le fait qu’il espérait assister à une belle séance de photos de lingerie féminine prochainement – et, un peu plus loin derrière, le groupe d’hommes qui était derrière l’endurante joggeuse depuis un moment déjà.

Habituellement, quand ils couraient, ils discutaient un peu en même temps, parlant de choses et d’autres. Cependant, Flynn s’estimait plutôt heureux que chacun écoute de la musique car dernièrement, Judith s’intéressait un peu trop sur la raison pour laquelle Yuri et lui avaient opté pour une sorte de relation libre ou de sexe entre amis pour être plus exact. Il n’avait pas vraiment envie d’en parler et laissait généralement la jeune femme – ainsi que Raven car lui aussi était curieux sur ce sujet – émettre ses hypothèses sans jamais rien en dire bien que souvent, elle était proche de la vérité.

Cette situation existait – et était tenue secrète auprès du grand public – car le grand-père de Flynn, actuel dirigeant d’une grande entreprise dans laquelle le jeune homme travaillait, n’était pas du tout un grand partisan des couples homosexuels au point qu’il avait déshérité l’un de ses petits-enfants en découvrant qu’il était en ménage avec une personne du même sexe. De plus, d’autres membres de sa famille n’étaient pas très ouverts sur le sujet eux non plus et, n’ayant plus ses parents depuis maintenant pas mal d’années, il ne souhaitait pas vraiment être en froid avec ce qui lui restait de famille.

Pour faire bonne figure au départ, il avait tenté de sortir avec des femmes mais cela ne marchait jamais et c’était au lycée, quand il était avec Sodia, que celle-ci lui fit comprendre la raison de ses échecs répétés avec la gente féminine : d’un point de vue physique, il n’était pas du tout attiré par elles et ce, quelque soit leur morphologie. Ce constat fut particulièrement ennuyeux pour lui, surtout qu’il en avait eue la preuve lors d’une nuit avec la rousse où il avait été incapable d’avoir la moindre érection, un moment qui fut particulièrement honteux et que son amie avait juré de garder pour elle jusqu’à la fin de ses jours.

Après cette nuit, il avait tenté de donner au maximum le change mais Yuri l’avait vite percé à jour et, une fois chez ce dernier, il dut lui avouer la vérité. Il fut étonné que son meilleur ami ne le mette pas en boîte et, qu’au lieu de ça, il lui demande de but en blanc s’il ne voulait pas coucher avec lui ce soir et voir ce que ça donnait. Flynn avait pris quelques minutes pour y réfléchir, pesant le pour – il savait que ceci ne se saurait jamais vu comme le brun pouvait être discret quand il le voulait – et le contre – son ami d’enfance avait une forte tendance à multiplier les coups d’un soir, que ce soit avec des hommes ou des femmes, et connaissant l’individu, il était probable qu’il ne se protégeait pas à chaque fois.

Toujours est-il que son meilleur ami lui en voulait encore pour avoir été forcé de faire une prise de sang le lendemain ainsi que plusieurs tests de dépistages – tous négatifs heureusement -, tout ça parce qu’il avait eu le malheur de confirmer qu’il n’utilisait pas à chaque fois un préservatif. Suite à ça, il avait tout de même compris la leçon.

Après avoir planifié une semaine de soi-disant vacances au bord de la mer, ils s’étaient retrouvés à partager une chambre d’hôtel durant toute la durée de leur séjour – au départ, chacun était censé avoir sa chambre mais en voyant le prix, Yuri esquissa une grimace qui fit tout de suite comprendre à Flynn que, bien que ce ne serait pas lui qui allait payer la note, c’était bien trop cher à son goût. Ils n’avaient pas beaucoup vu la plage mais concernant le plafond au dessus de leur lit, c’était tout le contraire. C’était comme un très long cours pratique d’éducation sexuelle mais en bien plus passionnant.

Ce fut lors du dernier jour de leurs « vacances » que leur accord fut mis au point, son meilleur ami restant ainsi un esprit libre – avec l’assurance d’avoir un toit le temps qu’il le souhaitait – et lui sauvait les apparences auprès de ses proches.

Mais avec les années de colocation dans cette situation plus que particulière, ils étaient tous deux entrés dans une certaine routine, presque comme s’ils étaient un couple normal – si l’on exceptait qu’ils ne se comportaient ainsi que chez eux. Flynn se sentait bien avec Yuri et se voyait très mal avec quelqu’un d’autre dans sa vie. Cependant, comment demander à une personne qui ne souhaite pas vraiment s’engager que l’on désire une véritable relation avec elle et non basée essentiellement sur le sexe ?

Brusquement, alors qu’ils venaient de dépasser le carrousel, Judith stoppa net, ses yeux grands ouverts d’étonnement. Tandis qu’il enlevait ses écouteurs pour demander ce qu’il se passait, la jeune femme attrapa Raven et, tout en faisant une manipulation sur son téléphone, lui mit un de ses écouteurs à elle dans l’oreille. Au bout de quelques secondes, le trentenaire eut une expression de surprise sur le visage qui, après un échange de regards avec sa comparse de crime habituelle, parti avec elle dans un léger rire.

« Qu’est-ce qu’il a mis de si drôle dans mon téléphone ? » questionna Flynn qui n’appréciait pas vraiment d’être mis à l’écart.

« Tu ferais mieux de l’écouter toi-même. » répondit Judith en rendant son bien au jeune homme tout en récupérant le sien au passage.

« Et tu risques d’être pressé je crois. » ajouta Raven avec un sourire en coin qui n’inspirait rien de bon.

Intrigué, il regarda l’écran de son téléphone et, au lieu de voir le titre d’une chanson ou son artiste, il lisait « projet sans titre », ce qui laissait penser que c’était un enregistrement audio. Il plaça ses écouteurs dans ses oreilles et entama la lecture de ce fichier.

« Flynn, si tu rentres avant dix-huit heures, tu auras droit à une surprise dans ta chambre. Autrement, je t’attendrai nu sous les draps avec de la chantilly et du chocolat fondu. Rentre vite…»

… Vu que Yuri avait, en plus, pris une voix suave en enregistrant ce message et qu’il l’avait fini en simulant un léger gémissement, il n’en fallait pas plus pour comprendre ce qui y était sous entendu.

Tout en s’excusant auprès de ses voisins – il eut un mal fou à ignorer les regards qu’il recevait -, il fonça vers la sortie du parc et rentra le plus vite possible chez lui. Un coup d’œil à sa montre lui indiqua qu’il était dix-sept heures trente, soit bien plus de temps qu’il ne lui en fallait pour faire tout le chemin en sens inverse. Cela fut prouvé quand, au bout d’à peine dix minutes, il fut devant la porte de son appartement, insérant la clé dans la serrure tout en restant le plus calme possible…

… Sauf que dès qu’il ouvrit la porte, de la musique se fit entendre tandis qu’il découvrit Yuri, les cheveux attachés dans un chignon décoiffé et vêtu d’une chemise noire qu’il avait nouée sur le devant ainsi que d’un court short bleu marine en train de se déhancher d’une manière très sensuelle sur la chanson – pour dire, il avait du mal à quitter des yeux ce fessier qui se balançait de gauche à droite et qu’il était très tenté d’attraper…

Mécaniquement, Flynn ferma la porte derrière lui et, le cerveau s’étant comme mis sur « OFF », il prit son colocataire par la taille et l’embrassa fiévreusement. Ensuite, dans une hâte absolument non maîtrisée, les vêtements furent sauvagement ôtés puis, tandis que cette même chanson tournait en boucle, ils entamèrent une longue gymnastique sur le sofa, changeant assez souvent de position, jusqu’à finir par s’endormir dans un entremêlement de bras et de jambes.

 


 

NB : Plus léger celui-là mais je voulais surtout me sortir l’idée du crâne et la coupler avec Off me semblait le plus logique.

Auteur vs Persos :

Orieul : T’aurais pu pousser le vice…

Kaleiya : Non. Et puis celles qui auront la bonne idée d’écouter Adam Lambert sur la fin comprendront que je ne voulais pas en rajouter…

Belphégor : Je ne sais pas s’il faut s’inquiéter de tes écoutes ou non…

Kaleiya : Ben il m’est revenu par hasard en tête et quand je l’ai vu dans mes suggestions…

Belphégor : Minute… Comment il a pu atterrir dans tes suggestions ?

Kaleiya : … Parce qu’il se peut que j’écoute certaines chansons en version nightcore car autrement, je ne les supporte pas… Et cette chanson existe en version nightcore, avec une charmante image je dois dire.

Orieul : Hein ? Fais voir ! (fonce sur l’ordinateur de Kaleiya)

Belphégor : Je suis entouré de yaoistes décidément…

Off

Aug. 30th, 2014 10:13 pm
kaleiyahitsumei: (Default)
Disclaimer : Tales of Vesperia n’est pas à moi

Auteur : Kaleiya Hitsumei

Beta : Eliandre

Titre : Off

Genre : Romance, PWP, humour

Rating : M (langage très… familier dirons-nous)

Note : Idée qui m’est venue après… un mode OFF de ma part. Je précise que j’ai joué à tous les jeux que j’ai cité (mais pas forcément terminés pour certains comme Remember Me). Par contre, même si c’était prévu en PWP dès le départ, je ne pensais pas dériver autant… L’abus de yaoi est dangereux pour les cerveaux de yaoistes en manque… Je vous conseille de prévoir une poche de sang (de votre groupe sanguin) ainsi que de la glace car je ne vous ai pas habituées à ça…

Note 2 : J’ai mis Romance en genre mais dans les faits, j’ignore si l’on peut qualifier cela de romantisme… Y a des fois où je m’aperçois que j’aime bien tuer le romantisme à grands coups de couteau…

Note 3 : Laissez-moi le temps de me cacher…

 


 

Après une semaine d’absence, la première chose qui frappa Flynn quand il ouvrit la porte de son appartement fut cet abominable parfum de renfermé mêlé à une odeur de renard, lui faisant d’abord se demander si un rat n’avait pas rendu l’âme il y a peu. Puis il vit le désordre régnant : la pile de vaisselle menaçant de s’effondrer dans l’évier, les cartons de pizzas et les bouteilles de bières vides éparpillées au sol…

En apercevant une silhouette bien familière assise n’importe comment sur le sofa et avec une manette de jeu en main, il sut ce qu’il s’était produit : Yuri avait passé tout son temps à jouer sur la console. D’ailleurs, s’il se fiait au fait qu’il était simplement vêtu d’un boxer noir partiellement caché sous un t-shirt kaki deux tailles trop grand pour lui ainsi qu’au parfum ambiant, il ne s’était pas changé et douché depuis un moment…

Il était plus que temps d’agir.

Après avoir ôté ses chaussures et sa veste, Flynn alla s’asseoir à côté de son colocataire, fronçant le nez face à la mauvaise odeur que ce dernier dégageait. Il remarqua ainsi, posée sur la table basse, la demi-douzaine de boîtes de jeux-vidéo, celle du dessus étant « Remember Me » et probablement le jeu auquel il était actuellement en train de jouer. Ne constatant aucune réaction de la part du brun, le blond appuya sur le bouton start de la manette, ce qui eut l’effet de faire enfin réagir celui qui l’avait en main.

« Que… » commença Yuri, surpris, avant de se tourner vers Flynn en lui jetant un regard noir. « Tu te rends compte que je suis en plein combat là ? J’étais en train de les massacrer ces fichus Leapers ! »

« Tu réalises que je reviens d’une semaine d’absence pour retrouver l’appartement dans cet état ? » répliqua-t-il sur un ton sec, ne cachant pas son agacement.

« J’ai dix jours de congés à tuer donc je m’occupe comme ça me chante Flinnie ! »

Argument identique à la fois où le brun avait passé cinq jours à jouer au dernier Tomb Raider, ce dont les oreilles du blond gardaient un très mauvais souvenir - les boules Quies avaient été d’un grand secours – et à la période de deux semaines qu’il avait occupée sur Magna Carta 2, perdant au passage les trois kilos de trop qu’il avait pris le mois précédent après avoir bien profité d’un buffet à volonté – ce dont il se souvenait le plus était les défis improvisés de celui qui mangera le plus vite le contenu de son assiette, un spectacle assez répugnant à voir…

Flynn jugea préférable de ne pas répliquer. Il était épuisé après cette semaine composée surtout de conférences interminables et se prendre la tête avec Yuri n’était pas sa priorité. Cependant, il se voyait mal supporter un désordre pareil et un parfum aussi désagréable jusqu’au lendemain.

Ramasser ce qui jonchait le sol ne lui prit que cinq minutes et il put ainsi s’apercevoir du fait que son colocataire avait très certainement dormi dans cette pièce durant ces derniers jours, découvrant la présence d’une couverture au pied du sofa. Par contre, trouver un moyen de décoller son cher meilleur ami de cet écran risquait d’être un peu compliqué et de provoquer quelques dommages collatéraux. Il avait donc fortement intérêt à trouver un moyen de limiter les dégâts.

Ce fut lorsqu’il qu’il fit le geste pour dénouer sa cravate qu’une idée lui vint à l’esprit.

Constatant que Yuri avait changé de position, très certainement dans l’idée de l’empêcher de revenir s’asseoir à côté de lui, Flynn guetta le bon moment puis, quand il vit que sa cible était très concentrée sur l’écran de la télévision, il s’approcha silencieusement de lui. Avec le plus de délicatesse possible, il entoura les chevilles du brun avec sa cravate bordeaux et fit un nœud. Ce fut quand il serra ces liens improvisés que son colocataire réalisa que quelque chose n’allait pas.

« PUTAIN FLYNN ! » hurla celui aux cheveux longs, gardant la manette dans sa main droite pour tenter de se libérer.

Le blond n’attendit pas et attrapa le brun par le bras puis le tira tant bien que mal jusqu’à la salle de bain, ce dernier le traitant de tous les noms lui passant par la tête et tentant même de le mordre à un moment. Arriva enfin l’instant où il se tint en face de la cabine de douche et que, avec un petit plaisir sadique qu’il eut toutes les peines du monde à dissimuler, il ouvrit l’eau froide et jeta littéralement Yuri en dessous du pommeau de douche. Celui-ci, une fois ce torrent glacé l’ayant frappé de plein fouet, se tut et posa une main sur la paroi afin de ne pas tomber.

« Tu sauras utiliser le savon tout seul ? » demanda celui aux yeux azur en cachant difficilement sa colère.

Son colocataire, visiblement d’assez mauvais poil après avoir été jeté sous l’eau froide encore habillé, lui jeta un regard noir et se permit de lui faire un doigt d’honneur, traduisant ainsi le fond de sa pensée.

La suite ne se fit pas attendre : Flynn, n’étant vraiment pas d’humeur à supporter ce genre de chose de la part de Yuri, n’eut aucune hésitation à le rejoindre sous la douche, se protégeant des coups de poings de son meilleur ami. Il le plaqua de toutes ses forces contre le mur carrelé et attrapa le savon d’une main, l’autre étant utilisée à repousser les assauts d’un brun pas du tout coopératif.

« MAIS MERDE ! » hurla celui aux cheveux longs, face contre la paroi après avoir été maîtrisé par le blond. « OCCUPE-TOI DE TON CUL ET FOUS-MOI LA PAIX ! »

« JE NE SERAIS PAS OBLIGE D’EN ARRIVER LA SI TU T’ETAIS BOUGE LES FESSES EN MON ABSENCE ! » répliqua Flynn avec force.

« VA CHIER ! »

Il aurait pu répondre à Yuri mais à part alerter les voisins, ça n’allait rien faire de plus. Sur le coup, il n’avait pas compris pourquoi il avait forcé le brun à lui faire face. Très certainement car celui-ci était en train de l’insulter et qu’il voulait absolument qu’il se taise car il n’avait pas envie d’attirer l’attention. Mais était-ce une si bonne idée que ça de l’embrasser à pleine bouche ?

Il aurait peut-être dû y réfléchir avant au lieu de laisser son cerveau se mettre sur « Off » comme cela…

Le contact n’avait pas duré plus de dix secondes, le temps que chacun réalise ce qu’il se passait et que son meilleur ami le repousse d’une main, le visage complètement rouge et n’osant pas le regarder droit dans les yeux. De son côté, il n’en menait pas large non plus s’il se fiait à cette intense chaleur qu’il sentait au niveau de ses joues et à cette vision hypnotique qu’il avait actuellement du jeune homme face à lui, ses longs cheveux noirs gorgés d’eau et son T-shirt kaki plaqué contre son torse, soulignant ainsi chaque détail qu’il était censé cacher.

« Heu… » commença-t-il, cherchant désespérément quelque chose à dire pour dissiper le malaise qui était présent. « Je… Je vais… »

« Coupe l’eau. » l’interrompit Yuri, évitant toujours de croiser son regard.

Réalisant soudain que cela devait bien faire cinq minutes qu’ils étaient dans la cabine de douche, Flynn s’exécuta – principalement parce qu’il ne tenait pas vraiment à faire gonfler encore plus la facture de consommation d’eau.

« … C’était comment ton… truc où t’es allé ? » demanda le brun, triturant d’une main le bord de son T-shirt tout en le tirant vers le bas.

« … Intéressant par moment mais surtout épuisant. » répondit le blond, détournant ses yeux bleus de ces longues jambes fines et claires qui étaient des plus attrayantes. « Comme j’étais venu seul, j’ai eu pas mal d’invitations mais les personnes ne se sont pas révélées être toutes très… agréables je dirais. »

Une dizaine de jeunes femmes lui avait proposé soit de boire un verre le soir, soit de manger ensemble. Il était resté poli mais il devait reconnaître qu’il n’avait pas passé de bons moments avec elles. Trop de conversations puériles, trop de battements de cils, trop de manières… Il serait venu accompagné à l’hôtel, il n’aurait peut-être pas eu droit à tout cela.

« Le tombeur de ces dames a encore frappé… » le taquina Yuri, le malaise s’étant visiblement dissipé. « Je regrette un peu de ne pas avoir pu voir ça. »

Ça aurait été amusant oui… Enfin, si l’on exceptait le fait que Flynn était quasi certain que son cher colocataire se serait endormi sur son épaule durant les conférences, comme il le faisait déjà si bien au collège et au lycée. Mais l’avantage aurait été que les risques de se faire harponner auraient été grandement réduits.

« Et tu devrais enlever ta chemise car là, elle cache plus grand-chose. »

Cette remarque lui fit reporter son attention sur sa chemise blanche… devenue quasiment transparente après que le coton ait absorbé l’eau. Le tissu s’était plaqué contre son torse, le moulant d’une façon qui le gênait quelque peu et qui, s’il se fiait à cette lueur brillant dans ce regard gris, intéressait beaucoup Yuri.

Par contre, l’idée de l’ôter devant lui le gênait quelque peu…

« Tu sais Flynn, je t’ai déjà vu à poil par le passé donc… »

Suite à cette phrase, son colocataire leva une de ses jambes, lui montrant ainsi qu’il était parvenu à libérer ses chevilles, et d’un geste, envoya valser hors de la cabine la cravate. Il réduisit ensuite l’écart entre eux puis il déboutonna avec grand soin chaque bouton de sa chemise, frôlant parfois – volontairement ? – sa peau et lui envoyant comme de légères décharges électriques dans son corps. Quand il eut achevé sa tâche, il mit ses mains dans son dos et recula d’un pas.

« Yuri, qu’est-ce que tu… »

Jamais il ne termina cette phrase, ses yeux bleus ayant été brusquement attirés par le sous-vêtement noir qu’il vit glisser le long de ces jambes blanches et qui fut jeté sans ménagement sur le carrelage de la salle de bain. Le peu de raison qui lui restait encore le poussa à tourner la tête de côté et à ignorer le fait qu’il se sentait de plus en plus à l’étroit dans son pantalon, ce qui n’était très certainement plus à cause de l’eau à présent…

« T’es pas obligé de faire ta prude tu sais. » lui fit le brun avec cette lueur lubrique qu’il avait dans le regard. « Et je te signale que tu devrais apprendre à mieux planquer tes vidéos pornos car je les ai trouvées vachement vite. »

« Attends… J’ai un mot de… »

Flynn s’interrompit en réalisant son erreur et le sourire victorieux de Yuri. Maintenant, son meilleur ami savait qu’il avait des films pour adultes sur son ordinateur personnel… Il avait été perturbé au point de baisser sa garde et forcément, celui aux cheveux longs avait foncé droit dans la brèche. Il devait impérativement se reprendre ou sinon…

« Si tu me dis qu’actuellement, un plan cul ne t’intéresse pas, je ne te croirais pas. » lui lança son colocataire en essorant sa longue chevelure.

« Tout ce que je veux c’est que tu te laves, point. » trancha-t-il, ses yeux bleus fixés sur la porte de la salle de bains. « Je viens juste de rentrer, je suis crevé donc je n’ai pas de temps à perdre dans ce genre d’activité. »

« Dans une douche, on peut faire facilement les deux à la fois tu sais et vu le chapiteau qui est en train de se monter de ton côté… »

« Je peux m’en occuper seul donc si tu permets… »

Ecoutant sa raison, Flynn sortit de la cabine de douche, plutôt soulagé à l’idée de pouvoir enfin échapper aux avances de Yuri. Cependant, à peine eut-il posé sa main sur la poignée de la porte qu’un gémissement le figea sur place. Lorsque qu’un second parvint à ses oreilles, il tourna légèrement la tête et découvrit que son cher colocataire avait passé une main sous son T-shirt et que l’autre était…

« Oh… Ah ! »

… Nom de…

« Oui… Oh OUI ! »

… Sale petit allumeur… Il simulait certainement en partie mais vu où se trouvaient actuellement ses doigts, il avait la garantie qu’il devait prendre son pied… Et cette vision particulièrement érotique ne faisait rien pour arranger son problème qui devenait de plus en plus dur…

« J’ai envie de toi Flynn… »

Ce coup-ci, sa raison se mit automatiquement sur « Off », incapable de résister à ces mots remplis de désir et cédant à son instinct. En un instant, il avait plaqué Yuri contre la paroi carrelée, l’embrassant à pleine bouche tout en passant l’une de ses mains derrière une de ses cuisses. Il colla ensuite son bassin à celui du brun puis mima un mouvement de va-et-vient, les faisant tous deux gémir dans le baiser.

Celui aux cheveux longs passa ses longs doigts fins dans la tignasse blonde puis les laissa descendre le long de sa nuque, poussant vers le bas la chemise blanche qui était complètement trempée et qui commençait sérieusement à l’agacer. Il se mit donc à tirer sur ce vêtement, cherchant à l’écarter de cette peau très légèrement bronzée.

Comprenant le message, Flynn rompit le baiser et se débarrassa rapidement de ce tissu devenu encombrant tandis que Yuri tenta d’ouvrir ce pantalon gris clair à l’origine et qui collait fortement à la peau de son partenaire. Bien qu’il vînt à bout de ce bouton et de cette braguette, le tissu, étant très humide, rendait le vêtement plus difficile à enlever, faisant qu’il ne retint pas un grognement face à ce constat.

« T’aurais pu l’enlever avant ce truc… » râla celui aux cheveux longs.

« Tu aurais pu être plus coopératif aussi. » répliqua le blond avant de s’appliquer à faire un suçon dans le creux de la nuque du brun.

« Connard… »

Il préféra ne pas relever la chose verbalement et se contenta donc de mordiller le morceau de peau sur lequel il était si concentré, faisant pousser un petit gémissement surpris à son partenaire. Il l’empêcha de répliquer en laissant sa main passer sous le T-shirt kaki puis il lui pinça la fesse droite. Il ne fut guère étonné de se prendre un coup dans le bras.

« Mais ça va pas toi ! »

« Je suis en droit de tester la qualité de la marchandise. »

« Tu sais ce qu’elle te dit la marchandise ? Que tu devr…»

Yuri ne termina pas sa phrase, sa bouche ayant été capturée dans un baiser langoureux auquel il se fit une joie de participer. Flynn le plaqua encore plus contre la paroi carrelée, ce qui ne sembla pas déranger le brun qui noua ses bras autour de son cou et, d’un geste, vint enserrer sa taille avec ses jambes.

« Je n’ai pas bien compris ce que tu essayais de me dire tout à l’heure… » taquina le blond une fois leurs bouches séparées.

« Je me demandais quand tu allais te décider à passer à la partie où tu fourres ta b… »

Encore une fois, il l’interrompit en l’embrassant, ce qui, ce coup-ci, fit grogner son partenaire. Tout en maintenant ce dernier en place avec une main sous ses cuisses, il baissa suffisamment son pantalon gris et son boxer blanc de sorte à être plus à l’aise.

« Ça t’amuse hein… »

« J’ignore de quoi tu me parles Yuri. » répliqua-t-il en arborant un faux air innocent.

« Ben voyons… Surtout, fous-toi de ma gueule… »

Le brun reposa sa jambe gauche au sol, se tenant toujours au blond pour ne pas glisser dans la douche. Durant l’action, le regard de ce dernier se posa sur ce T-shirt kaki…

« Enlève cette chose. » dit Flynn.

Les yeux gris de son colocataire lui lancèrent des éclairs, montrant qu’il se souvenait très bien qu’il détestait ce vêtement.

« Nan. » fit Yuri avant de lui tirer la langue tout en le regardant avec un air de défi.

… Il le prenait comme ça ? Il allait amèrement le regretter…

Tandis qu’il repassa à la partie où il faisait taire son partenaire, il attrapa un flacon de gel douche qu’il avait déjà prévu de prendre depuis un petit moment puis, après s’être assuré que son compagnon était suffisamment distrait, il l’ouvrit et versa un peu de son contenu dans sa main gauche. Il passa les doigts de sa main droite dans la noisette de gel puis les dirigea vers une certaine partie du corps de son compagnon…

« C’est quoi cette od- Ahhh ! » fit Yuri après avoir rompu le baiser puis s’être agrippé à Flynn en sentant que ce dernier avait inséré son index et son majeur dans son anus.

« Rose et Mimosa si j’ai bien lu le flacon. » répliqua le blond comme si de rien n’était, se concentrant sur la préparation de son partenaire.

« Put-aiiinnn ! T’aurais pas p-pu prendre a-autre chose q-que cette s-saleté qu’a oublié E-Estelle ? »

« C’est toi qui étais pressé donc je n’ai pas fait attention. »

Gros mensonge là mais en choisissant de faire ça dans la douche, il aurait dû se douter que le choix de lubrifiant serait différent… Et puis il doutait fortement qu’Estellise revienne pour récupérer un flacon de gel douche plus qu’à moitié vide donc autant s’en servir.

« Je te jure que si mes pets sentent bizarres après ça… » commença le brun d’un ton faussement menaçant et sous lequel il percevait un amusement difficilement contenu.

« Au moins, on ne pourra pas te reprocher qu’ils ne sentent pas la rose. » termina Flynn avant d’éclater de rire, vite imité par Yuri qui commençait à s’agiter contre lui.

Tous deux n’étaient pas en couple l’un avec l’autre. Le terme exact serait « sex-friend » ou amis et plus si affinités. Ça n’empêchait aucun des deux d’aller voir ailleurs vu qu’officiellement, chacun était célibataire. Mais entre l’un qui se lassait très vite de ses relations soi-disant amoureuses et l’autre se contentant souvent de flirter à tout va, cet arrangement n’était pas prêt de se terminer, surtout qu’aucun d’eux ne s’en plaignait, bien au contraire.

Alors qu’il entraînait le brun dans un nouveau baiser, celui-ci rouvrit l’eau avec la main qui ne lui servait pas à rester en équilibre, poussant un gémissement particulièrement audible quand il sentit que le blond avait trouvé ce fameux endroit sensible à l’intérieur de lui.

« AH ! » s’exclama Yuri en brisant le baiser, les yeux à demi-fermés. « Flynn… »

« Je sais. »

Ce n’était pas difficile de deviner que le jeune homme aux cheveux longs voulait passer à l’étape suivante, surtout lorsqu’il était en train de s’empaler sur ses doigts avec une ardeur non contenue. Il le força à décoller un peu son bassin de la paroi, le laissant de nouveau entourer sa taille de ses jambes, puis après avoir ôté ses doigts, s’attirant un grognement de mécontentement de la part de son partenaire, il se hâta de les remplacer par quelque chose de plus… intéressant pour chacun d’eux.

« Pas trop t- ARGH ! »

A être trop pressé, on en bâcle certaines étapes non négligeables dans une bonne partie de jambes en l’air improvisée… Du coup, quelqu’un était obligé de prendre un peu de temps pour que son corps s’ajuste correctement au membre de son partenaire.

Un mouvement de bassin indiqua à Flynn qu’il pouvait y aller. Il entama donc un lent mouvement de va-et-vient, observant attentivement les expressions présentes sur le visage de Yuri. Quand il constata que la grimace de douleur avait laissé place à une bouche légèrement entrouverte qui laissait s’échapper des soupirs de plaisirs de plus en plus sonores, il se permit d’accélérer un peu le rythme.

« Plus fort Flynn ! »

Cette requête fut vite exaucée et, s’il se fiait au long gémissement de son partenaire, il avait visé juste. De plus, celui-ci n’avait guère envie de rester passif en restant plaqué contre le mur carrelé à subir les va-et-vient de son amant, entraînant ce dernier dans un baiser ardent tout en accompagnant les coups de reins qu’il recevait de mouvements du bassin.

Quand il sentit que la température de l’eau qui ruisselait sur leurs corps baissait de façon assez significative, il ne lui en fallut pas plus pour conclure qu’ils avaient déjà utilisé toute l’eau chaude et qu’il ne serait pas une mauvaise chose de vite finir leur affaire avant d’être frigorifiés.

Au moment où Yuri planta ses ongles dans ses épaules, il comprit que la fin était proche. Puis vint l’instant où il poussa un cri de pure jouissance qui résonna contre les parois de la douche, signifiant que leur étreinte ardente allait cesser très vite, ce qui se confirma quand, dans un dernier coup de rein, Flynn se fit submerger par ses sens et dut forcer sa prise pour ne pas lâcher son partenaire, ce dernier se laissant glisser contre le mur carrelé.

Après une minute où chacun reprenait à la fois son souffle et ses esprits, ils se séparèrent puis se débarrassèrent de leur vêtements mouillés avant de se sécher les cheveux, l’un avec une simple serviette qu’il frotta avec vigueur sur sa tête et l’autre en les essorant pendant un bon moment pour en ôter le plus d’eau possible. Ils allèrent ensuite se coucher, chacun dans son lit respectif – Flynn avait bien précisé à Yuri qu’il ne tenait pas à dormir dans des draps humides toute la nuit.

Le lendemain, ils se levèrent à peu près en même temps, l’un frais comme un gardon et l’autre se demandant pourquoi son fichu réveil avait décidé de sonner aussi tôt…

« Qui est le con qui m’a privé d’au moins une heure de sommeil ? » demanda le jeune homme aux cheveux longs tout en se dirigeant vers la cafetière.

« Toi-même vu que je n’ai pas touché à tes affaires. » répondit son colocataire, l’air de rien, alors qu’il regardait ce qu’il restait dans les placards. « Et quand est-ce que tu comptais racheter des biscottes ? »

« J’sais pas vu que j’en mange pas. »

Celui aux yeux azur soupira de dépit face à cela et, alors qu’il s’apprêtait à répliquer, la sonnette de l’appartement retentit. Intrigués par cette visite matinale, ils allèrent tous les deux ouvrir la porte et y trouvèrent leur voisine d’en face – cette chère Judith, très reconnaissable à ses cheveux d’une couleur bleuté attachés en chignon ainsi qu’à la nuisette sexy qui laissait bien entrevoir les nombreux avantages qu’elle avait en sa possession – tenant une assiette de crêpes entre ses mains et celui occupant le logement à gauche du leur – Raven, un trentenaire un peu pervers sur les bords qui était repérable avec sa veste sans forme de couleur violette et qui gardait toujours ses cheveux bruns attachés ainsi qu’une barbe de trois jours.

« Bonjour les garçons. » fit Judith sur un ton qui ne présageait rien de bon. « On s’est dit que vous deviez avoir faim après vos performances de la veille. »

« Au passage, si vous pouviez crier un tout p’tit peu plus fort, ce serait mieux. » ajouta Raven sur le même ton, y ajoutant un sourire limite démoniaque. « Ça nous éviterai de devoir garder nos oreilles contre le mur et de rester dans une position très inconfortable. »

« Et si vous envisagez de faire un petit film amateur prochainement, sachez que j’ai tout le matériel pour faire ça chez moi et que je serai plus qu’enchantée d’être votre réalisatrice. »

« Sur ce, bonne journée les jeunes ! »

Après que Judith ait laissé l’assiette entre les mains d’un Flynn médusé, elle rentra chez elle très fière d’elle, Raven faisant de même de son côté. Une fois le choc passé, les deux colocataires échangèrent un regard inquiet puis s’empressèrent de refermer la porte de leur appartement derrière eux tout en se disant intérieurement que, la prochaine fois, ils ne feraient plus l’erreur de baisser leur garde…

 


 

NB : Enfin fini… Je remercie au passage celui qui a créé un blog recensant divers mots laissés par les voisins car ça m’a bien débloquée sur la fin. D’ailleurs, ça vaudrait le coup que j’écrive la partie où Raven et Judith écoutent aux murs un de ces jours…

Auteur vs persos :

Belphégor (a une tête de déterré) : Mais pourquoi j’ai oublié ces fichus boules Quies…

Mélissa (mal réveillée) : J’savais pas que c’était possible d’être aussi bruyant aussi longtemps…

Asahi (au radar complet) : Rien de plus chiant que des coups répétés contre le mur…

Kaleiya : Houlà… Pour une fois que c’est pas moi qui ait mal dormi… Dois-je en demander la cause ?

Asahi, Belphégor & Mélissa : Y a les deux autres qui n’étaient pas fatigués du tout…

Kaleiya : J’en conclus qu’Orieul et Sheen se sont bien amusés donc…

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Note : On commence le bal de nos habitués du salon de thé avec une de nos princesses préférées.

 


 

Estellise Sidos Heurassein était une jeune fille sage et d’une grande gentillesse qui faisait des études de littérature. Elle était très facile à reconnaître de par ses cheveux roses coupés en carré qui lui allaient à merveille – ils étaient blond cendré à l’origine mais elle les avait teints à l’adolescence et, se préférant ainsi, elle avait décidé de les garder avec cette couleur peu commune –, se mariant très bien à ses grands yeux turquoise, sa peau claire et son cœur en or. Venant d’une famille aisée, elle était toujours très bien habillée dans un style certes classique mais qui lui correspondait parfaitement et avait reçu une éducation basée sur la politesse et le respect.

La première fois qu’elle était entrée dans ce salon de thé fut lors de ses années de collège où elle avait voulu prendre un raccourci pour rentrer chez elle. La rue était calme et ne comportait que peu de commerces : une boulangerie, une petite épicerie et le fameux lieu qu’elle fréquenta régulièrement par la suite.

La vieille dame qui tenait cet endroit à l’époque balayait devant sa porte et, curieuse, Estellise lui avait demandé quel genre de magasin elle pouvait bien gérer. La propriétaire de ce lieu l’invita donc à entrer pour le découvrir et elle fut surprise d’y découvrir des fauteuils qui lui hurlaient de venir s’y asseoir, des poufs dans lesquels elle aurait pu s’enfoncer avec plaisir, des chaises qui semblaient être plus que confortables et des tables en bois clair, tantôt basses, tantôt hautes pour s’adapter aux divers sièges présents. Elle vit ensuite les étagères sur lesquelles se trouvaient des boîtes en métal avec différents noms marqués dessus.

Quand elle lui demanda quel thé elle désirait boire, la jeune fille avait instinctivement demandé un thé au goût dit russe, étant une amatrice d’agrumes, et elle alla s’asseoir en face du jeune homme aux longs cheveux bruns qui était le seul autre client présent ce jour-là.

C’est ainsi qu’Estellise et Yuri s’étaient rencontrés. La première avait apprécié cette compagnie si différente de celle à laquelle elle était habituée et le second s’était laissé charmer par ce personnage rempli de générosité et de gentillesse. Le salon de thé était devenu leur lieu de rendez-vous et, de temps en temps, l’un des deux amenait quelques gourmandises, soit achetées dans une pâtisserie, soit faites maison, tout cela pour le plaisir de les partager autour d’une bonne tasse de thé.

C’était d’ailleurs le jour de leur rencontre qu’elle avait gagné le surnom « d’Estelle » auprès du jeune homme et qu’elle se faisait appeler ainsi par ses amis les plus proches.

Même aujourd’hui, ce rituel se faisait encore bien qu’à présent, ils n’étaient plus de simples clients et que leur petit cercle s’était bien étendu au fur et à mesure de leurs rencontres. L’autre détail qui avait changé était dans la rue elle-même où la boulangerie avait changé de propriétaire, l’actuel proposant à présent de délicieux gâteaux que la jeune femme venait parfois acheter pour renouveler cette tradition qui existait entre elle et un de ses amis les plus chers. D’autres commerces étaient aussi en train de se monter, quelques locaux vacants ayant trouvé preneurs, ce qui promettait d’amener un peu plus d’animation dans ce quartier.

« Y a pas à dire, cette tarte aux pommes est une tuerie ! » fit Yuri en engloutissant le dernier morceau de sa part.

« Et avec un thé à l’orange, c’est parfait ! » s’exclama Estelle après avoir savouré avec délice ce qu’elle avait en bouche.

« Juste dommage que l’autre ténor chante parfois en travaillant. Pas qu’il chante faux mais ça surprend quand ça lui prend. »

« Moi je trouve que c’est justement ce qui lui donne son charme à ce boulanger. Sa voix te transporte directement à l’opéra quand tu l’entends. »

« Oh ? C’est très agréable d’entendre ce genre de compliments ! »

Ils se tournèrent vers la porte du salon pour voir qu’un jeune trentenaire venait d’entrer avec un carton à pâtisseries vert anis dans les mains. Il avait des cheveux blond vénitien qui dépassaient de son bandana blanc, des yeux vert émeraude qui pétillaient et un grand sourire aux lèvres, dévoilant ses dents blanches qui tranchaient avec sa peau légèrement bronzée. Son habillement se résumait à un jean classique et un tee-shirt bleu ciel ainsi qu’à un tablier blanc portant le logo de la boulangerie voisine.

« Ça y est… Les chevilles vont en prendre un coup là… » fit Yuri avant de voir apparaître le fameux carton de pâtisseries sous son nez. « … Mais c’était sincère ! De quoi tu as besoin Sheen ? »

« Ha ha ha ! J’aimerais faire des tiramisus au thé Matcha donc si ce petit échange te convient… » proposa le dénommé Sheen en ouvrant la boîte, révélant quatre éclairs au chocolat.

« Je vais te chercher ça ! »

« Oh j’y pense ! » s’exclama Estelle pendant que Yuri allait fouiller dans ses boîtes de thé. « Ce sera l’anniversaire de ma mère ce week-end et elle aime beaucoup la pâte d’amandes. Qu’est-ce que vous pourriez me proposer comme gâteau ? »

« Avec de la pâte d’amandes… » réfléchit le pâtissier. « Si elle aime les fruits confits, je peux te proposer un Ambassadeur. Faudra juste me préciser la couleur que tu veux sur le dessus. »

« Ce serait parfait ! Et du blanc serait idéal. »

« C’est noté ! Il sera prêt pour ce samedi très chère et fidèle cliente au joli sourire... »

« Merci de ne pas tenter de draguer ma clientèle… » lança Yuri en fermant le paquet de thé Matcha qu’il avait fini de remplir. « Surtout que t’es fiancé il me semble. »

« J’ai le vague souvenir d’une fois où je suis entré ici et où tu étais très occupé à faire des câlins à la gente féminine… J’étais limite jaloux ! »

Estelle rit à la mention de ce souvenir. Cette humeur « câline » du brun aux cheveux longs venait d’un petit pari qu’il avait fait avec Raven et qu’elle avait habilement réussi à détourner en un concours de celui qui aurait enlacé le plus de femmes, ce qui avait fait rager le trentenaire. Il faut dire que Yuri n’avait essuyé absolument aucun refus contrairement à son aîné.

« C’était un p’tit défi qu’un vieux pervers m’avait lancé. » déclara le concerné en donnant son paquet à Sheen. « Ça te suffira ? »

« Je pense que oui. » fit celui aux yeux émeraude en soupesant ce qu’il avait en main. « Merci pour tout et à la prochaine ! »

« Au revoir ! »

Le trentenaire aux cheveux blonds vénitiens fut à peine sortit que Duke entra calmement dans le salon, tenant deux livres dans une main. La jeune femme lui fit signe de venir s’installer à sa table quand elle croisa son regard.

« Bonjour Duke. » dit-elle une fois qu’il prit place dans un fauteuil pourpre. « Cela faisait un moment que je ne vous avais pas vu. »

« J’étais en Islande ces derniers jours. » déclara-t-il en posant sur la table les deux livres qu’il avait avec lui. « Ma chance a été que l’activité solaire de cette année m’a permis d’assister à un superbe spectacle de lumières dans le ciel. »

« Whaou ! J’adorerais voir des aurores boréales ! C’est juste dommage qu’elles n’apparaissent qu’en hiver. »

« Le froid est supportable en Islande et puis, grâce à vous, j’avais de quoi m’occuper durant le voyage. »

Il poussa vers elle les deux livres qu’il avait amenés avec lui, deux ouvrages qu’elle lui avait prêtés trois semaines plus tôt après qu’elle lui ait emprunté son exemplaire des Misérables. Depuis que tous deux avait fait connaissance et s’étaient découverts une passion commune pour la lecture, ils avaient pris l’habitude de s’échanger des livres pour faire d’intéressantes découvertes ou pour débattre de leur contenu autour d’une tasse de thé.

« Merci beaucoup ! » dit-elle tout en les mettant dans son sac. « Oh et servez-vous ! J’ai amené cette tarte pour qu’elle puisse être mangée après tout. »

Tandis que Duke prit une part de tarte aux pommes, Yuri vint poser une tasse en céramique noire ainsi qu’une théière en fonte rouge près du dernier arrivé avant de reprendre sa place.

« Rita ne vient pas aujourd’hui ? » demanda le jeune gérant en reprenant avec gourmandise une part de ce dessert aux pommes.

« Non, elle travaille sur un nouveau projet dont elle ne m’a donné aucun détail. »

Estelle était un peu triste au départ quand sa meilleure amie avait refusé de lui en dire en plus mais elle comprenait que sa cadette veuille garder le secret sur certaines choses tant qu’elles n’étaient pas finalisées. Cependant, elle devait admettre que, parfois, elle était un peu inquiète pour elle…

« J’en connais un qui va être ravi de constater son absence aujourd’hui. » fit Yuri avec un sourire amusé en coin. « Pour une fois qu’il n’aura pas mal à la tête après avoir fait ses devoirs ici… »

Un rire échappa à la jeune fille ainsi qu’un rictus amusé à Duke. C’est vrai qu’on était mercredi, ce qui signifiait qu’il allait forcément venir et peut-être pas tout seul suivant si sa camarade de classe n’avait pas d’autres activités de prévues.

En parlant du loup, ils entendirent la porte s’ouvrir ainsi qu’un aboiement bien familier…

« Bonjour tout le monde ! » firent deux jeunes adolescents en entrant dans le salon de thé, Repede les accompagnants.

Karol et Patty, deux collégiens qui venaient souvent les mercredis après-midi pour faire leurs devoirs ici. Le jeune garçon était reconnaissable avec ses cheveux châtain désordonnés ainsi que son énorme sac qu’il avait toujours avec lui et la jeune fille avec son chapeau de pirate ainsi que ses jolies tresses blondes. D’ailleurs, le premier regardait la salle avec inquiétude…

« Elle est où Rita ? » demanda Karol, dissimulant très mal son angoisse de voir débarquer d’un coup celle au caractère explosif.

« Elle ne viendr… » commença Estelle avant d’être subitement interrompue par Yuri.

« Je crois que c’est elle que je vois arriver. »

A cette simple phrase, le visage de Karol se décomposa, au plus grand amusement du jeune gérant du salon qui ne put retenir un éclat de rire. Ayant pitié du jeune adolescent, la jeune femme rétablit vite la vérité.

« Rita a du travail donc tu ne la verras pas aujourd’hui. »

Le jeune garçon aux cheveux châtain poussa un grand soupir de soulagement face à cette nouvelle tandis que sa camarade aux cheveux blonds alla prendre place sur un pouf noir, Repede venant s’installer à côté d’elle.

« C’est pas cool de me faire ça Yuri ! » fit Karol en allant chercher une chaise pourpre. « J’ai cru voir ma vie défiler devant mes yeux ! »

« Qu’est ce qu’il y a dans cette boîte nanoja ? » demanda Patty qui avait remarqué le carton de pâtisseries vert anis amené par Sheen.

A cette question, le jeune homme quitta très vite son siège pour s’emparer de l’objet en question.

« C’est pas pour vous ! » s’exclama-t-il en disparaissant vite dans sa cuisine.

« Mais… Y a quoi dans ce carton ? » demanda le jeune garçon aux cheveux rebelles.

« Des éclairs au chocolat. » l’éclaira Estelle avec un sourire amusé. « Sheen les a amenés tout à l’heure. »

« Et il se les garde pour lui ? Non mais il pourrait les partager ! »

A cette réplique, Yuri sortit sa tête de sa cuisine, regardant son cadet en haussant un sourcil.

« Cap’tain Karol, rappelle-moi combien de consommations tu as payé depuis que tu viens ici ? »

Le jeune adolescent fit la moue en entendant cela, ce qui amusa beaucoup sa camarade.

« Aucune… » répondit-il en s’asseyant sur sa chaise.

« Nous sommes d’accord. » fit Yuri avant de porter son attention sur Patty. « Tu veux quelque chose en particulier ? »

« Hmm. » réfléchit celle aux tresses blonde. « La même chose que Karol, ça m’ira bien nanoja. »

Tandis que le gérant disparu de nouveau pour préparer du thé, Duke tendit à chaque adolescent une part de tarte, chacun le remerciant avant de goûter le dessert avec gourmandise. Ils sortirent ensuite leurs agendas respectifs, montrant à Estelle ce qu’il leur restait à faire pour le lendemain et lui demandant si elle pouvait leur donner un coup de pouce. Celui à la chevelure immaculée proposa lui aussi son aide, jetant un œil au livre que les deux jeunes gens devaient étudier. Puis revint Yuri avec une théière en fonte noire qui contenait du thé noir au caramel que les plus jeunes accueillirent avec grand plaisir.

Tous prirent leur temps, comme souvent, et se dirent au revoir au moment de partir, se promettant par un échange de sourires qu’ils s’y retrouveraient de nouveau dans un très proche avenir…

 


 

NB : Petite précision concernant Patty : elle dit souvent « nanoja » à la fin de ses phrases, qui est un terme intraduisible. Je ne pensais pas au départ la montrer maintenant mais vu qu’elle proche de Karol niveau âge, ça aurait été bizarre que je ne le fasse pas.

Auteur vs Persos :

Sheen (prépare le repas du soir)

Kaleiya : C’est dingue comme ça sent bon quand il cuisine…

Belphégor : Pas comme avec d’autres qui font des mélanges pas nets ou qui ne savent pas faire bouillir correctement de l’eau…

Asahi & Orieul (jettent un regard noir à Belphégor)

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Kaleiya Hitsumei

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